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Tous les quatre ans, je consacre un ou deux articles aux Jeux olympiques. La passion du sport, qui m’habite depuis mon plus jeune âge, en est la principale explication, mais les Jeux sont aussi un miroir dans lequel l’image de la France est intéressante à observer. Candidate aux Jeux de 2024, la France, dans cet esprit, soigne son image. La maire de Paris, Anne Hidalgo, disait, quelques jours avant le début des compétitions que  » La plus belle des cartes de visite pour Paris 2024, ce sont les performances de nos athlètes à Rio 2016 « . Malheureusement, les premiers jours n’ont été, pour la délégation française, qu’une succession de déceptions.Faizant 1960

Ce n’est pas la première fois que les Jeux commencent mal pour notre pays. En 1960, aux Jeux Olympiques de Rome, la France n’obtint que cinq médailles et ne se classa qu’à la 25ème place dans la liste des nations participantes. Le journal L’Equipe titrait « La déchéance de la France ». Certains membres du gouvernement n’eurent pas de mots assez durs quand ils parlaient des dirigeants du sport français. Des parlementaires qualifièrent les performances de nos représentants « d’indignes de notre pays ». Un député de Paris dénonça « le coup porté au prestige de la France ». L’affaire, pourtant purement sportive, devint politique. La patrie était en danger ! Le dessinateur Jacques Faizant résuma la situation dans un dessin resté célèbre qui représentait le général de Gaulle en survêtement, en baskets, avec son sac de sport, disant : « Dans ce pays, si je ne fais pas tout moi-même ! »

Notre pays ne sait pas perdre sans dramatiser et « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Il faut dire que la déception des premiers jours de compétitions est à la mesure des espérances. Denis Masseglia, le président du Comité olympique français, avait fixé l’objectif à 40 médailles, c’est-à-dire le nombre de médailles obtenues à Pékin. Nous en avions obtenu 35 à Londres. Le président du CNOSF est obligé de reconnaitre qu’  » il y a des contre-performances, c’est vrai, et pour l’instant on n’a pas d’heureuse surprise qui compense, mais, « aux Jeux, en général, tout se compense sur la durée »!

Jérémie Azou et Pierre Houin médaille d'or à l'aviron

Jérémie Azou et Pierre Houin médaille d’or à l’aviron

Il a, en effet, fallu attendre le relais 4 ×  100  m, en natation, quatre jours après le début des Jeux, pour ouvrir le compteur de médailles, et avoir une première médaille d’or à l’équitation, en concours complet.  Heureusement, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Nous avions ce matin 11 médailles (2 en or, 4 en argent et 5 en bronze) et nous occupions la 11e place au classement par pays. Pas de panique, même si la frustration est grande et les déceptions nombreuses. C’est souvent la manière qui déçoit, le comportement. Les raclées prises, dès le début, par les basketteurs et volleyeurs, avaient de quoi inquiéter. Ils se sont bien repris depuis. La double fracture tibia-péroné – du gymnaste Samir Aït-Saïd, a ému le monde entier. Son attitude, après l’opération, a donné une excellente image de l’état d’esprit des sportifs français. Malheureusement, des polémiques sont apparues au tennis et en natation. Il faut savoir perdre et prendre exemple sur Novak Djokovic plutôt que sur le Français Benoit Paire qui s’est couvert de ridicule en perdant ses nerfs. A Wimbledon, en sortant des vestiaires, il a pourtant pu lire, comme tous les autres joueurs, écrit en gros caractères : “ If you can meet with triumph and disaster and treat those two impostors just the same”- . La meilleure traduction a été donnée en 1918 par André Maurois : « Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite et recevoir ces deux menteurs d’un même front… ».

A judo aussi, ça a tangué. La DTN a rapidement mis les choses au point : « « Le judo est un art martial avec des règles, des codes, avec un arbitre. Si vous voulez faire un sport où il n’y a pas d’arbitre, vous allez faire du jokari sur la plage. Si vous voulez faire de la compétition, vous acceptez les règles. Les Français, depuis le début de la compétition, sont les seuls ici sur les tatamis à contester les décisions de l’arbitrage. »

Teddy Riner

Teddy Riner

C’est aussi ça le sport. Même si, par moments, l’esprit du sport et la devise de Pierre de Frédy, baron de Coubertin, semblent disparaitre. Le rénovateur des Jeux Olympiques le craignait : « Le sport, c’est la liberté de l’excès« , disait-il. Le dopage, le profit, la violence, toutes les perversions de la recherche de la performance ne peuvent que se poursuivre et s’accélérer. La concurrence et le progrès des sciences et techniques induisent cette logique de la compétition, il ne peut en être autrement. Le sport tel que nous le connaissons, est le témoin permanent de la société dans laquelle nous vivons. Les rivalités de puissances, la compétition économique mondiale, les progrès de l’innovation et de la recherche, ont avec les Jeux Olympiques, leur rendez-vous tous les quatre ans. La globalisation tente de trouver dans ce rendez-vous, la vitrine la plus noble et la plus vertueuse de l’économie de marché.

La charte olympique rappelle, tous les quatre ans, que « L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant, en un ensemble équilibré, les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels ; Que le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme, en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine ; Que la pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play ; Que toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec l’appartenance au Mouvement olympique. »

Ce texte peut faire sourire.  La trêve décrétée pour « édifier un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse du globe par le sport, pratiqué sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, ce qui requiert l’entente mutuelle favorisée par l’amitié, la solidarité et le fair-play. », aussi, mais ne nous y trompons pas, les occasions ne sont pas si nombreuses de faire une pause salutaire.

Au moment où je publie cet article, les Français Pierre Houin et Jérémie Azou viennent de décrocher la médaille d’or en aviron au deux de couple poids léger et Teddy Riner , notre porte drapeau, vient d’accéder à la demie finale des plus de 100 kg au judo.

Il ne faut donc pas désespérer des Français.

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