La crise politique que le CPE provoque dans le pays est beaucoup plus riche d’enseignements que ne peut le percevoir le téléspectateur moyen. La presse anglo-saxonne, généralement si sévère à l’égard des comportements franco-français, ne s’y trompe pas et analyse avec gravité, et beaucoup de mesure, les secousses qui agitent notre pays. Le Guardian et The Observer voient dans les réactions de la population française devant les réformes en général, les premiers signes d’une grave crise mondiale et multiforme. J’ai déjà évoqué cette évolution le 1er février dernier à propos du dernier livre de Jean Peyrelevade.
La France, car tel est son destin, a souvent été le signal d’alarme, « le disjoncteur » qui cède le premier devant les injustices et les excès de toutes natures. Le monde entier a, depuis longtemps, le regard tourné vers ce qui se passe en France. Ces considérations, ces craintes, sont bien éloignées des raisons de politique intérieure qui empêchent le téléspectateur français de comprendre les causes profondes du malaise social qui, en France, prend toujours des airs de révolution. Le CPE n’est qu’un prétexte. Le code du travail n’est pas en danger. La gauche désunie trouve là l’occasion inespérée de refaire son unité avec les jeunes et les syndicats et de refaire son retard dans les sondages. L’UDF, dont le comportement est souvent incompréhensible, saute, elle aussi, sur l’occasion de faire entendre sa différence. Les principales parties concernées, les entreprises et les jeunes en recherche d’emploi ne s’expriment pas ou ne sont pas entendus.
Lionel Jospin, à qui il a été tant reproché de ne pas avoir mené à bien plus de réformes et qui espérait gagner la présidentielle en 2002 avec une tactique « soft » doit être actuellement un spectateur attentif de la situation.

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