J’ai participé, il y a quelques jours, à la Conférence stratégique annuelle de l’Institut de relations internationales et stratégiques – IRIS – dirigé par mon ami le professeur Pascal Boniface dont j’ai fait la connaissance, il y a quelques années, quand nous siégions ensemble au conseil d’administration de l’Institut des hautes études de défense nationale. Nous partageons de nombreux points de vue, aussi bien sur la géopolitique que sur le football, une de nos passions.
Le thème cette année était : « La place de la France dans le monde ». L’intérêt de ces 11ème conférences résidait en grande partie dans la variété et la qualité des participants, parmi les meilleurs spécialistes de la place de Paris. Arnaud Montebourg – très brillant – côtoyait François Bayrou et Pierre Méhaignerie. De très bons journalistes sont intervenus ainsi que des experts sur tous les aspects de la place de la France dans le monde. Jean-Louis Gergorin devait participer à la première table ronde. Il s’était fait excuser ! En y allant, j’étais impatient d’entendre le nouveau Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, Philippe Faure, un des fils de l’ancien ministre Maurice Faure. C’était sa première sortie dans une fonction nouvelle pour lui et extrêmement sensible. Il a été clair, mesuré, convaincant et lucide, avec un oeil neuf, sur la place de la France dans le monde. Avec une population qui ne représente plus que 1% de la population mondiale, la France ne peut être qu’une puissance moyenne, même si elle a tendance à croire qu’elle est toujours le phare du monde. Entre excès de prétention et complexe d’infériorité, la France doit être plus réaliste. Elle appartient incontestablement au groupe des pays qui ont une influence sur les affaires du monde. Il est évident que face aux peurs, fondées ou non, au terrorisme, à des situations mal maîtrisées, les institutions qui datent de plus de cinquante ans ne sont plus adaptées. Farouche partisan, comme le Président, du multilatéralisme, il est très favorable à une diplomatie ouverte, à une confrontation des points de vue dans un monde complexe où personne ne détient la vérité et où les événements nous échappent continuellement.
Après lui, François Géré a mis en garde les présidentiables qui entrent en campagne sur les conséquences d’une éventuelle réduction des dépenses militaires et nucléaires en particulier. La tentation pourrait être grande chez certains de dégager de cette manière des marges de manœuvre budgétaire. Il a décrit à gros traits ce que seraient les conséquences de décisions de cette nature. Le poids de la France diminuerait rapidement par rapport à la Grande-Bretagne et à l’Allemagne. Notre pays n’aurait plus aucune influence au sein de l’Alliance atlantique, dans le Maghreb et d’une manière générale en Afrique. C’est sans doute ce que de nombreux irresponsables souhaitent. Il faudrait quitter Djibouti, Dakar, le Tchad, laisser la place à d’autres et perdre une grande partie de nos sources de renseignements pourtant indispensables pour lutter contre le terrorisme. Notre influence diplomatique se limiterait à des mots. Il a fort justement rappelé que la puissance ne se construit pas sur une croissance faible et qu’il n’y a de puissance militaire forte que si l’économie est forte. « Le prochain gouvernement et le prochain président de la République devront trouver le bon dosage entre économie et finance » .
Bravo, mon cher Pascal Boniface, pour l’organisation de ces 11ème Conférences remarquablement organisées et dont tous les participants ( parmi lesquels de nombreux étudiants de 3ème cycle et des officiers généraux en deuxième section) conserveront, j’en suis sûr, un très bon souvenir.

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