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lundi 27 février 2006

La sécurité énergétique

Au mois de septembre 1990, j’avais été invité par Gaz de France à visiter une plate-forme pétrolière en mer du Nord, au large de la côte Ouest de la Norvège. Après avoir visité les installations de la compagnie Statoil, à Stavanger, nous nous étions rendus à Bergen d’où partent les énormes hélicoptères russes Sikorski vers le champ de Gullfaks sur le plateau continental norvégien. J’avais retiré de cette expédition le sentiment que l’approvisionnement en gaz, comme en pétrole, allait être un enjeu de pouvoir considérable dans les années à venir. Ce n’est pas une mince affaire, dans un environnement aussi hostile avec des vents qui soufflent souvent à plus de 100km à l’heure, une mer démontée et des températures basses, que de poser un hélicoptère de cette taille sur une plate-forme en pleine mer posée à 150 m au dessus de l’eau. Les combinaisons de survie, qui doublent à peu près le poids de la personne, le bruit assourdissant des moteurs, les nombreuses tentatives du pilote qui parfois doit renoncer, donnent la mesure des conditions dans lesquelles travaillent ces hommes – et ces femmes – au large de la mer de Norvège.
Quinze ans après, nos impressions de voyage se sont traduites dans les faits : les coûts de production ont augmenté, les cours du baril aussi, la première guerre en Irak, après l’envahissement du Koweït, a été suivie d’une seconde qui n’en finit pas de se terminer et les besoins de l’Europe sont de plus en plus importants. La Norvège a des ressources naturelles considérables qui lui assurent un niveau de vie élevé et enviable. Ce pays cultive habilement son indépendance. Il n’est pas membre de l’Union européenne pas plus que de l’OPEP mais il est membre de l’OTAN qui assure sa sécurité. La politique industrielle conduite est donnée en exemple par l’Agence internationale de l’Energie. Des actions sont entreprises en permanence pour explorer davantage et atteindre une production maxima.
Cependant, les événements se précipitent. Le conflit entre l’Ukraine et la Russie sur le prix du gaz, la fusion, de toute urgence, de Gaz de France et de Suez, l’aggravation de la situation au Proche Orient, mettent en évidence la vulnérabilité de l’Union européenne dans ce domaine vital. Faute de politique commune, c’est le « chacun pour soi ». En arriver là, cinquante ans après les premières initiatives européennes ( CECA et EURATOM), qui témoignaient de la lucidité des pères fondateurs, Jean Monnet et Robert Schuman, qu’il fallait unir ses efforts pour échapper à la dépendance et au conflit, est bien regrettable. Le nucléaire a en partie atténué la dépendance énergétique mais pour le pétrole, qui a pris une importance considérable, aucune solution européenne concertée n’a pu être trouvée. Faute de diplomatie commune, les compagnies pétrolières régulent tant bien que mal l’approvisionnement et les cours, les Etats membres traitent directement avec les pays producteurs et l’Europe découvre qu’elle est vulnérable.
La grande variable, c’est la croissance économique. Les besoins de la Chine augmentent mais il ne faut pas oublier que les Etats-Unis « pompent » chaque jour 12,5 millions de barils alors que la Chine n’en est encore qu’à 2,5 millions. L’histoire du pétrole n’est pas terminée ; elle est marquée par des guerres et des millions de morts auxquels il faut ajouter le risque terroriste de plus en plus préoccupant. Enfin, en ce qui concerne la France, son taux de dépendance énergétique est d’environ 50%. En 2004, le bilan était de : 40% d’énergie nucléaire, 34% de pétrole, 15% de gaz, 7% d’énergie renouvelables et 5% de charbon. Notre pays est un grand importateur de pétrole ; le second en Europe après l’Allemagne. Le gaz naturel a doublé en trente ans et l’électricité nucléaire a été multipliée par vingt. La mer du Nord est devenue notre première zone d’approvisionnement, ce qui est récent, et la Russie monte en puissance pour des raisons de diversification.
Les Français découvrent que la guerre de l’énergie ne se déroule pas seulement au Proche Orient mais sur l’ensemble de la planète.

mardi 21 février 2006

Sur la jeunesse…

Tout a été dit, ou presque, sur l’âge du juge Burgaud, sur son inexpérience, sur sa fragilité, sur le ton cassant qu’il employait face aux « suspects-acquittés », sur son manque d’humanité. C’est vite dit. Felix Gaillard avait été nommé ministre à 32 ans et Président du conseil sous la IVème République à 38 ans ; Laurent Fabius, ministre à 35 ans et Premier ministre sous la Vème à 38 ans. A cet âge, de grands hommes ont fait de grandes choses. Que les jeunes se rassurent, l’âge n’est donc pas en soi un problème. J’habite à Paris, rue Desaix ; une petite rue peu connue entre l’avenue de Suffren et le boulevard de Grenelle. Le Journal officiel est édité dans cette rue mais personne ne sait – ou presque – qui était ce Desaix que chacun prononce d’ailleurs à sa façon : desaixe, dessaix etc…
Il était né en 1768. Sous-lieutenant à 15 ans, il se distingue pendant les guerres de la Révolution. « Guerrier sans peur et sans reproche », il est aimé de ses soldats ; bon tacticien, il repousse à plusieurs reprises les Autrichiens et les Prussiens auxquels il est confronté. Présenté à Bonaparte en 1797, ils deviennent très amis. Il participe à la campagne d’Egypte et se voit confier la conquête de la Haute-Egypte. Ses succès lui valent le titre de « Sultan juste » que lui confèrent ses vaincus. La vaillance, la sagesse et l’équité de ce jeune général sont reconnues. Il a une hauteur d’esprit, un appétit de découverte que les préoccupations militaires n’étouffent pas. Il aime les hommes, vainqueurs comme vaincus.
Le retour d’Egypte est difficile mais c’est en véritable amiral que sa flotte mouille à Toulon le 5 mai 1800. Pendant la quarantaine, il écrit au premier Consul : « Ordonnez-moi de vous rejoindre, général ou soldat, peu m’importe, pourvu que je combatte à côté de vous. Un jour sans servir la patrie est un jour retranché de ma vie. » Le 14 juin 1800, à 32 ans, il se voit confier le commandement de deux divisions à la bataille de Marengo. Pendant la charge, à la tête de son 9ème de ligne, il est touché par une balle en plein cœur et meurt dans les bras du colonel Lebrun à qui il aurait dit : « Allez dire au premier Consul que je meurs avec le regret de ne pas avoir assez fait pour vivre dans la postérité. » Bonaparte, après la victoire, aurait eu ces mots à son sujet : « De tous les généraux que j’ai eus sous moi, Desaix et Kleber ont été ceux qui avaient le plus de talents ; surtout Desaix ; Kléber n’aimait la gloire qu’autant qu’elle lui procurait des richesses ; Desaix ne rêvait que la guerre et la gloire ; les richesses et les plaisirs n’étaient rien pour lui… »
Ceux qui empruntent la rue Desaix comprendront mieux maintenant pourquoi ce soldat n’a eu qu’une petite rue et non une des célèbres avenues des Maréchaux !

dimanche 19 février 2006

Choc ou destin des civilisations

Je ne sais pas si le Président de la République est parti « vers l’Orient compliqué avec des idées simples », mais il va peut être rentrer avec l’impression que l’Europe commence à connaître une décadence plus ou moins analogue à celle que subit l’empire romain. Ce constat, difficile à admettre, est nié par les bien-pensants qui considèrent que l’Europe est par nature le centre du monde, le guide de l’humanité et qu’il est normal que le niveau de vie de l’Européen soit supérieur à celui d’un noir ou d’un jaune. Il est impensable que la culture d’origine méditerranéenne de l’Europe puisse être supplantée par d’autres valeurs.
Est-ce vraiment l’Europe qui a donné au monde sa civilisation moderne, qui a été le maître d’école de l’humanité ; bref, qui a tout inventé. C’est en partie vrai, mais depuis peu de temps, depuis le XIIIème siècle seulement. Les civilisations égyptienne, mésopotamienne, orientale, existaient depuis des millénaires. Quand nous ignorions encore le fer et le bronze, les Egyptiens connaissaient le calendrier, les Sumériens fabriquaient des bijoux en or. Il y a cinquante siècles, il y avait déjà trois grandes civilisations en Inde, au Proche Orient et en Chine. Elles avaient construit des temples qui nécessitaient des connaissances géométriques avancées, inventé la roue qui n’arriva en Europe que deux mille ans plus tard, imaginé l’alphabet, 15 siècles avant notre ère. Avant que les « barbares » effacent ces civilisations, l’Inde, la Mésopotamie, l’Egypte, l’Asie mineure, éclairaient le monde. Les invasions, accompagnées d’amoncellements de cadavres, de villes brûlées, de femmes violées, ont effectivement effacé tout ce qui était civilisé et anéanti des races évoluées mais épuisées et décadentes. Ce sont donc ces « barbares » qui par un choc de civilisation donnèrent naissance à l’Europe et à la science. De ce raz de marée, du mélange des races, naquit un peuple nouveau. Les Grecs et leur rationalité, leur sens critique. Quand Thalès et Pythagore apparurent, l’usage du fer commençait seulement dans nos régions et Rome existait à peine. Il a fallu attendre la fin des temps médiévaux pour que l’Europe cesse d’être aux mains des sorciers, des fanatiques religieux.
Qui étaient alors les « barbares » ?
Tout ce qu’on attribue aujourd’hui à l’Europe occidentale dans le domaine scientifique et technique n’était ni européen, ni occidental, ni latin…Quand de nobles chevaliers européens, mobilisés pour les Croisades, pillaient, détruisaient, et que l’empire romain d’Occident s’écroulait, Byzance préservait les traditions gréco-romaines et protégeait les trésors helléniques. Dans le même temps, des civilisations éclairaient le monde. Le monde musulman, de Grenade à Delhi nous apporta les chiffres dits arabes et la notation décimale. C’est dans les universités de Cordoue, Bagdad, Damas, que furent faites les principales découvertes en matière d’astronomie, de forage des mines, d’algèbre, de trigonométrie, de médecine, de chimie. De Chine, par l’intermédiaire des Arabes, nous arriva le papier, la poudre à canon, le gouvernail, le compas. Les Vikings et leurs procédés de construction navale. Les Turcs, qui font si peur aujourd’hui, prirent leur part dans le domaine artistique et littéraire. La visite de Samarkande est à cet égard instructive. Ce n’est qu’au Moyen Age que les nombreuses découvertes nous parvinrent.
Il n’est pas dans nos traditions de remettre ainsi de l’ordre dans nos connaissances sur l’évolution des civilisations. Il est plus simple de considérer que seule l’Europe occidentale latine a civilisé le reste de l’humanité et que nos valeurs sont universelles. Il est vrai que par la suite, le courant Est-Ouest se ralentit. Pendant plusieurs siècles, l’Asie plongea dans un sommeil profond. Sans doute assistons-nous à une nouvelle inversion du courant, au début d’une ère nouvelle. Même la construction européenne, un modèle - sui generis - qui a fait l’admiration du monde, semble être entrée dans une phase d’essoufflement.
La compétition pour la suprématie dans le monde est permanente.
C’est le destin des civilisations.

vendredi 17 février 2006

Si vis pacem, para bellum

La génération qui arrive au pouvoir ne s’intéresse pas aux questions de défense et de sécurité. Pourtant, elle n’échappera sans doute pas à la guerre. L’opinion publique le pressent. Le terrorisme islamiste, les richesses occidentales convoitées, le différentiel démographique, sont autant de menaces à plus ou moins longue échéance pour nos intérêts vitaux. C’est nouveau ; avant le 11 septembre, proférer de telles énormités étaient la spécialité des Cassandre, des prophètes de malheur. Au lendemain de la chute du communisme, les Français, mais aussi la majorité des Européens, étaient convaincus que toute menace avait disparu pour toujours du théâtre européen. Une sorte de pacifisme généralisé s’était installée au bénéfice du commerce, de la consommation, des loisirs. L’Europe était en train de devenir une grande Suisse. Pour la plupart des individus, il n’y avait plus que le présent qui comptait. Ils s’étaient petit à petit convaincus que la guerre ne les concernait plus puisqu’ils n’avaient plus d’ennemis et que l’Europe n’était plus un enjeu comme au temps où ceux qui tenaient l’Europe, tenaient le monde. L’Europe a donc baissé la garde.
Après le 11 septembre, le monde a changé. Les Etats-Unis, devenus la seule hyper-puissance, ont été touchés comme ils ne l’avaient jamais été. Plus la mondialisation de l’information, des échanges, (biens et services) progresse, plus les protestations identitaires, nationalistes et religieuses augmentent. Si le terrorisme islamiste n’est pas parvenu à déstabiliser le monde occidental, il a cependant réussi à créer une psychose, des incertitudes, des menaces. Les dépenses militaires dans le monde, notamment aux USA, en Asie, en Extrême-Orient, ont augmenté considérablement. Elles sont estimées à 1000 milliards de dollars par an. L’Europe de la défense est un projet mais ce n’est pas encore une réalité. De nombreux pays membres de l’Union européenne ne veulent pas que l’Europe soit une puissance et encore moins une puissance militaire. Ils considèrent que les Etats-Unis assurent leur sécurité et que c'est bien comme çà. Ils ont tort d‘entretenir cette illusion et de se rassurer à bon compte. Ils sous-estiment l’évolution stratégique de la Chine et l’inévitable implication de l’Europe dans le processus de stabilisation du Proche orient. Si les Européens veulent conserver leur mode de vie, ils doivent prendre un certain nombre de dispositions pour se protéger et sortir de ce mélange de catastrophisme et d’excès de confiance qui les caractérise. En France, le consensus sur la défense intérieure et extérieure, dont nous sommes si fiers, est peu à peu devenu une illusion. A gauche comme à droite, on évite le sujet alors que la doctrine a profondément changé. La participation à des opérations extérieures, la lutte contre le terrorisme, la défense de l’Europe, ont remplacé la doctrine d'indépendance de la France que le général de Gaulle avait fait accepter par le pays. La vérité aujourd’hui, c’est que l’Europe n’est pas capable de protéger ses intérêts vitaux. Faute de débat démocratique, cette absence de doctrine claire et précise pourrait avoir de graves conséquences. Une nouvelle fois dans l’Histoire, le risque est de se réveiller trop tard.
J’aborde ce grave sujet au moment où Anna Marly vient de nous quitter à l’âge de 88 ans. Elle était moins connue que Joseph Kessel et Maurice Druon. Pourtant c’est cette chanteuse d’origine russe qui avait composé en 1942 la musique du « Chant des partisans ». Le général de Gaulle avait écrit « qu’elle fit de son talent une arme pour la France ». Transmis de bouche à oreille, sifflé en indicatif chaque jour à la BBC, le « Chant des partisans » devint l’hymne de la résistance avant de devenir le deuxième hymne de la France. Pour que, dans un monde dangereux, la mémoire serve à quelque chose, rendons-lui hommage en faisant en sorte que ces paroles et sa musique demeurent inoubliables.

Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?

Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.

Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !

Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.

Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !

Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.

La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.

Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.

Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.

Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.

Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.

Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

lundi 13 février 2006

Un samedi au Stade de France

Un match de rugby dure quatre-vingts minutes. Pour l’avoir oublié, le XV de France a été à deux doigts de gâcher un après-midi qui avait pourtant bien commencé. La côte de bœuf saignante et le Médoc, consommés entre amis au Royal-Villiers, avaient été joyeux. Nous occupions la table de Robert Paparemborde, ce qui, dans le monde du rugby, équivaut à s’asseoir à la table de Guillaume Apollinaire à la Closerie des Lilas. A la table voisine, un ancien international accueillait ses amis par des : « Putain-con » qui sentaient plus le cassoulet de Castelnaudary que l’air de la Porte Champerret.
Au Stade de France, érigé au rang de cathédrale du sport depuis le 12 juillet 1998, jour de la finale du Mundial de football gagnée par la France, les bérets basques et les écharpes tricolores l’avaient déjà emporté sur les chapeaux verts de carnaval que les Irlandais s’acharnent à arborer une année sur deux quand ils viennent à Paris. Il faisait frais mais beau. Un temps idéal pour jouer au rugby. Humiliés en Ecosse, le samedi précédent, les « presque-champions du monde » ont commencé la partie comme à la parade. Les points s’additionnés d’autant plus vite que les Irlandais, très joueurs, attaquaient sans cesse mais perdaient souvent le ballon et donnaient l’occasion aux Français de briller par leurs interceptions et leurs longues passes qui réjouissaient le public. A 40 à 3 pour la France, mon voisin, un peu gêné, me dit : « Les Irlandais vont en prendre une valise ! » Il exprimait ce que tout le monde pensait, mais le rugby est un jeu et le ballon est ovale. C’était mal connaître les Irlandais….et les Français. A force de rendre le ballon aux Irlandais sur des coups de pied qui n’arrivaient pas en touche, le match a basculé. Soutenus par les chants de leurs supporters, les Irlandais, qui sentaient depuis le début que le score ne reflétait pas la physionomie de la partie, ont continué à produire du jeu et du beau jeu. Les Français épuisés physiquement, incapables de gérer leur avance au score, ont alors encaissé quatre essais en quinze minutes. C’est çà aussi le rugby !
Bernard Laporte, le sélectionneur français, ivre de colère à la fin du match, s’en prenait au public parisien qui ne comprend rien à ce sport et qui n’aurait jamais dû siffler la sortie du demi d’ouverture français. Il a raison, ce n’est pas Fréderic Michalak qui fallait siffler mais Bernard Laporte qui aurait dû prendre plus tôt la décision de le remplacer par un joueur frais. A la sortie du Stade, les commentaires de « ces bourgeois de parisiens qui ne connaissent rien au rugby » étaient sévères à l’égard du sélectionneur. Nous étions pressés de revoir le match à la télévision pour tenter de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Sur place, nous avions vu plus d’esprit dans les jambes irlandaises que dans les têtes de nos jeunes français supposés faire rayonner le génie du rugby.