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Quand j’ai découvert que la finale de la coupe du monde de football, le 9 juillet prochain, aurait lieu au stade olympique de Berlin, j’ai eu un pincement au cœur. La fête que représente cette finale me paraissait incompatible avec ce qui s’est passé dans ce stade, dans les années 30 et le souvenir que j’ai conservé de ma présence dans cette vieille enceinte déserte, un jour d’hiver 1986. Je me souviens notamment de l’immense cloche en fonte et de sa croix gammée à peine effacée qui repose sur le sol. En 1936, elle sonnait au sommet de la plus grande des tours. Construit pour accueillir les jeux olympiques de 1936, ce stade, à la gloire du nazisme, est triste au milieu d’une gigantesque esplanade avec ses 136 piliers et ses deux hautes tours carrées. Je ne voyais pas comment sa rénovation et l’ajout d’un toit pouvait suffire à exorciser ce lieu de si triste mémoire qui ne fut pas rasé après la guerre. La tribune d’Hitler n’existe plus mais l’architecture lourde, militaire, contraste tellement avec la légèreté de l’Allianz Arena de Munich ou le Waldstadion de Franfort que je ne comprenais pas la décision de l’Allemagne si soucieuse par ailleurs de montrer à quel point ce pays a changé. J’avais tort, il ne faut pas attacher trop d’importance à ses souvenirs et à l’Histoire des pierres. Si l’Allemagne, qui est déjà très déçue de ne pas participer à cette finale, a fait l’effort d’assumer son passé et de montrer une image exemplaire tout au long de cette compétition qui avait tant d’importance pour elle, le reste du monde peut en faire autant.
Il n’en reste pas moins que ce Davos du football met en évidence le regain de nationalisme auquel nous assistons et que le Président Mitterand craignait tant dans les dernières années de sa vie. Au moment où se termine le Mondial, le Vladimir Poutine se prépare à recevoir le G8 à Saint-Petersbourg. Au centre des débats, l’approvisionnement énergétique qui constitue sans doute, par son caractère nationaliste, le principal enjeu stratégique du monde à l’heure actuelle. La Russie, l’Iran, mais aussi en Amérique du sud, le Venezuela et la Bolivie, expriment une forme de nationalisme énergétique qui inquiète à juste titre les pays dépendants que sont l’Europe, les Etats-Unis mais aussi l’Inde et la Chine qui ont d’immenses besoins. Le détroit d’Ormuz, où passe 30% du pétrole consommé dans le monde ou le détroit de Bab-el-Mandeb, le Bosphore, le canal de Panama et le canal de Suez sont des points stratégiques qui représentent des intérêts vitaux, c’est-à-dire ceux pour lesquels les principaux pays possèdent une dissuasion nucléaire.
Nous sommes bien loin de la coupe du monde de football mais la confrontation des nations est une constante de l’Histoire.

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