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samedi 31 mai 2008

En mai 1993, au Royal Mougins Golf Club.

Je me souviens de ce week-end un peu fou du mois de mai 1993. Nous avions choisi d’inaugurer notre opération du Royal Mougins Golf Club le dimanche qui, chaque année, associe le Festival de Cannes et le Grand prix de Monaco. Ron Dennis, le patron de Mac Laren, qui avait sa maison à coté du parcours de golf, nous avait invités à assister à la cinquième victoire à Monaco de son pilote, Ayrton Senna.
Ian Woosnam, le petit Gallois, qui était le numéro un mondial de golf depuis 1991, m’avait accompagné à Monaco. Pendant ce temps, ma femme accueillait Michael Douglas, l’acteur américain, venu présenter à Cannes son film « Chute libre » et lui faisait visiter ce nouveau parcours de golf sur la Côte d’Azur qui est un de mes plus beaux souvenirs professionnels.

vendredi 23 mai 2008

Le budget de la France – 1908 – 2008

Dans l’almanach Hachette de 1908, la célèbre petite encyclopédie populaire que toutes les familles possédaient, figurait, chaque année, le « camembert » des dépenses de l’Etat. Comparaison n’est pas raison, mais la tentation est grande de le regarder de près et, au moment de faire sa déclaration de revenus, de se demander : où va l’argent que nous versons au Trésor public ?
En 1908, le principal poste de dépense est celui de la guerre. La guerre de 1870 est encore dans toutes les mémoires et celle de 14-18 est dans bien des esprits. L’Etat consacre un peu plus de 30% de ses dépenses publiques, à la préparation de la guerre. Aujourd’hui, nous n’avons plus d’ennemis aux frontières, mais l’indépendance de la France, sa place au Conseil de Sécurité, la défense de ses intérêts vitaux, sa participation à la défense européenne et à de nombreuses opérations extérieures décidées par les Nations-Unies, justifient que la France consacre 10,8% de son budget à la Défense.
Le remboursement de la dette représentait 32% des dépenses en 1908 ; il représente aujourd’hui 12, 5% des dépenses.
Bien des postes n’existaient pas (l’Union européenne, les collectivités territoriales, l’écologie, le développement durable, etc..). Le travail, l’emploi, la solidarité, qui représentent aujourd’hui plus de 7% des dépenses, n’étaient pour ainsi dire pas à la charge de l’Etat et ne représentaient que 0,12% du budget. Il en était de même du logement.
L’instruction publique, qui fait tant parler d’elle aujourd’hui, ne pesait sur le budget de l’Etat que pour moins de 1%, il est aujourd’hui de 24,6%. Ce qui fait beaucoup si on le ramène à la faute d’orthographe, victime de l’inflation ! Sécurité et justice représentent aujourd’hui près de 7% des dépenses, ils n’étaient que de 0,30%.
J’arrête, cette comparaison n’a évidemment aucun sens. Encore que !

samedi 10 mai 2008

Aujourd’hui, mon père, Gilbert Desmoulin, aurait eu 100 ans

Né à Montrouge, le 10 mai 1908, Gilbert Desmoulin était un homme cultivé, modeste, tolérant et fidèle. Ingénieur de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, il avait commencé sa carrière aux Ponts et Chaussées de la ville de Blois. Pendant la guerre 39-45, dans des conditions difficiles, il avait fait preuve de courage et de ténacité dans les fonctions de directeur des services techniques de la ville de Dinan (Côte d’Armor). Passionné d’urbanisme, et diplômé de l’Institut d’Urbanisme de Paris, il était entré, en 1945, au tout jeune Ministère de la Reconstruction et affecté à Rennes. Un an plus tard, il avait été nommé Inspecteur départemental de l’Urbanisme pour la Charente.
En 1953, la direction du Ministère lui avait confié la Direction départementale de la Construction du Lot, où le poste venait d’être vacant. Fonctionnaire qualifié par sa hiérarchie « de grande valeur, faisant preuve de qualités éminentes de jugement, d’initiative et d’autorité souple », il avait exercé cette fonction qui le passionnait jusqu’en 1961, dans une région à laquelle il était resté très attaché.
La santé de sa femme s’étant dégradée, il avait quitté Cahors avec beaucoup de regrets pour prendre la direction des Services techniques de la ville de Chartres qu’il assumera jusqu’en 1966, date à laquelle il fit valoir ses droits à la retraite. Retiré à Elbeuf, il avait consacré la dernière partie de sa vie à des travaux d’expert auprès des tribunaux, à des actions éducatives et à la réflexion philosophique.
Curieux de tout, je l’ai toujours connu en état de veille permanente. Il savait se montrer critique et vigilant à l’égard de tout conditionnement de la pensée. Rationaliste, il ne croyait, et ne cherchait, que la vérité scientifique. En quête permanente de la connaissance, pour l’aider à conduire ses réflexions et ses actions avec sagesse, il avait un esprit critique qui excluait tout dénigrement. Pour atteindre ce qui était le but de sa vie, il était attentif à tout pour cueillir ce qui pouvait l’enrichir et détecter, pour l’éliminer, tout ce qui pouvait nuire, directement ou indirectement, à la vérité.
Modeste, il ne cherchait aucun honneur et pouvait donner l’impression d’être passif. Il n’en était rien, son rôle de « veilleur » nécessitait beaucoup de travail, de patience et de courage. Du plus loin que je me souvienne, je l’ai toujours vu penché sur sa table de travail, vouté, dégustant le fruit de ses recherches, traquant les fausses vérités, les fausses certitudes, les inexactitudes avec un petit sourire qui passait par dessus ses lunettes.
Fatigué par une longue vie trop souvent jalonnée d’épreuves, il s’est éteint le 8 novembre 1998, laissant à tous ceux qui l’ont connu et aimé, le souvenir d’un être exceptionnellement attachant, fraternel, aussi bien par les ressources de l’esprit que par celles du cœur. Avec tous les « petits papiers » qu’il a laissés et ses nombreux écrits, j’ai reconstitué et rédigé sa biographie. Pour célébrer le centième anniversaire de sa naissance et rendre hommage à ce père qui me manque, je consacrerai quelques billets de ce blog à quelques épisodes de son existence.

vendredi 09 mai 2008

Au Liban, la ligne rouge..

En Méditerranée, la montée aux extrêmes est le plus souvent verbale. Quand le leader chiite Hassan Nasrallah, qui a son propre réseau de communication, prévient que « la main qui veut me désarmer, même si c’est celle de mon père, je la couperai. », l’avertissement devient un encouragement à la violence, un message que les hommes de sa milice interprètent comme un ordre.
Le Hezbollah a l’apparence d’un parti qui se réclame de Dieu, mais, sous le prétexte de protéger le Liban contre Israël et les Etats-Unis, justifie la dimension militaire de son mouvement et fait croire à la population que sa seule vocation est d’assurer la sécurité de son pays. Un pouvoir faible, incapable de dénouer une crise politique et de désarmer l’armée parallèle qu’est le Hezbollah, est toujours à la merci d’un coup de force soutenu par des voisins intéressés. La Syrie et l’Iran profitent de toutes les occasions pour affirmer leur incontournable influence sur ce malheureux pays.
La longue et incertaine campagne présidentielle aux Etats-Unis et l’extrême faiblesse de la présidence Bush, offriront, jusqu’à la fin de l’année, de nombreuses opportunités à Hassan Nasrallah qui bénéficie toujours de la popularité que lui a offerte son succès relatif contre l’armée israélienne, en juillet 2006.
La majorité parlementaire peut faire toutes les propositions de négociation qu’elle voudra, elle est aux abois, terrée dans des sanctuaires, et incapable seule de désarmer le Hezbollah qui veut, au fil des mois, apparaître comme la seule Institution stable dans le pays. Chaque camp accuse l’autre d’avoir déclencher la guerre, comme dans tout déclenchement de conflit.
Que peuvent faire le Conseil de Sécurité, la Maison-Blanche, l’Union européenne ? Demander au Hezbollah de « cesser de semer le trouble », apparaît complètement décalé par rapport au langage guerrier de Hassan Nasrallah qui considère que l’Etat libanais n’est « qu’une association de malfaiteurs et de vendus » et que c’est sa milice qui constitue l’Etat. Dès la fin de son discours, retransmis par sa chaîne Al-Manar, les armes ont crépité, les miliciens cagoulés des deux camps ont commencé à se tirer dessus.
Si l’armée régulière, remarquable de cohésion jusqu’ici, devait perdre son unité, alors, la ligne rouge serait franchie et le Liban plongerait gravement dans une nouvelle guerre civile.