Comment ne pas douter après tant de révélations, tant de déceptions, tant de mensonges ?

Le Tour de France n’est plus une épreuve sportive au sens noble du terme. C’est une entreprise de spectacles florissante, remarquablement organisée, qui vit sur sa légende, sur sa belle histoire. Il n’y a plus guère que les paysages qui ne mentent pas. Pour le reste, les serments de sincérité ne passent plus.

Chris Froom dans la montée du Ventoux

Chris Froome dans la montée du Ventoux

Cédric Vasseur, qui remplace Laurent Jalabert sur les chaines de France Télévision, ne pouvait hier faire autrement que de dire à l’antenne :  » Il n’y a pas de raison de douter du programme antidopage très transparent de Sky. Il faut pour l’instant respecter la performance de Froome « , il n’y a plus beaucoup de téléspectateurs pour admettre le bénéfice du doute.

Pourquoi ce doute ? Tout simplement parce qu’il ne parait pas naturel, pas possible, pas humain, de sprinter, sans même se mettre en danseuse, à cet endroit de la montée du Ventoux ; parce que Lance Armstrong avait, en son temps, été aussi dominateur que Froome.

Sur Twitter, les commentaires étaient édifiants après l’accélération époustouflante de Froome à 6km de l’arrivée. Celui-ci, agacé, sincère a priori, peut expliquer :  » Ce genre de démarrage, je le fais au feeling, à la sensation, je souffre au moment où je le fais. Mais je me dis que si je souffre, les autres vont souffrir encore plus, physiquement et psychologiquement. « 

Qui peut le croire ? Il ne suffit pas d’être le «  meilleur grimpeur du monde actuellement » et de s’être préparé avec acharnement. « Impossible de gagner le Tour sans dopage ? », avait annoncé élégamment Lance Armstrong avant le départ du Tour ! Le bon copain !

Les spécialistes qui analysent  les puissances en montagne sont catégoriques : « En deçà de 410 watts, c’est sans garantie mais humain, entre 410 et 430, c’est suspect, jusqu’à 450 miraculeux, et au-delà mutant. Or, Froome, et quelques autres, n’étaient, lors de la montée vers Ax 3 Domaines, le 7 juillet, qu’à « seulement deux petits watts de la prestation effarante du duo Armstrong-Ullrich en 2003, alors  » chargés comme des mules « , rappelait Antoine Vayer, l’ex-entraîneur de Festina, un connaisseur, dans les colonnes du journal « Le Monde », il y a quelques jours. C’est peu dire que la prestation du maillot jaune, dans la montée du Ventoux, a provoqué un malaise dans le peloton.

Froome veut gagner ; c’est une ambition honorable. Peut-il le faire proprement, « humainement » ? L’histoire le dira !

 

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