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Au lendemain de la guerre 39-45, les jeunes n’avaient pas le choix ; les occupations n’étaient pas nombreuses et les moyens dérisoires. Il n’y avait que le sport et le scoutisme. Pour ce qui concerne le sport, l’équipement était réduit et de mauvaise qualité. Les terrains de sport étaient le plus souvent des terres abandonnées ou des terres agricoles qui, à force d’être piétinées, finissaient par ressembler à des stades. Les ballons n’étaient pas toujours ronds, le cuir léger, les coutures fragiles et les lacets proéminents. Sous les préaux, et dans les cours d’écoles, les enfants tapaient dans une boite de conserve ou une boule de papier. La pratique du scoutisme nécessitait des chaussures solides, une chemise kaki qui se confondait avec les arbres, un chapeau à larges bords pour se protéger du soleil et de la pluie, un foulard autour du cou et une culotte courte que les enfants achetaient à la Hutte ou par correspondance au Bon Marché.
Dans de nombreuses biographies, ou Mémoires, d’hommes aujourd’hui à la retraite, il est fait référence à l’importance que le scoutisme a eue dans la construction de leur personnalité. Michel Rocard, dans son dernier livre d’entretiens avec Georges-Marc Benamou : « Si la gauche savait », raconte : « J’ai été scout pendant quatorze ans, dont six d’exercice de responsabilités. Je leurs dois beaucoup, à ces années ; l’accueil…leur éthique, leur chaleur. » « Hamster érudit », son nom de totem, ajoute : « Je leur dois d’avoir changé ma vie. » De 1946 à 1950, comme lui, j’ai été louveteau puis éclaireur à Angoulême. Totemisé sous le nom de « Belette gentille », je conserve également de cette période, un excellent souvenir. Fils unique, je dois également beaucoup au scoutisme qui m’a donné le sens de l’amitié, le goût des responsabilités et le souci des autres. Aujourd’hui, les activités sont si diverses et si nombreuses que le scoutisme n’a plus la même importance dans le parcours initiatique des jeunes. Le 22 avril 1945, quelques mois à peine après le départ des Allemands, 40 000 louveteaux, Eclaireurs, Eclaireuses, Routiers de Paris, descendaient les Champs –Elysées et se rassemblaient sur la Place de la Concorde, devant lady Baden-Powell venue spécialement pour fêter la Saint- Georges. Son mari, retiré au Kenya, était mort en 1941. A cause de l’occupation allemande, le scoutisme n’avait pas pu rendre à la mémoire de son fondateur l’hommage qu’il lui devait.

Qui était donc ce Baden-Powell, le fondateur du scoutisme ? Né le 22 février 1857, Robert Stephenson Baden-Powell a eu deux vies : Désireux de mener une vie active, il entame à 21 ans une carrière militaire dans l’armée des Indes, jusqu’en 1884, et en Afrique du Sud où son énergie, son cran, son ingéniosité vont se révéler dans la guerre de l’Angleterre contre les Boers. En 1900, il est nommé général mais ses pensées sont déjà ailleurs, il se préoccupe des questions d’éducation et commence ce qu’il appelait sa vie n°2. Baden-Powell est un meneur d’hommes qui a vu de près les horreurs de la guerre et veut consacrer le reste de sa vie à bâtir la paix. Soutenu par le Roi Edouard VII puis par son successeur, le Roi Georges V, il imagine et organise le scoutisme. Le 4 juillet 1911, il rassemble 33 000 garçons sous un même uniforme et animés du même idéal. Modeste, il attribue tout le mérite des manifestations qu’il organise aux autre plus qu’à lui. Le mouvement se répand dans le monde entier ; pendant la première guerre mondiale, il fait en sorte que les Eclaireurs anglais rendent des services comme garde-côtes, agents de liaison, secouristes, etc… Après la guerre, pour relancer le mouvement, il organise le premier Jamboree à Londres, en 1920. Pour les 21 ans du mouvement, en 1929, il est fait lord par le Roi et rassemble de nouveau 50 000 éclaireurs venus de 46 pays dans l’île de Brownsea.. Toujours prêt à servir, gai, alerte, il se dépense sans compter pour le scoutisme, sa deuxième vie. En 1937, à la fin du Jamboree de Vogelenzang, en Hollande, il annonce, dans l’émotion générale, sa décision de se retirer au Kenya pour y terminer sa vie. Il part discrètement, sur la pointe des pieds, convaincu que le scoutisme peut poursuivre sa route sans lui. Il sait que c’est un voyage sans retour, dans un pays lointain. Il meurt le 7 janvier 1941 loin de cette affreuse guerre qui sévit en Europe et dont il ne peut imaginer l’horreur. Depuis, tous les scouts du monde ont adopté les règles de vie qu’il avait édictées.

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