dimanche 28 décembre 2008
Meilleurs voeux pour 2009
Par michel desmoulin, dimanche 28 décembre 2008 à 11:12 :: Coup de coeur
Je vous souhaite à toutes, et à tous, lecteurs anonymes, parents et amis, une très bonne année 2009, la plus douce possible.
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dimanche 28 décembre 2008
Par michel desmoulin, dimanche 28 décembre 2008 à 11:12 :: Coup de coeur
Je vous souhaite à toutes, et à tous, lecteurs anonymes, parents et amis, une très bonne année 2009, la plus douce possible.
lundi 22 décembre 2008
Par michel desmoulin, lundi 22 décembre 2008 à 19:03 :: EDITORIAL
Un milliard, ce n’est pas rien. En francs, c’était déjà considérable. En euros, c’est inimaginable pour la plupart des ressortissants de la zone euro.
Ce n’est pas faire preuve de démagogie, que d’évoquer ce que représente un milliard, pour un ouvrier de chez Peugeot qui, avec plus de 35 ans d’ancienneté, gagne 1 400 euros net. Ce n’est qu’un exemple, choisi uniquement pour tenter d’imaginer ce qui peut se passer dans la tête de cet homme quand il regarde, chaque soir, le 20h à la télévision.
« L’affaire Madoff », c’est une fraude, une banale « cavalerie » vieille comme le monde, mais qui porte sur 50 milliards de dollars. Après la faillite de Lehman Brothers, qui est déjà du passé et qui devait servir d’exemple pour montrer l’autorégulation du capitalisme, c’est le « premier de la classe », Goldman Sachs, qui annonce une perte de plus de 2 milliards au cours de l’exercice 2008.
Les analystes prévoient que le plan de relance du président Obama pourrait atteindre 800 milliards de dollars qui s’ajouteraient aux 1 000 milliards de dollars engagés avant son arrivée aux affaires. En Europe, au Royaume-Uni, en Chine, au Japon, en Russie, les plans de relance se chiffrent par centaines de milliards de dollars, d’euros, de yuans, de livres sterling.
En France, la Caisse des dépôts et consignation a déjà « injecté » 43 milliards d’euros dans l’économie, sous forme de prêts aux PME, banques, collectivités territoriales.
Pour la première fois de son histoire, Toyota, le numéro un de la construction automobile dans le monde, prévoit de perdre plus d’un milliard d’euros en 2008. Dans le même temps, il n’est pas exclu que le prêt de 17 milliards de dollars consenti par le président Bush à Général Motors et Chrysler, soit à fonds perdus et ne résolve pas le gigantesque problème de restructuration de l’industrie automobile aux Etats-Unis, qui pourrait se traduire, à terme, par un investissement de plus de 100 milliards de dollars. Fiat, qui ne veut pas être en reste, réclame à l’Union européenne une aide de 40 milliards d’euros pour la même industrie en Europe.
Arrêtons cette liste qui serait trop longue et démoralisante. Impossible, cependant, d’oublier les milliards d’euros de destruction de valeur dans la fortune du premier actionnaire de l’Oréal et les querelles de famille que provoque le déplacement de chaque milliard d’euros dans cette famille. Nul ne doute plus du caractère systémique de cette crise qui n’épargnera personne.
Chaque pays cherche des solutions pour endiguer la descente aux enfers. Les plans de relance étant appelés à succéder aux plans de relance, les effets ne pourront être significatifs que si des dévaluations dopent les exportations. On assiste déjà au retour de « dévaluations compétitives ». Le rouble a été dévalué huit fois depuis le 11 novembre. La livre sterling a perdu un tiers de sa valeur. Le dollar glisse et repasse au dessus du seuil de 1,40 euro.
Si la situation, ce qui est probable, continue à s’aggraver, la tentation du repli sur soi, du protectionnisme, sera de plus en plus grande. L’Europe ne tiendra pas longtemps au milieu du tsunami économique, financier et demain monétaire.
Bref, il faut espérer que cette fois-ci, la situation ne conduira pas à une revanche du nationalisme et à une guerre, comme par le passé. Elle serait d’ailleurs inutile, les dégâts causés par une guerre sont déjà là, sous nos yeux. Les cartes vont être redistribuées, l’argent va changer de mains.
La destruction de valeur est considérable, la liste des entreprises sinistrées sera longue. La destruction d’emplois, le financement des dettes, par la « planche à billets » ou le changement de propriétaire, les conflits sociaux, les conséquences politiques sont imprévisibles.
L’environnement économique, dans trois ou quatre ans, n’aura plus rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui. Nous assistons bien à la fin du monde d’hier que nous avons crû, à tort, connaître avec la chute du communisme et le 11 septembre.
Le vingtième siècle se termine maintenant, comme un vulgaire feu d’artifice, et personne ne sait ce que sera le vingt et unième.
Quand les écuries d’Augias auront été nettoyées, que de nouvelles règles auront été fixées, qu’un nouvel équilibre aura été trouvé, que la confiance sera revenue, je pense qu’un milliard aura à nouveau une valeur.
lundi 15 décembre 2008
Par michel desmoulin, lundi 15 décembre 2008 à 11:51 :: EDITORIAL
Cet adage ne vieillit pas, il traverse les siècles.
Les populations des pays pauvres, qui regardent les matchs de football à la télévision, voient aussi des riches, très riches, perdre des milliards gagnés sans doute trop facilement.
Que peuvent penser ces désespérés ?
Qu’il y a une justice, probablement divine ?
Que le terrorisme, auquel les occidentaux, par la voix de Georges W.Bush, ont déclaré la guerre au lendemain du 11 septembre, c’est peut être l’égoïsme de certains financiers « sans foi, ni loi », la cupidité, le luxe ostentatoire, l’absence de toute pitié, de toute compassion ?
Que la violence, aux conséquences sociales encore inimaginables au moment où j’écris ces lignes, n’est peut être pas celle dont on parle quotidiennement ?
Que la fracture la plus grave est aujourd’hui entre ceux qui n’ont rien et ceux qui ont tout ?
A la veille de Noël et de sa symbolique, le rappel des valeurs, de l’humanisme, de tout ce que la Grèce, le christianisme, les Lumières, ont apporté au monde, ne suffira pas ; il va falloir des actes et vite, faute de quoi la révolte se répandra sur la planète à la vitesse d’un tsunami.
La confiance, qui ne se décrète pas, mais qui est la condition nécessaire, sinon suffisante, à la restauration du système, ne pourra revenir que par l’action concertée et déterminée de la Communauté internationale.
Elle ne pourra pas, à Londres, au printemps, et ailleurs, car le processus sera long, se contenter d’un « petit arrangement entre amis ». La Communauté internationale devra faire, sous la pression des effets systémiques de la crise, ce qu’elle n’a pas eu le courage et la volonté de faire avant.
De nouvelles règles pour le partage de la richesse dans le monde, devront être édictées pour une longue période. Un nouvel ordre mondial, un nouveau système économique, plus collectif, où l'argent, la rentabilité à court terme, n'auront pas tous les droits, devront émerger.
Cette crise sera peut être une chance pour le projet d’ « Union pour la Méditerranée », qui, sans cela, aura vu son avenir s’arrêter le 13 juillet dernier.
"Celui qui ne voit pas loin, voit les ennuis de près. »
mercredi 03 décembre 2008
Par michel desmoulin, mercredi 03 décembre 2008 à 18:12 :: EDITORIAL
Tous les experts en géopolitique qui rentrent de Washington ont été témoins du respect de la consigne de silence que le prochain Président des Etats-Unis impose à son entourage. C’est la transition la plus muette de l’histoire de ce grand pays même si, chaque jour ou presque, Barack Obama fait une apparition pour commenter les principales nominations et développer le programme qu’il prépare.
L’atmosphère de rigueur et de discipline qui règne est, en grande partie, destinée à montrer très vite le changement de style, la volonté de changer l’image de l’Amérique.
La chute émotionnelle, la colère qui gronde dans « main street », la peur du chômage, les retraites en danger, rendent la transition encore plus délicate et longue. Même si de nombreux Républicains sont satisfaits, au nom de la cohésion nationale, de voir à la Maison blanche, un homme jeune, très intelligent, cool, simple, qui réfléchit avant de parler, qui semble capable de gérer la complexité, les temps qui viennent vont être difficiles.
Les nominations d’Hillary Clinton, de Joe Biden, le maintien de Robert Gates à la Défense, montrent, si besoin était, que le nouveau Président veut, dans un premier temps, se consacrer avant tout aux affaires intérieures américaines. Retrouver la croissance, endiguer la crise économique, montrer au Monde que les Etats-Unis n’ont pas perdu leur extraordinaire capacité à rebondir, à se renouveler. Redonner aux Américains le sentiment d’être fiers de leur pays, les convaincre qu’avec cette « dream teame », l’Amérique va repartir du bon pied, telle est sa principale ambition.
Le choix d’Hillary Clinton, pour étonnant qu’il soit et pour improbable qu’il ait été, montre que le prochain Président est sûr de lui.
Le rapport des services de renseignement américains sur l’état du monde en 2025, publié le 19 novembre dernier, devrait contribuer, s'il en était besoin, à le rendre humble. Il exprime clairement que : « Les Etats-Unis ne seront plus que l’un des principaux acteurs sur la scène mondiale, même s’ils resteront le plus puissant ». La Chine deviendra l’acteur économique majeur, l’eau manquera, ce qui provoquera des conflits, l’Occident vieillira et le risque d’un déséquilibre climatique pourrait devenir irréversible.
En ce qui concerne la politique étrangère, nous ne savons pas ce qu’il pense. La crise financière et économique a très vite dominé la campagne électorale et relégué l’Irak au second plan. On sait seulement que Barack Obama est un pragmatique ; ce n’est pas un idéologue et, à ses yeux, la puissance militaire des Etats-Unis doit être au service du politique et non le contraire.
Avec l’Iran, il devrait tenter d’explorer la voie diplomatique si les Russes acceptent une négociation qui pourrait comprendre la suspension des anti-missiles en Europe de l’Est.
En ce qui concerne la reconnaissance d’un Etat palestinien, ses conseillers sont parait-il déterminés. Les élections, au début de l’année, changeront peut être la donne ou la compliqueront.
Au Pakistan, où les services secrets cherchent à déstabiliser le nouveau régime, en provoquant un grave incident avec l’Inde, la situation est extrêmement compliquée. L’aide économique et humanitaire en échange du droit de poursuivre les talibans par tous les moyens, sera difficile à appliquer. La guerre contre le terrorisme est pourtant à ce prix.
Barack Obama ne connaît pas l’Europe. Il attend d’elle, une étroite collaboration et une contribution aux solutions. Ses exigences, notamment financières, décevront d’autant plus que le marché américain sera moins ouvert aux entreprises européennes. L’Europe sera-t-elle un partenaire privilégié ou un partenaire comme les autres ? Il faut toujours avoir à l’esprit que les USA et l’Europe représentent 50% du PNB du Monde. L’Histoire le dira.
Dans le même temps, les Russes vont tester la nouvelle Administration américaine. La gestion du temps sera difficile et l’environnement international réservera inévitablement des surprises.
L’Asie, où se situent les principaux enjeux économiques, demeurera au centre des préoccupations.
Sur le plan militaire, le maintien de Robert Gates à son poste, pendant un certain temps, va rassurer les Républicains. « Il a obéi, il obéira ! » La réforme doctrinale est en marche. Les rapports asymétriques ont déjà été pris en compte par Gates, de même que la primauté du politique et du rapport humain sur les technologies. Il faudra attendre le Sommet de Kehl-Strasbourg, au printemps, pour savoir ce que pense Obama dans ce domaine et en ce qui concerne l’évolution de l’OTAN.
Ce sera sa première visite en Europe. On devrait alors en savoir un peu plus sur l’idée que les Américains se feront, à ce moment là, d’une politique européenne de défense et de sécurité(PESD) indépendante ou du statut quo qui maintient l’Europe dans une situation de vassal.
En attendant, ne nous faisons pas trop d’illusions, le nouveau Président privilégiera, en toutes circonstances, la prospérité américaine, et notamment son industrie de défense.
L’Amérique d’abord.
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