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Depuis l’été 1939, tout à changé : le Monde, la France, le mode de vie, les moyens de transport, la nourriture, les photos ne sont plus en noir et blanc, etc…Tout, sauf les pâtés que les petits enfants continuent de faire l’été sur toutes les plages. Symboles de liberté, de possession, du pouvoir de détruire sans craindre d’être grondés, les pâtés continuent leur existence sans s’occuper du monde qui change. C’est ce qu’on appelle « une tendance lourde ». Au cours de l’été 1939, à Dinard, c’était encore l’insouciance. Un an après, les plages étaient minées, jonchées d’obstacles destinés à empêcher le débarquement et environnées de blockhaus plus terrifiants les uns que les autres. En septembre 1944, quand j’ai eu le droit de jouer de nouveau sur la plage de l’Abbaye de Saint Jacut de la Mer, j’avais huit ans et je me souviens que sur les plages, il y avait encore les trous qui correspondaient à l’emplacement des mines qui, désamorcées, avaient été laissées de coté pour montrer que la plage était de nouveau fréquentable. Je n’ai pas pu résister au plaisir de photographier mon petit-fils Guillaume, cet été, sur la plage de Pontaillac à Royan.

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