Peu importe que Eric Besson dise ou non la vérité quant il affirme que la TVA sociale figurait dans le projet du programme du parti socialiste. Le mal est fait. Une fois de plus, la dernière carte que les Eléphants, à l’exception de Dominique Strauss-Kahn, ont décidé d’abattre dimanche soir, après le premier tour des élections législatives, était une mauvaise carte, mais la tentation était trop grande, ils n’avaient plus que cette carte à jouer, au mépris de l’intérêt général. La TVA sociale est probablement une bonne idée. C’est même sans doute une des rares solutions pour répondre efficacement aux délocalisations qui se multiplient et à la chute du dollar que les Américains laissent filer parce que c’est leur intérêt, au moins à court ou moyen terme. Il n’y a d’ailleurs que trois sortes de solutions : taxer le travail, le capital ou la consommation. Les deux premiers ont montré leurs limites. Quand j’ai commencé à écrire des billets sur ce blog, en octobre 2005, j’avais choisi comme thème du deuxième billet, la TVA sociale. C’était trop tôt. Rares étaient ceux, à l’époque, qui en comprenaient le mécanisme, difficile à expliquer et à résumer en une phrase ou une formule. Par principe, les socialistes sont contre la TVA, l’impôt le plus injuste qui soit. Ils ont raison, mais leurs propositions n’apportent aucune solution aux problèmes actuels. Il faut donc faire l’effort de comprendre la situation à laquelle nous sommes confrontés et évaluer les avantages et inconvénients de la TVA sociale. Comment protéger la production française, comment remédier aux délocalisations dans une économie mondiale ouverte, comment continuer à financer notre protection sociale, ralentir la dérive des déficits sociaux et publics, comment remédier à la chute du dollar ? La TVA sociale apporte des solutions. En quoi consiste cette taxation qui, pour ne pas être injuste, peut être modulée par produit ? Au lieu d’asseoir notre système de protection sociale et de retraite, sur le seul travail, il faut l’asseoir plus largement sur la consommation. Prenons un exemple : Une entreprise qui a 10 000 salariés, doit payer 10 000 cotisations sociales. Un importateur qui fait venir de l’étranger la même production avec un personnel limité à une dizaine de personnes, ne paiera que dix cotisations. C’est absurde de payer, depuis des années, des « droits de douane à rebours » qui pénalisent nos entreprises de production et favorisent les produits importés. Notre pays est très intelligent, mais naïf ! La crainte régulièrement exprimée, elle est d’ailleurs fondée, c’est une augmentation des prix et un ralentissement de la consommation. Les Français, interrogés, répondent évidemment, ce soir, qu’ils sont majoritairement contre. Le gouvernement ne veut pas, à la veille du second tour, argumenter. C’est trop tôt ou trop tard. Très rares sont ceux parmi les 60% de Français qui se déclarent opposés à cette taxe, qui seraient capables d’en expliquer le principe. Ils répondent seulement qu’ils ne veulent pas d’augmentation de la TVA. Il est même étonnant qu’ils ne soient que 60%. Il faut souhaiter que dès lundi, le projet de TVA sociale et les mesures indispensables pour éviter que les entreprises, qui ont actuellement de bonnes marges, n’augmentent leurs prix abusivement, soient étudiés sérieusement et mises au point rapidement. Rares sont les marges de manœuvre du gouvernement, celle-ci pourrait se révéler appréciable, même si le temps perdu ne se rattrape jamais.

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