La plupart des téléspectateurs qui ont regardé hier soir l’émission « A vous de juger » d’Arlette Chabot et avant hier « Culture et dépendances », l’émission de F.O Giesbert, ont découvert avec stupeur l’état de la France, la fracture raciale, générationnelle, sociale, qui la traverse depuis plusieurs mois. Ils ont certainement reçu comme un coup de poing les propos de certains intervenants, notamment ceux de Houria Bouteldja, d’origine algérienne, qui, au nom des « indigènes de la République » milite ouvertement pour le communautarisme, pour une autre République, en un mot pour casser la nation. « C’est un cri d’amour pour la France » tente d’expliquer Edwy Plenel ». Ce n’est pas une révolte, Sire, c’est une révolution »…. Tous les arguments étaient bons pour culpabiliser, déstabiliser la France. Les plus anciens étaient sidérés.
Ceux qui expriment leur amour de la Patrie, sont catalogués comme réactionnaires, nationalistes, post-colonialistes, quand ce n’est pas pire. Ceux qui aiment leur pays, sont fiers d’être Français, seraient-ils devenus minoritaires ou victimes d’une minorité agissante ? La Marseillaise sifflée, au Stade de France, avait déjà été un mauvais signe. Le débat sur le port du voile avait révélé les forces en présence et fait découvrir la dialectique de Tarik Ramadan, « ambassadeur » de la mouvance des Frères musulmans qui viennent de prendre le pouvoir à Ramalah.
La remarquable émission de Bernard Pivot, « Double Je », qui avait beaucoup fait pour que des étrangers qui aiment la France contribuent à réveiller cette conscience que la France est une idée, qu’être Français est une chance, paraît déjà bien loin. Renan avait raison d’écrire que la nation n’est pas seulement un lot de souvenirs communs mais « un plébiscite de tous les jours ». Les raisons pour lesquelles les Français sont déstabilisés, perdus, sont connues : les données démographiques ont été bouleversées, l’éducation civique a été abandonnée, le « rang de la France », cher au général de Gaulle, s’est affaibli. Les Français comprennent que leur pays n’est plus le centre du monde.
Le Premier ministre a raison de combattre les « déclinologues », mais les problèmes sont là, on ne peut nier que le pays traverse une période très difficile et dangereuse pour son avenir. L’identité française est fragile, menacée. Elle ne repose plus sur les mêmes certitudes. Alors qu’elle s’était constituée par la fusion de diverses cultures, nombreux sont ceux aujourd’hui qui, au nom de la liberté et de la modernité, voudraient juxtaposer et opposer les cultures, conserver leurs racines extérieures tout en usant (et abusant) du mode de vie en France et de l’Etat Providence. L’arrogance avec laquelle certains « nouveaux » Français participent au chahut général et à la remise en cause de tout est inquiétant.
Je sais bien que tout homme qui aborde la dernière partie de sa vie a le sentiment d’assister à la fin d’un monde. Je sais bien que l’avenir de la France, c’est l’Europe, c’est le monde ; sur le plan économique, scientifique, technologique, culturel. Je sais bien qu’il faudra s’adapter, mais pour ceux de ma génération, imaginer que la France ne soit plus éternelle est difficile à concevoir. Je ne peux pas imaginer qu’il ne soit pas possible de concilier notre identité et notre place dans le monde de demain.
J’espère que la prophétie de Max Gallo se réalisera et que celui (ou celle) qui gagnera la prochaine présidentielle sera celui (ou celle) qui saura parler de la France comme Angela Merkel et Gordon Brown parlent de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Attention, les nations aussi sont mortelles.

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