Les principales préoccupations des Français : l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’avenir des jeunes, sont absentes de la campagne présidentielle, un mois avant le premier tour. Nos compatriotes, dans les sondages, disent très nettement que les valeurs, les symboles, l’imposition des grandes fortunes, sans parler de la viande hallal, sont sans doute des sujets qui méritent réflexion, mais ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. Les insultes, les caricatures, la mauvaise foi, la déformation systématique des propos tenus, les boucs émissaires, ne cacheraient-ils pas une incapacité à élever le niveau de la campagne, une absence de vision et une carence totale de solutions aux problèmes à résoudre ?

Que penser de cet irrésistible besoin de satisfaire un vent de populisme antieuropéen qui laissera des traces et endommagera durablement l’image de la France? En arriver, en 2012, à « rendre le pouvoir au peuple », prétendre représenter le peuple, « séduire la France du non », rassembler ou diviser les Français, ne révélerait-il le triste état dans lequel serait la démocratie dans notre pays ?

Deux Français sur trois jugent que la campagne n’est  » pas intéressante « . Un sondage Ipsos-Logica Business Consulting pour le journal Le Monde, France Télévisions et Radio France révélait dernièrement que les deux principaux candidats seraient tenus pour responsables d’une campagne jugée décevante. Ils ne tiennent pourtant pas les mêmes discours et n’ont pas le même style, mais leur affrontement quotidien est jugé sévèrement par les personnes interrogées qui considèrent que l’on  » ne parle pas assez  » du logement (73 %), des retraites (73 %), de la justice (68 %), du pouvoir d’achat (63 %), de l’environnement (62 %), de l’école (62 %), du chômage et de l’emploi (59 %), et de l’insécurité (53 %).

La nécessité d’une remise en ordre des finances publiques est approuvée majoritairement, mais les personnes interrogées souhaitent que cette exigence n’occulte pas les difficultés de la vie quotidienne. Si ces frustrations venaient à perdurer, les intentions de vote et l’abstention pourraient réserver de très mauvaises surprises, notamment chez les jeunes. Ils sont  désorientés par les batailles de chiffres, les concepts avancés, les « exit tax », le Buy European Actle Small Business Act et autres expressions anglo-saxonnes issues des instituts de recherches et think tanks qui monopolisent souvent le débat sans le faire véritablement avancer.

On se jette à la figure les notes, rapports et statistiques de l’OCDE, de la BCE, de la Cour des comptes ou d’Eurostat, dont les conclusions se contredisent parfois et se retournent souvent comme des chaussettes, mais aucun candidat n’est en mesure de proposer avec un minimum de précision un plan de réduction des dépenses publiques sur cinq et dix ans.

Les Français attendraient-ils le Deus ex machina ? J’en connais qui le pensent et qui le disent ! Dans le langage courant, l’expression est généralement employée quand un élément extérieur, inattendu,  survient et dénoue une situation qui était jusque là bloquée. Historiquement et littéralement, cette locution latine signifie «un dieu [apparu] au moyen d’une machine ». Elle était employée dans le théâtre classique, quand un  personnage apparaissait sur la scène, au bout d’une corde, commandée par une « machine ». Ce personnage dénouait l’action qui semblait sans issue. Molière   l’emploie dans la dernière réplique de Tartuffe et dans « Les Femmes savantes » avec l’arrivée inopinée d’un sauveur. L’utilisation d’un deus ex machina, permet de sortir d’un imbroglio. Par un abus de langage, cette expression est fréquemment utilisée dans le domaine politique et économique ou social pour sortir d’une situation bloquée. 

« Vous verrez, disent certains, avant la fin de la campagne présidentielle, il y aura le Deus ex machina. Utiliser cette expression, dans cette circonstance, peut paraitre un  peu osé. Certes, mais elle a le mérite d’exprimer une attente et une insatisfaction. Quel événement intérieur, extérieur ou européen, quel personnage, pourrait apparaître tel le Deus ex machina ?

Allons, il est temps de passer aux choses sérieuses et de réconcilier les Français avec la politique qui organise la vie des Français et celle de leurs enfants.

 

 

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