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Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.

Ce texte de Platon a été écrit il y a 2 400 ans ! Il n’a pas pris une ride.

J’ai beaucoup milité pour les valeurs du sport. Dans ce blog, j’ai, à plusieurs reprises écrit sur les valeurs éducatives que sont : l’esprit d’équipe, le dépassement de soi, l’éthique. Ce sont des valeurs universelles que les éducateurs, les élites, les maîtres, ont le devoir d’enseigner et de faire respecter.

Depuis le début de ce mondial de football, une fête colorée pour la première fois en Afrique, je n’avais pas le cœur à consacrer un billet à ce que je voyais et à ce que j’entendais. Les premiers matches étaient lents, bloqués, tristes. Les meilleurs joueurs de la planète, après plus de cinquante matches joués dans l’année, sont apparus épuisés, surentraînés, incapables d’être à la hauteur de leur réputation. Terrorisées à l’idée de perdre, les meilleurs équipes refusent de prendre le moindre risque, ne pensent qu’à défendre, au lieu d’offrir des actions de folie que le public et les téléspectateurs du monde entier attendent depuis quatre ans. Cet événement sportif ne peut être une fête qu’à cette condition.

La France n’a pas les moyens d’avoir, tous les quatre ans, une des meilleures équipes du monde comme en handball ou en rugby. Quelle importance ? Est-ce vraiment d’un intérêt vital pour notre pays ? A l’évidence, non, à condition d’offrir le visage d’une équipe volontaire, pugnace, bien organisée et unie par un état d’esprit exemplaire.

Pour cacher la faiblesse de l’équipe de France, en manque de motivation et sans doute de talent, dirigeants, sélectionneur et joueurs ont fait semblant, ont construit des illusions, ont travesti la vérité, triché et en définitive trahi.

  • Quand les dirigeants d’une grande – et riche – fédération font preuve de tant de faiblesse.
  • Quand le sélectionneur, pressé de s’expliquer sur son système de jeu, répond invariablement, avec un sourire ironique : « Je m’en fous… ». Il ne faut pas être surpris qu’après un échec contre une équipe du Mexique, qui ne figure pas parmi les meilleures équipes du monde, des joueurs de l’équipe de France se laissent aller à des propos et des gestes inqualifiables.
  • Quand un journal spécialisé de grande diffusion trahit à ce point son éthique – et le secret du vestiaire – dans le but de faire de l’audience et de régler des comptes.
  • Quand des joueurs, boudeurs, arrogants, imbus de leur personne, mâchent du chewing gum pendant la Marseillaise.
  • Quand les bornes sont franchies, disait le président Georges Pompidou il n’y a plus de limites.
  • Quand les hommes dont la fonction est de défendre les valeurs trahissent cette fonction au profit d’intérêts personnels.
  • Quand rien ne plus s’opposer à la montée aux extrêmes, à l’irréparable,

alors il faut croire à ce qu’écrivait Platon :

…c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.

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