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Depuis le 6 mai à 20heures, la France est en apesanteur. Les problèmes de politique intérieure, comme ceux qui concernent l’Europe et les relations internationales, sont priés d’attendre la passation de pouvoirs le 15 mai.

Certes, le nouveau chef de l’Etat consulte, rencontre les grands de ce monde ou leurs représentants, réfléchit, écoute, rassure, mais le pays en en standby. C’est ainsi que la journée de l’Europe est passée à peu près inaperçue. Il faut dire que les Français se sont petit à petit détachés de cette grande et belle idée que Robert Schumann avait si bien décrite le 9 mai 1950. Sa déclaration liminaire était limpide et pleine de promesses :

« Messieurs, Il n’est plus question de vaines paroles, mais d’un acte, d’un acte hardi, d’un acte constructif. La France a agi et les conséquences de son action peuvent être immenses. Nous espérons qu’elles le seront. Elle a agi essentiellement pour la paix. Pour que la paix puisse vraiment courir sa chance, il faut, d’abord, qu’il y ait une Europe. Cinq ans, presque jour pour jour, après la capitulation sans conditions de l’Allemagne, la France accomplit le premier acte décisif de la construction européenne et y associe l’Allemagne. Les conditions européennes doivent s’en trouver entièrement transformées. Cette transformation rendra possibles d’autres actions communes impossibles jusqu’à ce jour. L’Europe naîtra de tout cela, une Europe solidement unie et fortement charpentée. Une Europe où le niveau de vie s’élèvera grâce au groupement des productions et à l’extension des marchés qui provoqueront l’abaissement des prix. Une Europe où la Ruhr, la Sarre et les bassins français travailleront de concert et feront profiter de leur travail pacifique, suivi par des observateurs des Nations Unies, tous les Européens, sans distinction qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest, et tous les territoires, notamment l’Afrique qui attendent du Vieux Continent leur développement et leur prospérité ».

Soixante deux ans après, l’Europe est dans l’impasse. Si le nouveau couple franco-allemand n’est pas en mesure de trouver rapidement un accord sur les initiatives à prendre pour sortir l’Europe et l’euro de la zone de tous les dangers, les peuples concernés ne resteront pas inactifs.

Une cure d’austérité drastique ne semble pas être la solution. Un grand emprunt, comme le préconise le banquier Mathieu Pigasse, pourrait-il rétablir la confiance ? Il augmenterait la dette et quel usage en serait fait ? Le président de la Banque centrale européenne, quant à lui, se demande ce que les banques ont fait des 1000 milliards d’euros avancés par la BCE au mois de décembre dernier. Ils étaient destinés à relancer l’économie et non à dormir ou à fabriquer des produits financiers. Il est vrai que les banquiers sont tétanisés à l’idée de prêter ou de se prêter de l’argent. Le libéralisme trouve là encore ses limites.

Le mémorandum que présentera François Hollande aux chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, le 23 mai prochain, est encore confidentiel. Une initiative de croissance doit y tenir une place importante. Le sujet était tabou il y a quelques mois. Il ne l’est plus, c’est certainement la principale valeur ajoutée du nouveau chef de l’Etat français, avant même sa prise de fonction. Son volontarisme dans ce domaine a très vite trouvé des oreilles attentives et les opinions se sont exprimées. Monétiser la dette est une ligne rouge pour Angela Merkel. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose. Donner les moyens à la Banque européenne d’investissement de jouer un rôle beaucoup plus important est une bonne idée, mais pour fabriquer quelle croissance ?

Mme Merkel sait parfaitement qu’en Allemagne aussi des voix s’élèvent pour que l’austérité soit compensée par des mesures de croissance et de lutte contre le chômage. Si le malade devait mourir guéri, la chancelière ne laisserait pas dans l’histoire la place à laquelle elle aspire. En revanche, si François Hollande réussissait à infléchir la politique engagée, si l’Allemagne consentait à réorienter sa politique économique et si la croissance repartait, le déroulement de son quinquennat à haut risque en serait facilité.

Enfin, pour finir, je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne un des meilleurs dessins de Plantu en mai 81

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