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Un mois avant le début du Mondial en Russie, les sondages révélaient qu’une majorité de Français, incorrigibles pessimistes, ne croyait pas aux chances de l’équipe de France dans cette Coupe du monde de football. La Fédération s’était donnée comme objectif d’atteindre le dernier carré, la demi-finale. Les médias avaient critiqué le chef de l’État quand, en visite au centre d’entraînement de Clairefontaine (Yvelines), le 5 juin, il avait dit aux joueurs : « Une compétition réussie est une compétition gagnée ». Sans doute, pensait-il à lui et aux « premiers de cordée ». Bref, les joueurs français, jeunes (26 ans de moyenne d’âge) et relativement inexpérimentés, étaient loin d’être favoris.

Le sélectionneur français se gardait de tout pronostic. Il avait une stratégie et un message, simple : « Ne jamais rien lâcher ». Ce message, il l’a dit, répété sans cesse à ses joueurs, comme il le faisait déjà il y a vingt ans dans sa fonction de capitaine de l’équipe de France victorieuse.

Interrogés à nouveau après la victoire contre la Belgique, les Français avaient changé d’avis. Pour 85 % de nos concitoyens, la France avait déjà gagné la Coupe du monde ! Les spécialistes français et étrangers, eux, n’avaient pas changé d’avis. La France figurait parmi les favoris, avec l’Allemagne, l’Espagne et le Brésil.

Le dimanche 15 juillet, aussitôt après le coup de sifflet final, ce n’est pas une simple liesse populaire, mais un tsunami qui a envahi la France entière. Partout dans le pays, dans les plus petits villages, dans les stades, sur les places publiques, jusque dans les maisons de retraite, à Paris, sur les Champs-Élysées noirs de monde, sur le Champs de Mars, à Marseille, à Lille, à Nantes, à Rennes, à Strasbourg, à Montpellier, outremer, en Guyane, à La Réunion, en Polynésie, c’est tout un peuple, avec drapeaux tricolores et Marseillaise, qui a fêté cette victoire inattendue. Traumatisé par d’horribles attentats, notre pays avait particulièrement besoin d’un événement de cette nature pour exprimer sa joie, sa fierté d’être Français et sa reconnaissance à des Bleus sympathiques et victorieux dont le pays est fier.

Les 15 et 16 juillet 2018 ont constitué un moment d’euphorie collective, une parenthèse inattendue.

Cette victoire était aussi l’occasion pour le pays de se donner meilleure conscience à l’égard des territoires perdus de la République qui recèlent des talents que seul le sport est capable de révéler avec des méthodes d’identification, d’éducation, de formation et de sélection dont les autres secteurs d’activité économiques devraient s’inspirer. Des jeunes talents fiers de leur pays, qui crient « Vive la République, vive la France », en se drapant dans le drapeau tricolore.

Didier Deschamps porté en triomphe

La personnalité de Didier Deschamps, le sélectionneur, y est pour beaucoup. Fidèle à sa ligne de conduite, il n’a pas tardé à déclarer : « Sommes-nous de beaux champions du monde ? On est champions du monde, c’est ce qu’il faut retenir. On a fait les choses mieux que les autres, avec plus de maîtrise. Les joueurs n’ont jamais rien lâché. »

La presse étrangère, rarement bienveillante à l’égard de notre pays, jugé arrogant et prétentieux, ne s’y est pas trompée. « La France est championne du monde et elle le mérite amplement, car elle a aligné la meilleure et la plus réaliste des équipes de ce qui a sans doute été la plus belle des Coupes du monde de l’histoire », assure le quotidien britannique The Daily Telegraph.

Le Süddeutsche Zeitung, écrit de son côté : « Seul le meilleur collectif pouvait remporter cette Coupe du monde, où l’individu isolé ne servait à rien. Ce concept avait été quelque peu oublié dans l’hystérie qui entoure le football moderne, avec ses Messi, Ronaldo et Neymar. Une Coupe du monde est une aventure comprenant sept étapes : le devoir passe avant le freestyle, la sécurité avant le spectacle. C’est la leçon que nous a donnée le coach Didier Deschamps, maître de l’état d’esprit français.

L’hommage rendu à Didier Deschamps est unanime. The Wall Street Journal souligne que l’entraîneur des Bleus a réussi à unir « une équipe avec tellement de talents que même en atteignant la finale de la compétition, elle a été critiquée pour ne pas jouer avec son plein potentiel ». « Aucune équipe n’est venue à cette Coupe du monde avec un tel bouillonnement de génie. »

Le quotidien de Barcelone La Vanguardia est aussi élogieux : « la France a gagné cette deuxième étoile avec autorité et justice » et rend hommage à la Fédération Française de football : « Les choses se font bien à Clairefontaine depuis des années, et la jeunesse de ce nouveau champion du monde laisse présager une domination qui pourrait se prolonger quelque temps. »

Enfin, le Corriere de la Serra fait dans la futurologie : « Après avoir reconnu et célébré pendant des années les modèles espagnol et allemand, il est temps de dire que l’avant-garde du football mondial se situe en France. Et cela devrait sans doute durer bien longtemps, étant donné l’âge moyen de cette équipe de France, le niveau qu’elle a montré en Russie mais aussi [en pensant à] ceux que le coach Deschamps a laissés à la maison pour cette compétition. »

« Une compétition réussie est une compétition gagnée ». Pour responsabiliser les joueurs, Emmanuel Macron avait mis la barre haute. En visite officielle à Saint Petersbourg, le chef de l’État avait promis que si la France passait le quart de finale, il reviendrait assister à la demi-finale et bien entendu à la finale si la France se qualifiait. C’est ce qu’il a fait.

Les photos prises par le photographe de Vladimir Poutine, pendant la finale au stade Loujniki, à Moscou, ont fait le tour du monde en l’espace de quelques heures. Emmanuel Macron en bras de chemise, les bras levés, poings fermés, debout, se comporte comme un supporter plus que comme un chef d’État. Que le président de la République n’ait pu s’empêcher d’associer son image à cet événement, quoi de plus normal, n’en déplaise aux excités de l’opposition et aux esprits chagrins.

Emmanuel Macron pendant la finale à Moscou

En proposant à l’adjudant-chef Cabrita, blessé au Mali, de l’accompagner, il avait soigné son image et fait une bonne action. Ses déclarations, dans le vestiaire, après la victoire, avaient été appréciées : « Il y a 66 millions de Français qui vous ont regardés. Maintenant, vous êtes un exemple pour des tas de jeunes, et cet exemple, c’est pour toute votre vie. Vous ne serez plus jamais les mêmes, et cet exemple, vous allez me le porter longtemps. »

De même, lors de la réception des Bleus à l’Elysée, le lundi 16 juillet, le chef de l’État avait pris soin de convier un millier de jeunes et éducateurs, membres de clubs qui ont formé les joueurs de l’équipe de France.

Les instituts de sondage n’ont pas tardé à enregistrer l’effet Coupe du monde. Un sondage Odoxa, notamment, a constaté que cette victoire était incontestablement bonne pour le moral des Français. Les Français étaient 62 % à se dire « optimistes » concernant leur avenir. Il y a six mois, ils n’étaient que 41 %. Selon ce sondage, la victoire a également amélioré l’indice de moral économique des Français.

« La France gagne grâce aux joueurs africains ou fils d’Africains », avait déclaré Nicolas Maduro, le président vénézuélien. La tentative de polémique sur le nombre de joueurs de couleur dans l’équipe de France, qui avait pris naissance dans les pays les plus déçus, avait été de courte durée. L’ancien président américain Barack Obama, le 17 juillet, lors d’un discours en Afrique du Sud, y avait mis fin avec cette phrase étonnante : « Regardez l’équipe de France qui vient de remporter la Coupe du monde. Tous ces gars ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois, mais ils sont français, ils sont français ! »

Bref, toutes les conditions étaient réunies pour que cette heureuse parenthèse inattendue ne soit pas de trop courte durée.

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