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Le directeur du Festival du Cinéma Américain de Deauville, Bruno Barde, confie, dans l’éditorial du programme de la 44éme édition du Festival qui a débuté le 31 août, que c’est après avoir vu « Les Frères Sisters » que l’idée lui est venue de créer et de remettre au film de Jacques Audiard le Prix du 44ème Festival du Cinéma Américain. Ce film lui a laissé, écrit-il, l’empreinte d’une grammaire cinématographique rarement égalée, d’une intelligence de filmage et ainsi la trace des grands prédécesseurs de Jacques Audiard dans la mise en scène : John Ford, Howard Hawks, mais aussi Orson Welles […] Jacques Audiard invite le spectateur à prendre le temps du temps faisant surgir un hapax de magnificence. Une œuvre qui porte l’espoir d’un monde meilleur, d’une résipiscence possible.

Ce film est un succès. Il a été très applaudi. Toute l’équipe devrait être récompensée. Elle le sera peut-être, en fin de semaine, à la Mostra de Venise où le film est en compétition.

« Les Frères Sisters » (“Sisters Brothers“) n’est pas un film américain, c’est un long-métrage français tourné en langue anglaise. Il n’est pas en compétition à Deauville. Il a été présenté en avant-première le mardi 4 septembre.

« We are the Sisters brothers ». Dès le début du film, ce cri en forme d’avertissement, après une scène de violence sur fond de maison en flammes dans la nuit noire, met le spectateur en condition ! Le film raconte l’histoire de Charlie (Joaquin Phoenix) et Eli Sisters (John C. Reilly), deux tueurs. Charlie, tue pour tuer. Eli est un sentimental, un rêveur qui aspire à une autre vie.

Leur commanditaire, leur chef, le Comodore, leur confie la mission de rechercher un homme qui répond au nom d’Hermann Kermit Warm et de le tuer. Situation banale pour des tueurs ! Dans l’Ouest américain, en 1851, c’est la ruée vers l’or. De l’Orégon à la Californie la poursuite se transforme en voyage initiatique. Un long voyage qui met à l’épreuve la relation fraternelle entre les deux frères.

Eli et Charlie Sisters, sont très différents. Eli se sent dominé par son frère, il tente en permanence de freiner les ardeurs de son frère. Charlie, lui, est un alcoolique notoire, à la gâchette facile. Jacques Audiard tire profit de cette opposition de caractère pour alterner les comportements de rustres et l’expression d’un certain idéalisme. Quand apparaissent le détective Morris (Jake Gyllenhaal) et le chercheur d’or Herman Kermit Warm, l’homme de loi chargé de surveiller le chimiste pour le compte du Commodore, le spectateur est entraîné dans une autre direction où l’optimisme et l’utopie donnent à ce film toute son originalité.

L’acteur Joaquin Phoenix (Charlie) et Jacques Audiard

Dans son discours de remerciement, Jacques Audiard a expliqué qu’il n’a pas cherché à faire un western dans la tradition hollywoodienne. “Je ne suis pas un connaisseur des westerns, j’aime les westerns dont j’ai été le contemporain, dans les années 1970, comme “Little Big Man” ou “Missouri Brakes”. “Dans le western, il y a une très grande présence du paysage, toute une mythologie qui n’est pas la mienne en tant qu’Européen. Ce qui nous intéressait, en revanche, c’est de trouver quoi faire de la violence des pères fondateurs“.

Sur le tapis rouge, à l’entrée du CID, Jacques Audiard s’est attardé, souriant, heureux d’être à Deauville où, enfant, il faisait du poney pendant que son père travaillait sur ses scénarios.

Dans la période brutale, violente, que traverse l’Amérique aujourd’hui, ce film apporte un souffle d’air un peu plus frais qui vient de France, d’un réalisateur français. « Certes il y a de la violence, mais il est surtout question d’amour et d’affection dans mon film, ou plus exactement de fraternité, qui est une forme d’amour“, explique Jacques Audiard.

La remise du Prix par Sandrine Kiberlain

Les deux tueurs ont en commun la volonté de se libérer d’une histoire familiale qui les obsède. Ce n’est pas si facile. Ce n’est pas seulement une question de volonté. C’est affaire de circonstances. La rencontre d’Hermann Kermit Warm et Morris, utopistes, qui ont décidé de s’associer pour créer une communauté sociale, pour ne pas dire socialiste, et de deux tueurs à gages sales, qui ne savent même pas qu’il faut de temps en temps se laver les dents, est aussi décisive que surprenante. La découverte de San Francisco, à l’issue de ce long périple, est un grand moment de cinéma.

Les frères Sisters

Jacques Audiard nous offre un conte qui commence dans une extrême violence et se termine dans les bras d’une mère qui a du mal à croire à la rédemption de ces deux fils qui ont mal tourné. Ce n’est pas un western, c’est un conte, un cheminement philosophique avec tout ce qu’il comporte de fulgurances, d’humanisme, et même de scènes très drôles. La fin d’Hermann Kermit Warm, brûlé par le produit de ses recherches, surprend le spectateur dans sa réflexion sur la morale du film. Les images, souvent magnifiques, et la musique, très belle, d’Alexandre Desplat, accompagnent cet itinéraire de deux enfants perdus dans l’Ouest américain.

Comment ne pas avoir une pensée pour « L’homme qui tua Liberty Valance », à John Wayne, le conservateur, à James Stewart, le progressiste. Mais aussi à la fable du loup et du chien…

C’est un bon film que j’ai beaucoup aimé.

« Les Frères Sisters » de Jacques Audiard, en salles le 19 septembre.

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