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Le cinéma américain, témoin de son temps, explore la vie quotidienne des diverses communautés. C’est dans cet esprit que Chloé Zhao a montré dans « The Rider » la vie des cow-boys tatoués, meurtris, durs au mal, mais qui ont aussi « le droit d’être vulnérable ». Avec « Gook », Justin Chon, réalisateur américano-coréen, plonge le spectateur dans le quartier de Paramount à Los Angeles pendant les violentes émeutes de 1992. Dans Brooklyn Yiddish, le huitième film en compétition, Joshua Z.Weinstein, le réalisateur, propose au spectateur de partager, pendant 1 heure et 21 minutes, la vie des habitants de Borough Park, le quartier juif ultraorthodoxe de Brooklyn.

« Gook »

Los Angeles connaît, en avril 1992, de violentes émeutes provoquées par une décision de justice qui exonère de toute responsabilité les policiers qui ont agressé Rodney King, un jeune noir. Deux frères d’origine coréenne, Eli et Daniel, vendent, dans une boutique minable, des chaussures de femme dont il est préférable de ne pas connaître la provenance. Elles sont probablement « tombées du camion » ! Kamilla, une jeune noire de onze ans, passe son temps dans la boutique au lieu d’aller à l’école. Les échanges verbaux sont virils, les coups pleuvent parfois, mais l’entente est sincère et débarrassée de considérations raciales dans une ville, dans un quartier et dans un moment de grande violence entre blancs et noirs. « Gook » est l’expression employée par les soldats américains pendant la guerre de Corée et d’Indochine pour parler des Asiatiques. Le film aussi est en noir et blanc ! Le réalisateur a voulu exprimer, de cette façon, l’environnement brutal, hostile, dans lequel vivent les deux frères et Kamilla. Il est impossible de sortir de chez soi sans être humilié et souvent frappé. Le « rêve américain », c’était pour les parents représentés dans le film par le vieux M. Kim. La nouvelle génération n’y croit plus et ne croit pas non plus à un « avenir meilleur ». Maintenant, il faut se battre au propre et au figuré, s’émanciper, sortir de sa condition. C’est ce que veut exprimer la fin dramatique du film. Le principal mérite de cette production est de montrer la vie, souvent difficile, de la communauté asiatique dans une Amérique qui ne fait plus rêver.

« Brooklyn Yiddish »

Joshua Z.Weinstein, le réalisateur de Brooklyn Yiddish, le huitième film en compétition, a présenté lui-même son œuvre aux spectateurs de l’auditorium du CID, le Centre International de Deauville. Le film a été tourné quasi intégralement en yiddish avec des acteurs non professionnels. C’était essentiel pour l’authenticité de cette production originale. Joshua Z Weinstein cite un dicton yiddish qui dit : « On ne peut pas tuer un porc de manière cachère. » De son propre aveu, c’est pourtant ce qu’il a tenté de réaliser avec Brooklyn Yiddish. Il n’est pas pratiquant. L’action, si l’on peut dire, car il n’y en a pas beaucoup, se déroule au cœur de Borough Park, le quartier juif ultraorthodoxe de Brooklyn. Menashe, modeste employé dans une épicerie, tente d’obtenir la garde de son jeune fils après la mort de sa femme. La Torah, en effet, stipule qu’un père ne doit pas rester seul. Mais Menashe, supporte difficilement la pression communautaire. « Ne te marie pas. C’est meilleur pour la santé« , lance-t-il ainsi à un vieil orphelin qui fait l’aumône pour obtenir un jour la chance de pouvoir convoler en justes noces…

L’atmosphère pesante est très bien exprimée dans ce film qui montre, sans caricature, sans facilités, la vie d’une communauté très particulière.

Certaines critiques me paraissent sévères. Elles portent notamment sur le fait que le but du film n’est pas suffisamment clair. L’explication serait à trouver dans le fait que le producteur est lui-même hassidique. Le réalisateur serait « muselé dans une objectivité qu’il doit respecter. Du coup, le personnage de Menashé manque d’audace. Il demeure emmuré dans une indécision profonde dont on ne trouve pas les clés de la résolution. Joshua Z. Weinstein précise « ne pas avoir un regard engagé sur cette communauté ».

C’est un peu trop fort pour moi ! Je veux bien admettre cependant qu’on sorte frustré sans avoir vidé le dilemme entre l’amour paternel et le poids de la religion. » Joshua Z. Weinstein précise pourtant qu’il a « fait le film qu’il désirait ». Pour lui, il ne s’agissait pas d’avoir une opinion sur des choix de vie, mais plutôt d’évoquer le conflit intérieur d’un homme qui doit vivre avec son fils après le décès de sa femme. « Le thème principal de mon film est le deuil » selon le cinéaste.

Date de sortie en France : 25 octobre 2017

 

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