Oui, coup de gueule, en regardant, hier soir, le journal de France 2. Coup de gueule contre ceux – et/ou celles – qui hiérarchisent l’information à laquelle les Français ont droit.

De l’escalade entre Israël et le Hamas, pas un mot.  L’opération « Pilier de la défense » dans la Bande de Gaza, la plus importante depuis celle de la fin 2008, est en marche ; Israël se prépare à une offensive terrestre ; le ministre de la défense, Ehoud Barak, ordonne le rappel de 30 000 réservistes, mais, aux yeux des responsables de l’information de France 2, la comparution de l’entraîneur de tennis, Régis de Camaret, devant les assises du Rhône est infiniment plus importante et prioritaire.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou

Ce qui se passe en Corse est grave, c’est indéniable ; il était normal de consacrer à ce problème une partie importante du journal, mais la moitié, c’est peut être un peu beaucoup.

Cette forme de nombrilisme explique en partie l’état de l’opinion dans un pays qui serait toujours le centre du monde.

Le chef de l’Etat a raison de dire qu’il est responsable de tout, mais qu’il ne décide pas de tout !

Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh

Ceux qui ont la belle mission – et la responsabilité – d’informer leurs concitoyens devraient, dans leurs conférences de rédaction, s’efforcer de ne pas donner de la France une image étriquée, égocentrique, et avoir conscience qu’ils portent – eux aussi – une grande part de responsabilité.

Heureusement, après le Journal, il y avait sur Arte la célébration du 70e anniversaire de Daniel Barenboim qui, pour l’occasion, avait cédé sa baguette à son compagnon de route Zubin Mehta. Accompagné de la Staatskapelle de Berlin, le Maître a interprêté le Concerto pour piano n° 3 en ut mineur de Beethoven et le Concerto pour piano n° 1 en si bémol mineur de Tchaïkovski.

Heureusement que la musique adoucit les mœurs !

Daniel Barenboim

Possesseur de quatre passeports (dont un israélien, et un autre, palestinien), Daniel Barenboim est un homme courageux. Engagé pour la paix au Proche-Orient, il a ­fondé en 1999, au côté du philosophe palestinien Edward Saïd, l’orchestre du Divan occidental-oriental qui réunit chaque année de jeunes instrumentistes arabes et israéliens pour une tournée de concerts. Non sans risque, et sans courage, il a réintroduit la musique de Wagner en Israël.

La soirée s’est mieux terminée qu’elle n’avait commencée.

 

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