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Le 11 septembre 1990, quelques jours après l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, on se souvient que le père du président actuel des Etats-Unis, avait prononcé un discours sur « un Nouvel ordre mondial », devant les Chambres réunies en Congrès. L’Allemagne était réunifiée, le communisme avait disparu avec l’Union soviétique, les Etats-Unis d’Amérique était devenus la seule grande puissance sur la planète, une hyper-puissance disait Hubert Védrine. La devise qui figure sur les billets de un dollar, « Novus ordo seculorum », s’accomplissait. Le temps était venu de rayonner économiquement et militairement sur le monde entier. Le discours lyrique de Georges Bush père était certainement plein de bonnes intentions. Il croyait sincèrement à ce qu’il disait aux représentants du peuple américain : « un nouvel ordre mondial peut émerger ; une nouvelle époque, plus libre de menaces et de terreur, plus forte dans la poursuite de la justice et plus sûre dans la quête de la paix, une ère dans laquelle les nations du monde(…) peuvent prospérer et vivre en harmonie. Une centaine de générations a cherché cet introuvable chemin vers la paix… »
Quinze ans après, les néo-conservateurs, Dick Cheney, Bill Kristol et d’autres, qui trouvaient Georges Bush père beaucoup trop timide et hésitant, ont théorisé la Pax Americana, transformé profondément l’armée américaine, instrumentalisé, pour ne pas dire manipulé, le fils Bush et, sur la base de certitudes ( de mensonges diraient certains et de constantes désinformations aussi) qu’ils nous ont assénées depuis le 11 septembre, ont réussi à créer un « nouveau désordre mondial ». Ils ne savent plus comment en sortir, « avalent » les couleuvres du rapport Baker – Hamilton, et appellent à l’aide le reste du monde, et notamment la vieille Europe, dont ils se sont tant moqués. Pendant que Bush fils et Tony Blair sont contraints d’aller « à Canossa », le Liban est de nouveau au bord de la guerre civile.
Les experts militaires français portent un jugement sévère sur l’intervention israélienne du 11 juillet dernier. Le chef d’état-major israélien, un aviateur, a cru que l’aviation seule était suffisante pour anéantir le Hezbollah et que la guerre serait très courte. Il était mal renseigné sur la préparation de l’ennemi, sa capacité à s’enterrer et à se fondre dans la population, son système très performant de télécommunication et sa capacité d’adaptation avec un armement russe de la dernière génération. Certains spécialistes sont convaincus que cette intervention n’a été pour les Israéliens qu’un exercice, un prototype de guerre future et que la suprématie aérienne avec 20 000 sorties et une permanence des chasseurs bombardiers a été convaincante. Il n’en reste pas moins que les forces terrestres, mal préparées, insuffisamment professionnalisées, ont échoué notamment à Bint Jbeil où l’armée de terre s’est montrée incapable de livrer un combat de haute intensité. L’imagination tactique était manifestement du coté du Hezbollah. En clair, l’aviation israélienne a gagné la bataille stratégique et le Hezbollah, la bataille tactique. Pour un Etat d’Israël invulnérable, ce n’est pas un succès. La population gronde et vit mal l’absence d’un chef, d’un leader qui aurait été capable de faire cesser les tirs de Katioucha qui ont beaucoup troublé les Israéliens. Ils sont très conscients que Tsahal n’a pas été capable d’atteindre ses objectifs, c’est-à-dire de briser le Hezbollah et de rétablir la capacité de dissuasion d’Israël. Depuis ces 33 jours de guerre, il paraît évident que le Hezbollah s’est déjà réarmé avec l’aide de la Syrie. Les services de renseignement français, israéliens, le confirment. La frontière libano-syrienne est poreuse. Les raids israéliens, non conformes à la résolution du Conseil de Sécurité, sont justifiés dans la mesure où la FINUL n’a pas dans sa mission la capacité de surveiller le territoire libanais. Cette situation explique les propos de Ségolène Royal après son entretien avec les dirigeants israéliens.
Nous en sommes là. Nasrallah, déchaîné, menace le gouvernement libanais de le faire céder par d’autres moyens. Des commandos djihadistes infiltrés sèment la terreur au Liban. Les efforts diplomatiques européens ne sont pas suffisants pour arrêter la montée des périls. Les Américains ne sont plus crédibles après le rapport Baker – Hamilton qui révèle les impasses du bourbier irakien et l’incapacité des Américains à installer la paix dans la région. Le « Grand Moyen Orient », qui devait être la solution miracle, n’est pas pour demain. Les militaires savaient qu’ils ne détenaient pas la solution. Celle-ci ne peut être que politique. C’est maintenant aux diplomates de trouver les moyens de sortir de ce désordre. Il faudra faire vite et que chacun y mette du sien si on veut que la région ne s’embrase pas et que le Liban soit une nouvelle fois détruit.

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