Face à une Société française qui a peur, les politiques ne savent plus que faire et ont d’ailleurs déjà perdu toute crédibilité, ce qui est un drame pour la démocratie. La population ressent depuis longtemps que çà va mal finir, que « çà va péter »…La demande de solutions nationales pour corriger des évolutions inquiétantes s’est manifestée par une série de votes de défiance à toutes les consultations électorales : Jospin en a été victime, le projet de constitution européenne aussi ; aujourd’hui, c’est au tour de Villepin. La précarité qui fait peur est un phénomène mondial que la France, de gauche, de droite ou du centre, n’a pas le pouvoir de régler seule. Les solutions, s’il y en a, seront longues à mettre en œuvre et ne peuvent être que mondiales ou au moins européennes. On n’en prend pas le chemin dans l’état où est l’Union européenne dominée par le « chacun pour soi ». Nous sommes dans une tendance lourde de désunion qui ne va faire qu’amplifier les peurs et accentuer la violence.
Le rejet est une réaction instinctive de colère face à toutes les propositions nationales et européennes. Depuis quelques semaines, le monde entier disserte sur les convulsions françaises qui étonnent et inquiètent. Der Spiegel, le journal allemand, considère que le chômage des jeunes vient « d’un système éducatif anachronique et d’un code du travail parmi les plus restrictifs en Europe. El Mundo, le journal espagnol, pense « que la France a besoin d’un électrochoc mais que malheureusement aucun leader en vue n’est capable de convaincre les Français qu’ils ont besoin de moderniser leur machinerie sociale, ankylosée et inefficace. » Les enjeux politiciens, à un an de l’élection présidentielle, ne sont que l’écume de la vague profonde d’exaspération. Le feu couve depuis longtemps. Il était devenu inévitable que sous n’importe quel prétexte, le mécontentement s’exprime violemment par les mots et par les actes. Le CPE n’est que le pauvre – car il ne mérite même pas cet honneur – détonateur, la pauvre étincelle qui embrase une population qui, dans les couches moyennes notamment, refuse le capitalisme, le libéralisme, les dérégulations, les profits des grandes entreprises, la flexibilité du marché du travail et la compétition en général. Les Français interrogés par les organismes de sondage et les médias, ne se rendent pas compte qu’au nom de la liberté et de l’égalité, ils réclament, par leurs réponses et leurs slogans, une forme de communisme apparemment protecteur dont ils ne tarderaient pas à voir les défauts. S’il faut que la situation atteigne son paroxysme pour que la population – une des plus heureuses du monde – sorte de la déprime, alors, vite, dépêchons-nous car le temps presse.
Dans son message de responsabilisation et d’espérance, Mgr André Vingt-Trois a proposé aux étudiants qui viennent de faire le pèlerinage de Chartres, le 26 mars, de remédier « à l’anxiété de notre Société….en puisant dans les déclarations du Christ..et de retrouver le sens des valeurs hors de la société de consommation. » Il a raison ; que chacun en face autant par delà les religions et les philosophies. Il est temps de remettre l’église au milieu du village !

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