Dans un article publié par le journal Le Monde le 31 octobre dernier, c’est-à-dire avant la réunion d’Annapolis, dans le Maryland, qui s’est tenue le 17 novembre, l’ancien secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger, rappelait que Condoleezza Rice avait raison « d’insister pour que les pourparlers Olmert-Abbas évitent les adjectifs rituels…qui attendent toujours de recevoir une définition, telle que la paix « juste » et « durable » dans des frontières « sûres » et reconnues »..
La secrétaire d’Etat, discrètement, s’est donnée beaucoup de mal pour que le processus de paix reparte sur de bonnes bases, que les deux parties se mettent d’accord, au préalable, sur le but à atteindre et ne se contentent pas d’énoncer leurs positions. Le président Georges W. Bush, tardivement, en fin de deuxième mandat, s’est rendu sur place pour exprimer clairement le but qu’il s’est fixé et les moyens qu’il est déterminé à mettre en œuvre pour l’atteindre. Quand il propose, pour la première fois, un mécanisme international d’indemnisation pour les réfugiés palestiniens, que l’Etat hébreu doit avoir des frontières sûres et reconnues et que la Palestine doit être viable, souveraine et son territoire continu, le président américain est clair.
Malheureusement, il entreprend cette démarche au plus mauvais moment. L’administration Olmert, sur ce discours, est minoritaire. Son probable successeur, Benyamin Nétanyahou, aurait une majorité de droite pour rejeter toute concession. Quant à Abbas, l’Iran, qui n’a pas gesticulé sans raison dans le détroit d’Ormuz, attend son heure pour aider le Hamas à s’opposer à la proposition Bush. Les Etats arabes modérés, qui auraient pourtant toutes les raisons d’aider à l’aboutissement de cette nouvelle phase du processus de paix, seront-ils capables de surmonter leurs opinions publiques et d’accompagner sur plusieurs années les efforts de la communauté internationale ? Rien n’est moins sûr, car ces Etats ne croient plus à la capacité des USA à imposer ses vues dans la région. Le projet américain de Grand Moyen-Orient a échoué, ils en ont tiré les conclusions.
Quant à la France, ce n’est pas en jouant « perso », et sans succès, avec Bachar Al-Assad, qu’elle apportera une contribution efficace aux efforts entrepris. Le président Sarkozy, et son entourage, constate, à leur tour que l’Orient est décidément bien compliqué, que le temps n’y a pas la même unité de mesure et que les mots prononcés n’ont pas toujours le même sens.

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