Plantu sait exprimer, en quelques coups de crayon, ce que l’actualité lui inspire. Il vient de mettre sur sa page Facebook le dessin ci-contre qui symbolise la confusion à laquelle nous assistons, le désordre, le bouleversement général de toutes les valeurs, la fin des certitudes.

Le profond malaise que provoque le flot d’informations, parfois prometteuses, souvent inquiétantes, qui nous bombarde chaque jour, a des conséquences sur le comportement de nos concitoyens ; les excès de langage, les outrances, les propos radicaux, la violence, se multiplient. À la différence de l’état d’esprit qui régnait en 1900, au moment de l’Exposition universelle de Paris, quand la population française était fière d’être Français, fière d’appartenir à une nation forte, conquérante ; quand les Français étaient convaincus que la France était un modèle de civilisation et que l’avenir lui appartenait, la France de 2021 a peur, peur du déclin, du déclassement, de l’immigration, peur d’un virus, peur du réchauffement climatique, peur de tout !

Dessin de Plantu Oct 2021

En 1900, l’espérance de vie était de 47 ans pour les hommes, la protection sociale, les conditions de vie, les inégalités, étaient peu enviables, comparées à ce qu’elles sont aujourd’hui pour la très grande majorité des Français. Le progrès technique et scientifique, le chemin de fer, le métropolitain à Paris, l’automobile, les débuts de l’aviation, avaient de quoi troubler les esprits les plus conservateurs, mais, dans l’ensemble, l’humeur était à l’optimisme.

Alors, pourquoi ? À qui la faute ? Qui est responsable de cette confusion, de ces peurs ?

L’Étranger, d’abord, presque partout sur la planète, serait la cause de ce malaise. L’immigration et tout ce qui s’y rattache, l’assimilation, la laïcité, la sécurité, la drogue, la criminalité, la politique pénitentiaire, l’économie, le social, la diplomatie, la culture, oppose, divise, hystérise, fracture le débat politique. Fracturée, la population française l’est, attaquée qu’elle est sans arrêt par des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur qui n’ont qu’un but : provoquer le chaos, dans l’espoir d’en tirer profit. Parler matin, midi et soir de cette fracture, c’est l’aggraver et faire le jeu de l’ennemi. Quand un candidat, ou sur le point de l’être, répond au journaliste Adrien Gindre dans « Le Grand Jury » RTL – le Figaro – LCI, il y a quelques jours, qui lui demande s’il sera effectivement « le président de tous les Français, y compris des femmes voilées, des musulmans qui portent la barbe… » « Non, répond Éric Zemmour, je suis désolé, je ne suis pas le président des femmes voilées. Si je devais être président, je serais celui des Français qui veulent être Français […] et non pas de ceux qui veulent imposer l’islamisation du pays, transformer ce pays en Liban en grand, ou pire en République islamique. »

De nombreux Français pensent la même chose que lui et applaudissent le courage du polémiste. Monsieur Z « est le nom de l’inquiétante pathologie de notre dépolitisation », écrit la Fondation Jean Jaurès. Affirmer que la guerre civile, en France, est déjà terminée dans certains quartiers, c’est parler à la place de ceux qui poursuivent ce but, ce n’est pas lutter contre cette menace en rassemblant les Français pour qu’ils soient plus forts. Ce n’est pas provoquer un sursaut, comme ils le pensent, mais constater la défaite. Une nation, une communauté de valeurs, une civilisation commune, se construit en rassemblant la très grande majorité d’une population, pas en la divisant.

Quand est-il exactement ? Pour l’Institut Montaigne, Bruno Tertrais, un des meilleurs spécialistes des questions stratégiques, vient d’en faire l’analyse. Je la résume brièvement. « La France est redevenue, pour la première fois depuis le Second Empire, un « pays d’immigration ». Plus d’un cinquième de la population est directement issue de l’immigration récente (immigrés et enfants d’au moins un parent immigré). La France comptait environ 1 % d’étrangers sur son sol en 1851. Cette proportion atteignait 7,6 % en 2020, soit 5,1 millions de personnes. Cette évolution est le fruit des accords de gestion concertée des flux migratoires, qui ont accru l’immigration estudiantine et professionnelle, de l’accroissement très significatif des demandes d’asile (supérieur à 150 000 par an depuis la fin des années 2010), ainsi que de leur taux d’acceptation (supérieur à un tiers depuis le milieu de la dernière décennie). Les comparaisons internationales montrent que la situation migratoire française se situe à bien des égards dans la moyenne. La France est un pays d’accueil. Pour autant, elle est plutôt moins « ouverte à l’immigration » que ne le sont ses voisins.La proportion des immigrés dans la population est inférieure à la moyenne de l’OCDE (13,6 %). La France figure au rang des grands pays les plus restrictifs en premiers titres de séjour par habitant. La France, dans l’ensemble, n’est pas plus ouverte à l’immigration que ne l’est la plupart de ses voisins européens, mais, du fait de son héritage migratoire, elle est au premier rang des États d’Europe de l’Ouest en ce qui concerne la population totale d’origine immigrée selon les critères de l’OCDE : 26,78 % contre 25,41 % pour la Belgique, 23,79 % pour l’Allemagne, 23,29 % pour le Royaume-Uni, 20,32 % pour les Pays Bas, 13,56 % pour l’Espagne, 11,74 % pour l’Italie.

La faute à l’Europe, qui serait responsable de tous nos malheurs, qui est une passoire, qui réglemente en dépit du bon sens, qui refuse d’être une puissance, qui ne veut pas se défendre, qui se laisse humilier en permanence, qui ne respecte pas la souveraineté des États membres, qui ne protège pas assez les classes moyennes, qui prend du retard dans de nombreux domaines. Elle a bon dos, l’Europe ! Elle est ce que les États membres en ont fait et en font. Ses institutions ne sont pas parfaites, mais que serions-nous devenus sans elle, sans l’Euro, sans son marché unique, les vaccins ? Évidemment, l’Europe, unie, solidaire, doit développer une politique industrielle ambitieuse et avoir une volonté politique plus affirmée, mais c’est une construction, unique en son genre, qui « n’a pas dit son dernier mot ».

La faute au désordre international, à la Chine qui fait peur, à la Russie de Poutine, aux États-Unis « maladroits », à la partie de jeu de go qui se joue dans la zone Indo-pacifique, à la peur d’une Troisième Guerre mondiale dans laquelle l’Europe, la France, pourrait être entraînée, au retour des nationalismes, au repli sur soi, au recul du multilatéralisme, à la tendance au non-respect de la parole donnée, des traités signés ; autant de sujets de préoccupation, de menaces, qui plombent l’espérance dans l’avenir. À cet égard, il est symptomatique de constater, dans de nombreux sondages, le décalage entre le ressenti et la réalité. Les sondés se montrent moins pessimistes pour eux, que pour leur pays.

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Manoeuvres en mer des Philippines 2021-10-03

 

La faute à ce qu’il est convenu d’appeler « le progrès » qui va trop vite, semble s’emballer, pourrait ne pas être maîtrisée. Lui aussi fracture la population. Comment ne pas être troublé quand on apprend qu’à Singapour, par exemple, des robots, dotés de caméras à 360 degrés, patrouillent dans les rues de Singapour et interpellent les contrevenants ! En mai 2020, déjà, un « chien robot » avait pour mission de faire respecter les distances de sécurité pendant la pandémie de Covid-19. Dans cette ville pays autoritaire, souvent donné en modèle, la surveillance l’emporte sur les libertés individuelles. Quel progrès !

La faute au réchauffement climatique qui semble inexorable, impossible à freiner sans remettre dangereusement en cause l’économie mondiale. Il est à peu près certain que les événements climatiques extrêmes vont se multiplier, des flux de migration de population seront inévitables, des conflits internationaux, difficiles à gérer, surgiront. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, comme le promet l’Union européenne, il faut une rupture comparable à ce qu’a été, en son temps, le choc pétrolier de 1974 ; autant dire la nécessité d’une véritable révolution, des investissements colossaux, beaucoup moins de consommation, sans doute une baisse du pouvoir d’achat pendant les quinze prochaines années, sans être sûrs que ce sera suffisant. Autant de défis pour l’Europe, qui ne représente que 8 % des émissions de gaz à effet de serre et pour le monde entier. Sans multilatéralisme et solidarité, les objectifs seront impossibles à atteindre.

La faute aussi à la remise en cause systématique de nos certitudes. Quand, pendant la Primaire des Écolos, la candidate Sandrine Rousseau s’est félicitée de vivre avec un « homme déconstruit », les téléspectateurs n’ont pas compris ce qu’elle voulait dire. Les commentateurs ont, par la suite, expliqué qu’un « homme déconstruit » est un homme qui aurait compris, et admis, qu’il devait désapprendre les stéréotypes masculins qui prévalent dans la société et se défaire de sa « masculinité toxique ». Quel choc pour le Français moyen non initié à ce jargon ! C’est à vous faire regretter de faire la vaisselle….de temps en temps !

La dénonciation du mâle blanc hétérosexuel qui opprime les femmes, détruit la planète, chasse les migrants, humilie les minorités, fait son chemin. La civilisation occidentale est malade. La woke culture, qui a fait des ravages aux États-Unis, prétend éveiller les consciences, combattre les oppressions, faire table rase du passé, décoloniser tout ce qui doit l’être. Certains universitaires voudraient même « décoloniser les mathématiques » ! Ces perversions intellectuelles débarquent chez nous avec la cancel culture, la théorie du genre, autant de symptômes du malaise de civilisation qui se traduisent par de la peur et d’étranges concepts : Zéro covid, zéro déchet, zéro carbone, « immigration zéro », sans parler de toutes les formes de complotismes et de dérives sectaires. Nous voilà loin de l’espérance religieuse et des « lendemains qui chantent » du monde d’avant. Le malaise réveille la « lutte des classes », produit la « guerre des genres », le « conflit de générations », la « lutte des races », le « choc des civilisations » et l’idée qu’un complot mondial, une organisation occulte, puissante, internationale, voudrait nous éliminer avant que nous soyons trop nombreux sur la Terre. Ce malaise entretient la méfiance envers toutes les institutions et les élites. Quand on ne croit plus à rien de ce qu’on nous dit et à la moitié seulement de ce que l’on voit, n’est-ce pas le début de la tyrannie ?

Ce qui se passe dans le monde, depuis qu’est apparue, le 16 novembre 2019 à Wuhan, dans la province de Hubei, en Chine centrale, une maladie à coronavirus 2 019 (Covid-19), provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2, est un événement qui marquera notre époque, mais aussi le XXIe siècle. Comme l’a si bien dit André Comte Sponville, « pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, on a sacrifié l’amour de la vie au nom de la peur de la mort ». Un vent de panique a balayé – et balaie encore – la planète. Le bilan, au moment où j’écris ces lignes, est le suivant : Il y aurait eu, dans le monde entier, un peu moins de 250 millions de cas et près de 5 millions de morts. En France, 7 millions de cas ont été recensés et 117 000 décès.

Laissons le soin aux historiens de dire, dans cinquante ans, si cette épidémie a, où non, été « un test pour notre humanité » et de relativiser cette crise sanitaire. La grippe espagnole de 1918-1920, avait causé près de 50 millions de morts dans le monde environ 2 % de la population mondiale de l’époque, la grippe de 1968 avait fait un million de morts, dans l’indifférence générale. C’était la guerre du Vietnam, la catastrophe du Biafra, Mai 68, les Trente Glorieuses, le Vieux Monde avait la tête ailleurs. Il détournait donc le regard des hôpitaux. Le directeur général de la Santé ne comptait pas les morts tous les jours. Progrès ou décadence ? Le droit de vivre plus longtemps, en bonne santé, est aujourd’hui un acquis qui doit être assuré par l’État. On est passé de la résignation à l’excès de confiance. Désormais, les hommes ne supportent plus que la science ne soit pas capable de vaincre les maladies. Avec la disparition de la mortalité infantile et le confort, l’Occident considère que l’allongement de la durée de vie est un dû.

Sous le coup de l’émotion, le magazine américain Time avait fait de l’année 2020, la pire année de l’Histoire. Franz-Olivier Giesbert, qui fait rarement dans la nuance, s’était empressé de voir dans cette « Une » du Time, une preuve supplémentaire que « l’Amérique est en train de devenir folle à lier. Sur quasiment tous les plans, intellectuel, journalistique, politique. » Ce qui est certain, c’est que, sous l’empire de la peur, pour ne pas dire de la panique, la plupart des pays, particulièrement les plus avancés de la planète, ont pris des décisions lourdes de conséquences sur leurs économies et les libertés. La peur, face aux risques et aux menaces, n’est pas nouvelle. La théorie du zéro mort dans les conflits armés et les manifestations, s’est petit à petit imposée comme une marque de civilisation. L’Histoire avait pourtant enseigné que la peur est mauvaise conseillère. Le moment est peut-être venu de redécouvrir le courage, le sens des responsabilités individuelles et collectives, de réapprendre à vivre avec la mort, pour ne pas être faible, vulnérable, décadent et ne pas sortir de l’Histoire. Qu’est-ce que la vie si l’on n’accepte pas de prendre des risques, voire de mourir pour elle, comme l’on fait les Résistants dès l’Occupation allemande ? Dans son discours de Harvard en 1978, Alexandre Soljenitsyne avait pourtant mis en garde : « Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui ».

 Dans Le Figaro du 20 octobre dernier, Luc Ferry, dans une chronique intitulée « La décadence, vraiment ? », m’a offert la conclusion de cette série d’articles, le lien que je cherchais entre ces deux « chrononymes » : « Belle Époque » et « Époque Vertigineuse ». Je reproduis cette chronique in extenso.

Pourquoi le nier ? Les pessimistes m’intéressent, les optimistes m’ennuient presque toujours. Comme l’écrit mon ami André Comte-Sponville dans sa préface à la réédition des Portraits de pessimistes de Challemel-Lacour (aux Éditions des instants), les pessimistes m’amusent, par l’exagération, l’esprit de système, la mauvaise foi. Que ne sont-ils déjà morts ? C’est tout à fait en leur pouvoir, leur objectait Épicure, si la vie leur déplaît à ce point. Mais voilà : ils prennent trop de plaisir à en dire du mal pour se décider à y mettre fin ! C’est surtout vrai s’ils ont du talent, et ils en ont plus souvent que les optimistes. Ces derniers me donnent vite le cafard, par trop de bonheur promis ou prétendu. Les pessimistes, c’est l’inverse : ils me donnent envie de vivre, de penser, de lutter, y compris contre eux, par la vérité au moins partielle qu’ils dévoilent ». La citation est longue, mais c’est si bien dit, et si en accord avec ce que je pense, que j’aurais mauvaise grâce à n’en donner qu’un résumé moins talentueux.

Encore faut-il préciser le sens des mots. Non, le pessimiste n’est pas d’abord celui qui s’attend au pire dans l’avenir, mais celui qui tient que la catastrophe est déjà là, que c’est au présent que le mal se conjugue car il est infiniment supérieur au bien. De son côté, l’optimiste n’est pas celui qui tient que tout ira mieux demain, mais celui qui prétend, à l’instar de Leibniz, que nous vivons d’ores et déjà dans le meilleur des mondes possibles, que ce que nous prenons naïvement pour du mal n’est en réalité que la condition d’un plus grand bien.

Allons plus loin : dans ce débat, il faut aussi et même surtout tenir compte de notre rapport au passé, pas seulement au présent ou au futur. Car pour ceux qui nous pensent aujourd’hui en déclin, qui diagnostiquent la décadence de l’Occident en général et de la France en particulier, c’est avant tout d’un passé supérieur et de la nostalgie qu’il inspire qu’il est question.

Je suis au contraire convaincu que les choses vont infiniment mieux que par le passé, mais, pour autant, ce n’est ni par optimisme, ni par aveuglement. N’étant pas plus myope qu’un autre, je vois aussi bien qu’Onfray, Finkielkraut ou Zemmour les tares préoccupantes du monde actuel. Entre autres : ces territoires que la République a abandonnés aux islamistes comme à des trafiquants qui sèment la terreur chez les braves gens, la montée de l’illettrisme qui fut ma préoccupation principale quand j’étais ministre, la haine et les « fake news » qui déferlent en continu sur les réseaux sociaux, les failles de l’Europe, la crise écologique… Ce qui pourtant ne prouve nullement que nous soyons en déclin, seulement que nous avons en effet de sérieux problèmes à résoudre.

Mais n’est ce pas le lot de toutes les époques ? Ce qui explique que le thème de la décadence soit aussi vieux que l’antiquité, comme l’écrivait Lucien Jerphagnon dans son petit livre intitulé ironiquement C’était mieux avant ! (Éditions Tallandier). On parle des territoires perdus, mais ma mère, qui dans le monde idéalisé par les déclinistes n’avait pas le droit de vote, me parlait de la Gestapo et de ses camarades qui portaient l’étoile jaune. Mon père, lui, me racontait, le regard encore brouillé par l’horreur, comment les nazis, dans le camp dont il s’est évadé, livraient des Juifs et des Tziganes à des chiens affamés devant les prisonniers sommés d’assister à l’ignoble spectacle sans broncher sous peine d’être aussitôt mitraillés. Un de mes amis, un peu plus âgé que moi, fut marqué à vie par la guerre d’Algérie et le souvenir de camarades pendus à des arbres après avoir été mutilés.

Avouons que cette jeunesse-là connut des épreuves légèrement plus pénibles que celles de nos enfants contraints de suivre des cours en distanciel. Faut-il, pour faire bonne mesure, rappeler les catastrophes qui ont émaillé l’après-guerre : la Révolution culturelle chinoise et ses 70 millions de morts, le totalitarisme soviétique et ses satellites, les dictatures sanguinaires d’Amérique latine, les régimes fascistes en Espagne, au Portugal et en Grèce jusque dans les années 1970 ?

Était-ce vraiment mieux qu’aujourd’hui ? Alors pourquoi le sentiment du déclin est-il si partagé par une majorité de Français ? D’évidence parce que de nouvelles puissances ont émergé, à commencer par la Chine, et que la grande nation que nous étions encore au siècle dernier est par comparaison devenue petite. C’est une blessure narcissique, sans doute, mais qui ne prouve en rien que les difficultés que nous devrions affronter soient pires que par le passé.

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