Non, ce cri n’est pas celui de François Hollande décidant de passer à l’offensive au cours de sa dernière conférence de presse, mais celui du général Foch, bougonnant derrière sa rude moustache, le 6 septembre 1914. La bataille de la Marne faisait rage. La VIe armée était engagée sur le front de l’Ourcq avec le renfort des légendaires taxis de la capitale. Le général Joffre décida alors d’engager les forces, sous son commandement, dans la brèche qui venait de s’ouvrir au sein de la IIIe armée allemande. C’est au cours de ce combat acharné que Foch, magnifique de pugnacité et de calme, aurait – ce n’est pas certain – poussé ce cri entré depuis dans la légende.

La statue du maréchal Foch au centre de la place du Trocadéro

Etrange clin d’œil de l’histoire, l’offensive annoncée par le chef de l’Etat intervient quelques jours après les actes de vandalisme commis par des casseurs sur la place du Trocadéro pendant que le PSG fêtait son titre de champion de France. Au centre de cette place, se trouve la statue équestre du maréchal Foch, œuvre de Paul Landowski. Le chef de l’Etat, qui a évoqué, avec une certaine émotion, ce triste affrontement avec des forces de l’ordre trop souvent sollicitées, aurait-il, en voyant les images de ce qui s’était passé le 13 mai à 19h, décidé, dans un acte inconscient de mimétisme que le professeur René Girard n’aurait pas désavoué, que face à tant d’adversité, à des sondages historiquement bas, à un crise qui n’en finit pas de se terminer, de passer, comme Foch, à l’offensive, mutatis mutandis.

Oui, je sais, c’est de la psychanalyse de café du commerce, mais reconnaissez, cher lecteur, cher lectrice, que le rapprochement était tentant, surtout quand il s’agit, encore et toujours, des Allemands !

Cela étant, François Hollande a été habile en choisissant de commencer la partie liminaire de la deuxième conférence de presse de son quinquennat par l’Europe pour montrer qu’il était à l’ » offensive « . Devant 400 journalistes, dont 150 étrangers, l’annonce d’une « initiative sur l’Europe «  a incontestablement été une surprise, notamment pour les Allemands qui ne s’attendaient pas à une proposition aussi claire de « gouvernement économique ». Aussi méfiant qu’en 14, les Allemands ne veulent cependant pas être « roulés dans la farine ». Ils attendent de la France, des réformes toujours différées, incomplètes. Dans une partie de la presse allemande, la manœuvre, aussi intelligente que celle de Foch, est décrite comme « cousue au câble d’abordage ». Pas question d’accepter des « eurobonds » sans que la preuve soit apportée que la France est capable d’assainir ses comptes dans le long terme. Après les élections en Allemagne, l’heure de vérité sonnera pour Angela Merkel, mais aussi pour François Hollande.

En attendant, si l’UMP mettait un peu d’intelligence dans son discours au lieu d’insulter l’avenir, les chances de la France en seraient accrues. L’offensive contre le chômage des jeunes, qui atteint des niveaux dramatiques dans toute l’Europe, a également été appréciée ; de même sur l’énergie, proposer une  » communauté européenne de l’énergie « , à l’instar de ce qui avait été fait pour le charbon et l’acier, à l’origine de l’union européenne peut être riche de promesses malgré le nucléaire qui divise. L’Europe a « du pain sur la planche » mais l’offensive est généralement payante.

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