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Pendant que le chef de l’Etat exposait les grandes lignes de son plan pour « éradiquer » les paradis fiscaux et obliger les banques à publier la liste complète de leurs filiales dans le monde, pays par pays, avec la nature de leurs activités, le titre BNP Paribas prenait 3,63% à la Bourse de Paris.

Pendant que le chef de l’Etat avançait l’idée qu’un « échange automatique d’informations », et non plus uniquement à la demande, « sur les revenus et le patrimoine détenus par les Français à l’étranger ou par des étrangers en France » devait dorénavant être la règle en Europe pour que soit mis fin au secret bancaire et à la dissimulation des avoirs et que Jean-Claude Juncker annonçait que le Luxembourg était favorable à cet « échange automatique d’informations sur le secret bancaire à compter du 1er janvier 2015, le Dow Jones établissait de nouveaux records et encourageait les investisseurs à revenir sur les places européennes, ce qui se traduisit par une nouvelle hausse du CAC 40.

Le 4 avril, pendant que le Palais de l’Elysée était pris de panique et la République chahutée, pendant que la dette continue à augmenter, le taux auquel la France emprunte de l’argent à 10 ans est tombé pour la première fois sous les 2%. L’Agence France Trésor a émis pour 2 milliards d’euros d’obligations au taux record de 1,94%. Le 8 avril, au plus fort de la crise politique et moral, le rendement de la dette française à 10 ans échangée sur le marché obligataire a lui aussi atteint un plus bas historique à 1,709%. Même pas peur le marché et les investisseurs internationaux !

Pendant que l’Europe, en panne de leadership, régresse, les liquidités affluent du monde entier.

10 avril 2013 – Le président de la République au Palais de l’Elysée

Pendant que les députés s’invectivent, comme aux plus mauvais jours des années trente, l’homme le plus riche de France décide soudainement de rentrer au pays pour, dans la situation où il se trouve, exprimer « son attachement à notre pays, sa confiance dans son avenir et participer à l’effort de redressement qui doit être partagé ». Même pas peur, Bernard Arnault !

Pendant que le chef de l’Etat donne l’impression d’être en apesanteur, hors sol, de gigantesques manifs se préparent comme au temps des ligues de sinistre mémoire, avec leurs cris et leurs slogans haineux que les médias, dans le seul but de vendre du papier et de hurler avec les loups, colportent sans nuance et sans aucun souci de responsabilité. Même pas peur des forces de l’ordre!

Même pas peur, les grands groupes américains comme Google, Apple, Amazon et Microsoft, qui pratiquent l’optimisation fiscale à grande échelle et narguent les administrations fiscales européennes qui ont toujours un temps de retard dans leurs initiatives et directives pour lutter contre cette gigantesque source de désordre qui affaiblit les Etats.

Enfin, même pas peur de contrarier le chef de l’Etat, les ministres qui contribuent à saper l’autorité du Président. Après Arnaud Montebourg dans Le Monde et Cécile Duflot à Mediapart, Benoît Hamon a déclaré au Parisien, quelques heures avant l’intervention de François Hollande :. « Aujourd’hui l’austérité en Europe n’est plus soutenable, avec ses millions de chômeurs », ajoutant, pour être bien sûr d’être compris, qu’une loi sur la moralisation politique était « indispensable, mais pas suffisante ». Il fallait « qu’on soit exemplaire sur le plan social » aussi. Tant pis pour le « sérieux budgétaire »!

Même pas peur des mots, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, plume aujourd’hui en manque, qui n’a que le mot « abject » à la bouche, pour qualifier tout ce qui lui déplait, et annoncer le fascisme qui vient. Sur ce point, mais pas nécessairement pour les raisons qu’il invoque, peut-être n’a-t-il pas tort. Avant lui, Platon, dans « La République » n’écrivait-il pas au IVe siècle avant JC : « Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes gens méprisent les lois, parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

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