L’actualité offre chaque jour l’occasion de comparer les méthodes de gestion des ressources humaines dans les entreprises et dans le domaine du sport. J’ai déjà consacré un certain nombre de billets aux vertus du sport et à l’insuffisant benchmarking des entreprises dans ce domaine.
Un certain nombre d’entreprises, qui rencontrent de sérieuses difficultés dans la gestion du stress de leur personnel, du suivi individuel, de la motivation, de la reconnaissance des efforts, – je n’aurai pas la cruauté de citer ces entreprises, elles font l’actualité – seraient bien inspirées de regarder ce qui se fait dans le domaine du sport qui n’est d’ailleurs pas homogène.
Il existe de grandes différences entre la gestion et l’animation de l’équipe de France de hand-ball, de rugby, de judo, ou, ces jours-ci de biathlon aux JO de Vancouver et celles de l’équipe de France de football – ces dernières années – de l’équipe de ski alpin ou du patinage artistique. Ces différences sautent aux yeux.
Les éducateurs – les vrais – savent, car ils l’ont appris dès leur plus jeune âge, que face aux difficultés, il faut chercher à comprendre avant de juger, qu’il faut fabriquer de la confiance et de la motivation, inspirer le respect, offrir le droit à l’erreur, soutenir celui qui a une défaillance, valoriser le groupe, apprendre à ne rien lâcher, à ne pas se résigner et à partager les succès. Ces valeurs sont celles que partagent les équipes qui gagnent, pas seulement les équipes sportives que j’ai citées et que les téléspectateurs voient évoluer, il en est de même pour certaines entreprises gérées dans le même esprit.
Le sport peut-il être cette « grande métaphore managériale mobilisatrice », comme se le demandait récemment la revue « L’Expansion Management Review » dans un article rapporté par le journal « Le Monde » du 16 février dernier? J’ai déjà raconté dans quelles circonstances j’avais pu vérifier le bien fondé de cette méthode de management. Pour que le sport puisse constituer une référence pour l’entreprise, il faut que plusieurs conditions soient réunies : Tout d’abord, que le chef d’entreprise comprenne et croit aux valeurs mobilisatrices du sport. C’est un préalable indispensable, car peu nombreux sont les chefs d’entreprises qui, après de longues études qui poussent à l’individualisme et au chacun pour soi, aiment le sport.
Il faut ensuite que l’encadrement partage la même culture d’entreprise et le besoin de s’inspirer des concepts qui ont fait leurs preuves dans le domaine du sport. Il faut, enfin, que le personnel échappe à l’individualisme dominant, aux « coups tordus », au star système, à la triche et adhère avec enthousiasme à des objectifs collectifs et à la méthode pour les atteindre.
Les expériences, pourtant très réussies et saluées par la presse, que j’ai faites dans ce domaine, avec des éducateurs sportifs de très haut niveau, n’ont pas, ou peu, connu de suite. Je le regrette d’autant plus que les rares initiatives dont j’ai eu connaissance ressemblaient plus à des manifestations de relations publiques, à des spectacles, à des récompenses, qu’à des actions de sensibilisation et de formation.
Si les entreprises françaises, grandes et petites, veulent continuer à concourir dans la cour des grands et remporter des médailles aux JO de l’économie mondiale, une prise de conscience, pour ne pas dire un virage culturel, est urgent.

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