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La ville n’est plus ce qu’elle était. « Chaque rue, chaque pierre, semblaient n’être qu’à nous ; nous étions seuls sur terre, à Paris au mois d’août » chantait Charles Aznavour. Les magnifiques descriptions de René Fallet sont loin. Il est vrai que le temps n’a rien arrangé. Les circonstances non plus. Les urgences de la Pitié-Salpétrière n’ont rien de romantique. C’est plutôt la cour des miracles. Ce qui a changé, n’est pas seulement dans les têtes. Le nombre de touristes y est pour beaucoup, au moins dans les quartiers qu’ils fréquentent le plus. La langue française était peu pratiquée autour du champ de mars. Les commerçants, y compris les boulangers, ferment moins longtemps. Nombreux sont ceux qui ne ferment plus. Ils se relaient en famille et se débrouillent tant bien que mal en anglais pour satisfaire les clients.
Ce qui a changé aussi, c’est l’intense activité cycliste dans les rues de la Capitale. Rares sont ceux, en dehors des malades, des handicapés et des personnes très âgées, qui n’ont pas sacrifié à l’effet Vélib’. Un incontestable succès pourtant bien difficile à gérer. Descendus de Montmartre, Montparnasse et autres collines de Paris, les vélos ne sont pas remontés par les utilisateurs qui préfèrent le métro ou l’autobus pour rentrer chez eux. Sous mes fenêtres, c’est un étrange spectacle. Ceux qui, après avoir compris le fonctionnement de cette location, s’aventurent dans les couloirs d’autobus, les passages cloutés, les contre-allées, les trottoirs, les sens interdits, bref, tout ce qui est proscrit clairement sur le guidon de la bicyclette, semblent éprouver plus de plaisir à faire ce qui est interdit, qu’à pratiquer le vélo.
Un dimanche soir, il y a une quinzaine de jours, alors que je regardais « Persona », l’excellent film d’Ingmar Bergman, sur France 3, au cinéma de minuit, mon attention a été attirée par de violents coups portés sur du métal, dehors, dans l’avenue. Du balcon qui surplombe une station Velib’, j’observais un « sauvageon » en train de s’acharner sur un vélo. Un seul point d’appui relie la bicyclette à son support. En moins de trois minutes, la soudure avait cédé et le « sauvageon » enfourchait l’objet de son désir. Il était une heure du matin, l’avenue était déserte. Je ne savais plus si je regardais « le voleur de bicyclette », de Vittorio de Sica ou le film de Bergman !

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