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Le chef de l’Etat a un devoir d’optimisme. A la tête d’un pays particulièrement pessimiste, il a l’obligation de se comporter et de communiquer comme le font les grands chefs d’entreprises qui mobilisent les énergies et motivent leurs personnels avec un seul but à l’esprit, atteindre les objectifs qui ont été fixés. Ce n’est pas du déni de réalité, comme l’affirment sottement un certain nombre de dirigeants de l’opposition, qui ne se rendent pas compte qu’en agissant de la sorte, ils affaiblissent leur pays sans pour autant crédibiliser leur image. Ce n’est pas une vulgaire méthode de management apprise dans les grandes écoles, c’est une obligation que connaissent particulièrement bien les dirigeants sportifs. C’est même la condition nécessaire, sinon suffisante, du succès.

Il n’est pas possible de se motiver, de se dépasser, si des objectifs élevés, mais raisonnablement évalués, n’ont pas été fixés et ne sont pas partagés par toute la communauté. Pour un pays, entrainer toute une population, dans sa diversité, vers un même objectif, n’est pas chose facile en raison de la complexité des problèmes et de la difficulté, dans un Etat démocratique, à expliquer en termes compréhensibles par le plus grand nombre, le chemin emprunté pour avoir une chance d’atteindre, ou au moins d’approcher, le but fixé.

Le chef de l'Etat le 14 juillet dernier

Le chef de l’Etat le 14 juillet dernier

Le pessimisme des Français, contrairement à ce que pense, et dit, le président de la République, n’est pas lié principalement à la crainte du déclin, à la crainte que la France ne soit plus le grand pays qu’il a été et qu’il est toujours. Les Français aiment leur pays, ils sont fiers d’être Français, mais c’est leur situation personnelle, la crainte de perdre leur emploi, leur avenir, celui de leurs enfants, qui les préoccupent au plus haut point. Un pays dans lequel « plus de la moitié des revenus liés au travail est  prélevé au titre des impôts et taxes» ne peut être que pessimiste ! Le cabinet Ernst et Young et l’Institut économique Molinari ont calculé récemment que le salarié moyen français travaille, chaque année,  jusqu’au 26 juillet pour financer les dépenses publiques. Ce jour est ce qu’ils appellent « le jour de libération fiscale ». Parmi les pays de l’UE, seule la Belgique a un taux de prélèvements obligatoires supérieur.

L’anthropologue Samuel Lézé, estime que « 40% des Français ont une formation qui n’a rien à voir avec leur profession » et que de ce fait, « le travail n’est plus un vecteur d’émancipation mais un moyen de subsistance ». L’angoisse, l’anxiété, cette maladie qui fait de la France le pays le plus pessimiste du monde, sont le résultat d’une société bloquée, sclérosée, depuis trop longtemps. De quoi parlent les Français, quand ils se rencontrent ? De la crise, d’une crise qui, pour l’instant, ne touche pourtant qu’une partie d’entre eux. Ils « anticipent  le fait que ça ira mal » expliquent les spécialistes.  Ceux qui ont un emploi ont peur de le perdre et, si celui-ci ne les satisfait pas, hésitent à en changer de peur de perdre une ancienneté, des avantages acquis. De trop nombreux Français ont peur de ne pas vieillir dans des conditions dignes (47 %),  de ne plus pouvoir, dans l’avenir,  se soigner convenablement (25 %) et de ne pas avoir de retraite, de perdre leur logement. De là à penser qu’un grand nombre de Français crient avant d’avoir mal, il n’y a pas un grand pas à franchir. « Heureux comme Dieu en France », expression naguère employée par les Juifs d’Allemagne et d’Europe de l’Est, parce que, selon l’exégèse de Saul Bellow, il n’y serait pas dérangé par les prières, rites et bénédictions de toutes sortes. L’expression n’a pas pris une ride. C’est parce que le peuple français est le plus heureux du monde, qu’il est le plus pessimiste. Les Français ne peuvent se faire à l’idée qu’ils pourraient perdre leur qualité de vie. Comment remédier à cet état de fait ? Comment gérer cette angoisse?

Le chef de l’Etat pense que seule la perspective d’une reprise significative est de nature à changer les comportements, à stimuler  la consommation, à rendre le besoin d’épargner moins impérieux ; en un mot, à redonner le moral aux Français. C’est la raison pour laquelle il prend le risque (un risque calculé) d’affirmer que « la reprise est là ». Il sait, mieux que personne, que nos concitoyens sont prêts à faire des efforts à condition que ceux-ci soient justement répartis. Pour que les Français ne baissent pas les bras, et se battent comme des Britanniques, il faut que le redressement soit crédible, que la perspective d’une sortie de crise apparaisse prochaine, probable, sinon certaine.

Ce n’est pas encore le cas. François Hollande cherche donc à forcer le destin. Incorrigible optimiste, mais trop technocrate aux yeux de certains, il explique, fait de la pédagogie, mais il supporte mal la comparaison avec les « bonimenteurs professionnels » qui  ont trop  souvent été suivis les yeux fermés par le peuple français. Ceux qui théorisent les solutions simples, qui paraissent des évidences, comme le repli sur soi, la sortie de l’euro, le protectionnisme, le niveau de l’immigration, la peur de l’étranger, ont plus de succès, comme les sondages le montrent. Ce sont eux pourtant qui plombent la France et l’empêcheront peut être de sortir de la crise le moment venu.

L’optimisme est un devoir pour le président de la République, mais c’est aussi un devoir pour tous les Français.

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