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Seules les crises font avancer l’Europe. C’est un fait. Ce qui se passe ces jours-ci en apporte une preuve supplémentaire.
La Commission européenne, et sa lourde administration, laisse alors la place à l’Europe des nations, d’où émergent les plus puissantes qui disposent alors de l’autorité qu’elles ont, où qu’elles se donnent.
Les Anglais, sous la pression de graves menaces, sont alors capables de prendre, très vite, les décisions les plus hardies alors qu’en temps normal les rapports avec eux sont si souvent exécrables.
Dans les derniers jours de septembre, au Luxembourg, dans les locaux de la Commission, j’ai entendu un délégué britannique exprimer les plus expresses réserves sur la « Coopération Structurée Permanente » qui figure dans le traité de Lisbonne et qui est indispensable au développement de l’Europe de la défense et de la sécurité, en arguant, très tranquillement, que les conservateurs qui vont certainement reprendre possession du 10 Downing Street, s’opposeront à l’application du Traité et remettront tout en question.
Cette posture quasi-amoureuse, du « ni avec toi, ni sans toi » n’est plus tolérable, car elle paralyse l’Europe. Elle pourrait être réglée, comme l’a récemment suggéré Valéry Giscard d’Estaing, en conférant un « statut spécial » au Royaume Uni, qui lui offrirait des possibilités de dérogation comme cela a été possible avec l’Euro.
La Grande-Bretagne a toujours été plus soucieuse de ses intérêts nationaux que de l’intérêt général, et de l’Europe en particulier.
Rappelons-nous : Peu de Français et de Britanniques savent, ou se souviennent, que le 16 juin 1940, Churchill, et son Cabinet, donnèrent leur accord sur le texte suivant que le général de Gaulle, de Londres, dicta au Président du Conseil, Paul Reynaud, par téléphone, à 16h30 précise :
« A l’heure du péril où se décide la destinée du monde moderne, les gouvernements de la République française et du Royaume-Uni, dans l’inébranlable résolution de continuer à défendre la liberté contre l’asservissement aux régimes qui réduisent l’homme à vivre d’une vie d’automate et d’esclave, déclarent :
« Désormais, la France et la Grande-Bretagne ne sont plus deux nations, mais une nation franco-britannique indissoluble.
Une constitution de l’Union sera rédigée, prévoyant des organes communs chargés de la politique économique et financière et de la défense de l’Union.
Chaque citoyen français jouira immédiatement de la nationalité anglaise. Chaque citoyen britannique devient un citoyen français….
La suite, on la connaît. Le Président Reynaud en donna lecture devant ses ministres ébahis, retranchés à Bordeaux. Les événements s’accélèrent, de nombreux ministres désapprouvèrent le projet, Paul Reynaud perdit pied et le projet resta lettre morte. Cet épisode peu connu, que raconta excellemment Benoist-Méchin, dans « Soixante jours qui ébranlèrent l’Occident », est à conserver en mémoire pour mieux décoder le comportement des Britanniques.
J’ajoute, mutatis mutandis, que la veille, le 15 juin 1940, le Président Roosevelt, sollicité une nouvelle fois, de manière pressante, refusa d’intervenir militairement dans le conflit.
Devant la force des choses, il ne faut jamais désespérer de la capacité des peuples européens à exprimer une certaine puissance.

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