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La France célèbre cette année les 70 ans de l’appel du 18 juin 1940. Par delà les querelles, difficultés et divergences de vues actuelles, que de chemin parcouru dans les relations entre Allemands et Français.

Je relisais récemment les « Mémoires d’un agent secret de la France libre » que le colonel Rémy publia en 1959 aux Editions France Empire. L’auteur raconte qu’en septembre 40, alors qu’il se trouvait en Espagne pour une de ses premières missions, un inconnu qui avait bien voulu lui servir d’interprète auprès d’un douanier de l’aérodrome de Madrid-Barajas, tint des propos bien pessimistes sur le sort de l’Angleterre. Il doutait de la capacité de ce pays à résister longtemps à la puissance de l’Allemagne nazi.

Le colonel Rémy, de son vrai nom Gilbert Renault, pour tenter de lui faire changer d’avis, lui dit ceci :
– Savez-vous que, voilà quinze jours, le chancelier Hitler a fait parvenir par une voie neutre un télégramme à M.Churchill, lui proposant de le rencontrer secrètement à Fontainebleau avec Mussolini afin d’en finir avec cette guerre ? M.Churchill arrive à Fontainebleau où l’attendent le Führer et le Duce. Le Führer lui fait les honneurs du Château. Après quoi il le conduit à une table magnifiquement dressée au bord du célèbre étang aux carpes : « Voilà ce que j’ai à vous dire, Churchill. Cette guerre ne peut durer. J’ai préparé un document, il vous suffit de le signer et l’Europe retrouvera immédiatement la paix. – Que dit ce document ? demande Churchill. – Simplement ceci : Vous reconnaissez que l’Angleterre a perdu la guerre. – Je suis désolé de ne pouvoir signer cela, dit Churchill, mais je ne suis pas d’accord avec cette déclaration. – C’est ridicule ! s’exclame le Führer en donnant un coup de poing sur la table. Rendez-vous donc à l’évidence ! M. Churchill secoue doucement la tête, avale une gorgée de son thé et propose : « En Angleterre, nous aimons régler les affaires par un pari. Voulez-vous que nous en fassions un ? Celui qui l’aura perdu reconnaîtra qu’il a aussi perdu la guerre. – Quel pari ? demande Hitler, méfiant. – Vous voyez ces grosses carpes qui nagent à fleur d’eau ? Parions que le premier qui s’emparera de l’une d’elles sans employer aucun des moyens habituellement utilisés pour la pêche aura gagné la guerre. – C’est tout ? Entendu ! Je commence ! » Hitler sort immédiatement son pistolet de l’étui de cuir qu’il porte à la ceinture et tire les six balles du chargeur sur la carpe la plus proche. Celle-ci continue à nager comme si de rien n’était. – A toi, Musso ! ordonne-t-il, dépité. On m’a dit que tu es un excellent nageur…A l’eau, tout de suite ! Mussolini obtempère immédiatement et, se débarrasse de son uniforme sous lequel, dit-on, il porte constamment un caleçon de bain, se jette dans l’étang. Il passe près d’une carpe, referme les bras sur elle, mais le poisson lui glisse entre les mains. Il essaie d’une autre sans plus de succès. Au bout d’un quart d’heure, épuisé, hors d’haleine, il revient sur la berge. « A vous, Churchill ! dit Hitler. Voyons ce que vous savez faire, puisque vous êtes si malin ! » Churchill prend sa cuiller à thé, la plonge dans l’étang, jette l’eau qu’elle contient par dessus son épaule. Puis il recommence, inlassablement. Bouche bée, le Führer le regarde faire. Après une bonne minute, impatienté, il demande ce que signifie ce manège. « Ce sera long, répond Churchill sans s’émouvoir. Mais je crois que nous allons gagner la guerre. »

Je reconnais que cette histoire est un peu « téléphonée ». Elle est du même tonneau que les aventures de la « 7ème compagnie », la célèbre série de Robert Lamoureux que la « Une » avait programmé ces jours-ci pour la énième fois. Il faut cependant tenir compte du fait que le colonel Rémy la raconte à cet inconnu en septembre 1940 pour exprimer sa confiance, le sens de son engagement. Oui, dit-il, l’Angleterre va gagner la guerre avec des petites cuillers à thé ! C’est ça la résistance. C’est vrai pour tous les combats, toutes les actions de résistance et, en cela, cette histoire a un sens.

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