J’ai passé une partie de la journée d’hier à Roland Garros. Le plaisir est toujours le même. J’ai le privilège d’y être invité presque tous les ans depuis 1976, c’est-à-dire depuis trente ans. Le tennis offre, comme la plupart des sports individuels ou collectifs, des émotions éphémères mais authentiques qui, contrairement à ce qui se passe pour la musique ou le cinéma, ne supporte pas le différé. En simple, c’est un combat singulier consubstantiel de la nature humaine et qui remonte aux origines de l’humanité.
Il y a trois ou quatre ans, un ami, directeur à la Fédération française de tennis, nous avait invités, ma femme et moi, un soir d’automne au nouveau restaurant du stade. A la fin du dîner, dans le silence de la nuit, il nous avait proposés de nous rendre sur le Central éclairé seulement par la lune. C’était une bonne idée, je lui en suis reconnaissant. Le contraste entre ce stade vide, sans un bruit, et l’ambiance qui peut y régner chaque année au début du mois de juin, était saisissant. Je me souviens que j’ai immédiatement pensé au récit que mon père m’avait souvent fait de ce jour de 1934 où il s’était rendu à Roland Garros pour voir le match Von Cramm contre Crawford. C’est la seule fois où il y était allé. Mais l’émotion avait été forte. Ce jour là, le jeune aristocrate allemand avait remporté les Internationaux de France en battant l’Australien tenant du titre en cinq sets très disputés.
En 1976, avec quelques amis de la profession, les dirigeants de Kaufman and Broad et Jacques de Peretti, nous avions été impressionnés par le comportement – et le talent – de Jimmy Connors, le vilain petit new-yorkais.
En 1983, c’est dans la loge d’Havas que ma femme et moi avions eu le privilège d’assister à l’inoubliable finale Noah – Wilander. Borg, très aimablement, avait signé le tea shirt de ma femme. L’émotion était considérable ; c’était un jour de fête exceptionnel.
Les rencontres de Coupe Davis sont très différentes de celles des Internationaux de France. Nous avons conservé de la demi-finale France –Etats-Unis de 2002, gagnée par la France, un souvenir également très fort.
Aujourd’hui, convié à déjeuner au Village par un vieil ami, dirigeant du groupe Lagardère, j’ai retrouvé cette ambiance très parisienne et de plus en plus internationale qui fait de cet événement un des plus importants au monde pendant quinze jours. En voyant les derniers modèles de la gamme Peugeot utilisés pour véhiculer les joueurs, j’avais une pensée pour mon fils, Jérôme, qui, en 1988 si mes souvenirs sont bons, avait fait ce petit boulot sympathique. Il garde un bon souvenir des joueurs français, mais un très mauvais de Monica Seles, la star de l’époque, qui avait été très désagréable pendant le retour à son hôtel.
J’ai assisté ensuite, sur le court Suzanne Lenglen, à la rencontre Gasquet – Wang. Assis non loin de son coach Eric Deblicker, à qui j’avais remis la coupe d’Afrique à Abidjan, au début des années 80, je regardais de temps en temps comment il s’y prenait pour communiquer avec son joueur, l’encourager, le soutenir. Comme la plupart des entraîneurs nationaux, Eric est un excellent professionnel et un bon conseil. Il ne faisait pas très chaud, le ciel menaçait, mais contrairement à ce que pensent les Parisiens qui ont une mauvaise mémoire, la quinzaine de Roland Garros est souvent perturbée par un temps incertain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

Abonnez-vous
juillet 2017
L M M J V S D
« Juin    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  
Archives