Il faut appeler les choses par leur nom. C’est bien d’une guerre qu’il s’agit. Une guerre entre deux hommes. L’escalade de menaces, de haines, à laquelle se livrent les deux équipes présidentielles de l’UMP, n’est que l’illustration d’une loi fondamentale des rapports humains qui veut que l’on désire toujours ce que désire autrui.

La « montée aux extrêmes », au fil des jours, a quelque chose de romanesque, par sa violence, son irrationalité et le caractère mimétique de l’affrontement que personne, pas même le « sage » Alain Juppé, ne parvient à endiguer.

Après son échec lors de la dernière élection présidentielle, Nicolas Sarkozy aurait du être le bouc émissaire, celui que l’on sacrifie à la paix, seulement voilà, sa popularité, son ombre, privent les deux compétiteurs de cette possibilité de sortie de crise.

Entre eux, ce sera donc « tout ou rien ». Un « tout ou rien »  caractérisé par une montée de la violence qui semble n’avoir pas de fin, pas de limite, qui devient chaque jour plus tragique. Aucune rationalité ne semble capable de dominer l’affectivité des postures. Cette rivalité mimétique pour la domination du parti finit par perdre du sens. Des voix commencent d’ailleurs à s’élever pour dire qu’après ce combat fratricide, aucun des deux ne sera, le moment venu, jugé digne de conduire la droite à la victoire.

Les éléments de langage deviennent grotesques. Dire sans arrêt que: « Ce qui nous rassemble est bien supérieur à ce qui nous divise », fait rire la France entière. C’est tout au plus une variante du « aimez-vous les uns les autres ». Au bord de l’apocalypse, la formule est pour le moins décalée.

« Ne rien lâcher », la formule a un sens dans les compétitions sportives, où seul le résultat compte, mais, en l’espèce, l’utilisation du mensonge, de la tricherie, de méthodes barbares, dénature le but poursuivi. Guy Mollet, en son temps, avait qualifié la droite française de « droite la plus bête du monde ». La formule était sévère mais il faut reconnaître qu’elle trouve aujourd’hui à s’appliquer. Le plus grave, pour la démocratie, dans un pays toujours prêt à donner des leçons aux autres, c’est sans doute d’avoir ouvert la boite de Pandore. Que chacun accuse l’autre de tricherie, est un grand classique, un soir d’élection, mais reconnaître sur les plateaux de télévision que les élections, dans les partis politiques, ont de tout temps étaient entachées de fraudes, c’est attenter gravement au fondement même de la démocratie et révéler, avec cynisme, que les mots utilisés par les dirigeants politiques : courage, vérité, responsabilité, grand moment de démocratie, sont vides de sens.

Il suffit de se rendre sur les forums et autres réseaux sociaux pour constater les dégâts causés. La violence des messages est inquiétante. La haine et le langage employé, rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. Le malaise dans la société française est profond ; il ne disparaitra pas du jour au lendemain. Déjà, dans les derniers jours de la campagne présidentielle, on jouait avec le feu. Au bout de la « montée aux extrêmes », il y a l’apocalypse, l’explosion du système. Malheur à celui par qui le scandale arrive !

Le temps est venu de donner la priorité à la raison sur la passion.

 

 

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