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	<title>Le Blog-Notes de Michel Desmoulin</title>
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		<title>La France est en apesanteur</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 09:37:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le 6 mai à 20heures, la France est en apesanteur. Les problèmes de politique intérieure, comme ceux qui concernent l’Europe et les relations internationales, sont priés d’attendre la passation de pouvoirs le 15 mai. Certes, le nouveau chef de l’Etat consulte, rencontre les grands de ce monde ou leurs représentants, réfléchit, écoute, rassure, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Depuis le 6 mai à 20heures, la France est en apesanteur. Les problèmes de politique intérieure, comme ceux qui concernent l’Europe et les relations internationales, sont priés d’attendre la passation de pouvoirs le 15 mai.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, le nouveau chef de l’Etat consulte, rencontre les grands de ce monde ou leurs représentants, réfléchit, écoute, rassure, mais le pays en en standby. C’est ainsi que la journée de l’Europe est passée à peu près inaperçue. Il faut dire que les Français se sont petit à petit détachés de cette grande et belle idée que Robert Schumann avait si bien décrite le 9 mai 1950. Sa déclaration liminaire était limpide et pleine de promesses :</p>
<p style="text-align: justify;">« Messieurs, Il n&#8217;est plus question de vaines paroles, mais d&#8217;un acte, d&#8217;un acte hardi, d&#8217;un acte constructif. La France a agi et les conséquences de son action peuvent être immenses. Nous espérons qu&#8217;elles le seront. Elle a agi essentiellement pour la paix. Pour que la paix puisse vraiment courir sa chance, il faut, d&#8217;abord, qu&#8217;il y ait une Europe. Cinq ans, presque jour pour jour, après la capitulation sans conditions de l&#8217;Allemagne, la France accomplit le premier acte décisif de la construction européenne et y associe l&#8217;Allemagne. Les conditions européennes doivent s&#8217;en trouver entièrement transformées. Cette transformation rendra possibles d&#8217;autres actions communes impossibles jusqu&#8217;à ce jour. L&#8217;Europe naîtra de tout cela, une Europe solidement unie et fortement charpentée. Une Europe où le niveau de vie s&#8217;élèvera grâce au groupement des productions et à l&#8217;extension des marchés qui provoqueront l&#8217;abaissement des prix. Une Europe où la Ruhr, la Sarre et les bassins français travailleront de concert et feront profiter de leur travail pacifique, suivi par des observateurs des Nations Unies, tous les Européens, sans distinction qu&#8217;ils soient de l&#8217;Est ou de l&#8217;Ouest, et tous les territoires, notamment l&#8217;Afrique qui attendent du Vieux Continent leur développement et leur prospérité ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/05/plantu.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-505" title="plantu" src="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/05/plantu-286x300.jpg" alt="" width="286" height="300" /></a>Soixante deux ans après, l’Europe est dans l’impasse. Si le nouveau couple franco-allemand n’est pas en mesure de trouver rapidement un accord sur les initiatives à prendre pour sortir l’Europe et l’euro de la zone de tous les dangers, les peuples concernés ne resteront pas inactifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Une cure d&#8217;austérité drastique ne semble pas être la solution. Un grand emprunt, comme le préconise le banquier Mathieu Pigasse, pourrait-il rétablir la confiance ? Il augmenterait la dette et quel usage en serait fait ? Le président de la Banque centrale européenne, quant à lui, se demande ce que les banques ont fait des 1000 milliards d&#8217;euros avancés par la BCE au mois de décembre dernier. Ils étaient destinés à relancer l’économie et non à dormir ou à fabriquer des produits financiers. Il est vrai que les banquiers sont tétanisés à l’idée de prêter ou de se prêter de l’argent. Le libéralisme trouve là encore ses limites.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mémorandum que présentera François Hollande aux chefs d&#8217;Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, le 23 mai prochain, est encore confidentiel. Une initiative de croissance doit y tenir une place importante. Le sujet était tabou il y a quelques mois. Il ne l’est plus, c’est certainement la principale valeur ajoutée du nouveau chef de l’Etat français, avant même sa prise de fonction. Son volontarisme dans ce domaine a très vite trouvé des oreilles attentives et les opinions se sont exprimées. Monétiser la dette est une ligne rouge pour Angela Merkel. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose. Donner les moyens à la Banque européenne d&#8217;investissement de jouer un rôle beaucoup plus important est une bonne idée, mais pour fabriquer quelle croissance ?</p>
<p style="text-align: justify;">Mme Merkel sait parfaitement qu’en Allemagne aussi des voix s’élèvent pour que l’austérité soit compensée par des mesures de croissance et de lutte contre le chômage. Si le malade devait mourir guéri, la chancelière ne laisserait pas dans l’histoire la place à laquelle elle aspire. En revanche, si François Hollande réussissait à infléchir la politique engagée, si l’Allemagne consentait à réorienter sa politique économique et si la croissance repartait, le déroulement de son quinquennat à haut risque en serait facilité.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour finir, je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne un des meilleurs dessins de Plantu en mai 81</p>
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		<title>« Les difficultés, c’est maintenant ! »</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 09:27:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[ Invité par Michel Denizot, sur Canal+, à imaginer la « Une » du Figaro le 7 mai, si la présidentielle lui était favorable, François Hollande avait «écrit : « Les difficultés, c’est maintenant ! » paraphrasant la confidence de Léon Blum en 1936 : « Enfin, les difficultés commencent ! » Le nouveau chef de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"> Invité par Michel Denizot, sur Canal+, à imaginer la « Une » du Figaro le 7 mai, si la présidentielle lui était favorable, François Hollande avait «écrit : « Les difficultés, c’est maintenant ! » paraphrasant la confidence de Léon Blum en 1936 : « Enfin, les difficultés commencent ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Le nouveau chef de l’Etat sait mieux que personne ce que vont être les épreuves qui l’attendent. Il sait parfaitement qu’il n’y aura pas d’ « état de grâce ». Madame Merkel, Monsieur Obama, les marchés financiers, les agences de notation, vont exiger que la France retrouve rapidement le sens des réalités. Gérer à la fois les espérances des Français et la pression internationale ne sera pas de tout repos.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une ultime déclaration, très digne, humaine et républicaine, unanimement saluée, Nicolas Sarkozy a souhaité bonne chance à François Hollande. Contrastant avec le ton qui était le sien pendant la campagne, cette déclaration, qui met un terme à sa carrière politique, a probablement suscité bien des regrets et des remords chez ceux qui, en définitive, avaient renoncé à le soutenir et à l’aider comme il l’avait demandé à la fin de chaque discours. Sa pratique du pouvoir, son inlassable énergie, ses excès aussi, auront finalement fasciné autant qu’agacé.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/05/Hollande.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-500" title="Hollande" src="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/05/Hollande-300x203.jpg" alt="" width="300" height="203" /></a>Le pays, fatigué, a préféré un homme compétent, mais modeste, rassembleur, mais pugnace et cohérent, souriant, juste et mesuré, dans l’espoir de traverser avec lui, plus paisiblement, la grave crise qui est encore devant nous. Les Français ne doivent pas se faire trop d’illusions, le programme du nouveau chef de l’Etat, n’a pas pour but de « changer la vie », mais de faire en sorte qu’ils aient le sentiment que les efforts nécessaires seront équitablement partagés.</p>
<p style="text-align: justify;">Restaurer et maintenir la confiance, devront être le souci constant de François Hollande. Héritier de Jacques Delors, de François Mitterrand, de Pierre Mendès France, de Lionel Jospin, il devra démontrer que son art de la synthèse est plus qu’une légende. A la tête d’un pays affaibli, très divisé, installé dans le déni, le nouveau président de la République devra montrer aussi des qualités de pédagogue pour que la France accomplisse avec courage et lucidité les changements majeurs dont elle ne pourra pas faire l’économie.</p>
<p style="text-align: justify;">La déflation, et son cortège de malheurs, menace si les problèmes que posent l’absence de croissance, la mondialisation, la désindustrialisation, le chômage, les dettes souveraines, l’existence d’une zone euro, ne trouvent pas des solutions qui ne peuvent plus être différées. La population est d’autant plus anxieuse qu’elle est consciente que la France décroche. Son modèle économique, fondé sur la consommation, financée par des transferts sociaux record, n’a aucun avenir. Il doit être réformé, plus productif, plus compétitif, plus économe. Cette modernisation du modèle économique ne sera possible que si un nouveau contrat social restaure le « vivre ensemble ». La contractualisation, les pactes, c’est la spécialité de François Hollande. A lui de démontrer maintenant son talent.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, profitez bien des prochaines journées, elles seront de courte durée mais ce seront les meilleures</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>&#171;&#160;Le Hollandais veut nous faire les poches, je répète, le Hollandais veut nous faire les poches&#160;&#187;…</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 11:37:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de Coeur]]></category>

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		<description><![CDATA[ Depuis le mois de janvier, 10 millions de tweets se rapportant à l&#8217;élection présidentielle auraient été mis en ligne sur Twitter. Ce phénomène est un rayon de soleil dans une campagne présidentielle qui, au premier tour, a révélé – ou confirmé – l’état de colère et de frustration dans lequel est une trop grande partie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Depuis le mois de janvier, 10 millions de tweets se rapportant à l&#8217;élection présidentielle auraient été mis en ligne sur Twitter. Ce phénomène est un rayon de soleil dans une campagne présidentielle qui, au premier tour, a révélé – ou confirmé – l’état de colère et de frustration dans lequel est une trop grande partie de la population de notre pays.</p>
<p style="text-align: justify;">« Les Pays-Bas battent la Hongrie, selon la FIFA ». Pour des centaines de milliers de &nbsp;&raquo; followers &laquo;&nbsp;, l’information était suffisante ; elle ne nécessitait pas de commentaire de texte.</p>
<p style="text-align: justify;">En son temps, Jules Romains, l’écrivain-poète, avait théorisé l’unanimisme et tenté de pénétrer le mystère de la vie sociale. Il  aurait sans doute été fou de joie en voyant comment, spontanément, des inconnus, des anonymes, sont capables, avec les techniques mises à leur disposition, de créer un unanime et de remédier ainsi, par delà les opinions de chacun, à la sensation d’incommunicabilité étouffante qui, en général, nous empêche de comprendre les autres et à nous faire comprendre d’eux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a toutes sortes d’unanimes. Il y a l’unanime que forment les militants et sympathisants des partis politiques. Il y a l’unanime que forment les supporters des équipes sportives. Dans un cas comme dans l’autre, un sentiment commun les anime, les obsède, les débarrasse de leurs idées personnelles. Ils ne veulent plus seulement qu’une seule et même chose. Ils communient dans un même désir. Un discours réussi est celui où l’orateur exprime ce que pensent ses auditeurs et, par la force de son verbe et le charme de sa voix, réduit ceux qui l’écoutent, réduit les récalcitrants et fabrique un être collectif dont il est l’interprète, qui fait tour à tour rire, s’indigner, vibrer ou pleurer. Il en est de même au théâtre ou au cinéma. Le meilleur professeur n’est pas le plus savant, c’est celui qui réussit à insuffler à sa classe un sentiment commun, un besoin de comprendre, de savoir. On comprend pourquoi, et comment, Victor Hugo, par exemple, a été la voix d’un peuple. Certains chefs militaires, entraineurs d’équipes sportives, chefs d’entreprises font de l’unanimisme sans le savoir, comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mérite de Jules Romains est d’avoir analysé ces faits et de les avoir synthétisés. Il a été capable de donner une âme à des rues, des maisons et même à des cheminées d’usines et à extraire du subconscient de ses lecteurs des sentiments jusqu’alors inexprimés. Les phénomènes religieux s’éclairent à la lumière de l’unanimisme. D’ailleurs, Jules Romains ne prend pas parti, ne juge pas, n’approuve, ni ne condamne. Il ne dit jamais qu’il y a de bons ou de mauvais unanimes. Il a beaucoup été reproché à Jules Romains d’avoir vu le monde d’un peu trop haut en cherchant à théoriser la vie sociale. La vie des couples est pleine de fêlures réparées. La vie dans les villages sans histoire est pleine de jalousies. L’unanimisme ne peut tout expliquer des mystères de la psychologie sociale et de ce qui relie les hommes entre eux.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, et pour revenir à l’actualité, les microbloggueurs ont fait dimanche, en fin d’après midi, comme ils le font depuis des mois, de l’unanimisme. Sans se préoccuper de l’interdiction, ils ont rivalisé d&#8217;imagination, avec le hashtag#RadioLondres, pour largement communiquer, avec souvent beaucoup d’humour, les premières estimations. Certes, ce ne sont que des mots, les problèmes de fond ne sont pas résolus pour autant, mais l’histoire dira si ce nouveau mode d’expression a  contribué à stimuler le désir de participer activement à la campagne et à freiner la tentation de l’abstention.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>« Fabriqué en France » et idées reçues</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 13:25:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de Coeur]]></category>

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		<description><![CDATA[Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce, dans un article que publie l’excellente revue « Commentaire », dans son numéro 137 du printemps 2012 ( 22€ dans les bonnes librairies), balaye un certain nombre d’idées reçues. En période électorale, où, pour des raisons tactiques, beaucoup de liberté est prise avec la réalité, il n’est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce, dans un article que publie l’excellente revue « Commentaire », dans son numéro 137 du printemps 2012 ( 22€ dans les bonnes librairies), balaye un certain nombre d’idées reçues. En période électorale, où, pour des raisons tactiques, beaucoup de liberté est prise avec la réalité, il n’est pas inutile de rétablir quelques vérités.</p>
<p style="text-align: justify;">L’accroissement des échanges commerciaux est considérable. Le débat sur la mondialisation et ses effets sociaux et économiques est donc légitime, mais il n’autorise pas à raconter n’importe quoi. Le directeur général de l’OMC prend quelques exemples, insuffisamment connus, pour illustrer la révolution sans précédent des transports, des services et de l’information. « L’utilisation du conteneur a permis de diviser par cinquante le prix de transport d’une tonne de marchandise. Le langage html, inventé par Tim Berners-Lee, a révolutionné la transmission de l’information. En conséquence, le commerce et la division du travail ont changé de nature. Aujourd’hui, la production d’un bien se divise en nombreuses étapes qui correspondent à la meilleure compétitivité de chaque tâche à accomplir. Airbus et Apple sont évidemment les exemples les plus représentatifs de cette évolution. Qui sait que quarante pays participent à la production d’Airbus ? Il en est de même pour les produits Apple.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que le produit soit fini, il y a donc une succession d’échanges, de transports, d’importations, d’exportations. « La notion de pays d’origine et l’étiquetage du lieu de fabrication sont donc désormais trompeurs ». Pour réduire les coûts et les prix, et aboutir à ce qu’on appelle des « avantages comparatifs », le génie des hommes, leur intelligence, leur souci d’efficacité, ont été remarquables. Or les outils statistiques, et par voie de conséquence les déclarations et commentaires qui sont faits, ne reflètent pas la réalité des mécanismes économiques. Le débat politique est donc faussé et, par la même occasion, les solutions proposées le sont aussi.  L’important, écrit le directeur général de l’OMC, « n’est pas d’exporter beaucoup, c’est d’ajouter beaucoup de valeur ». Le commerce doit être mesuré en valeur ajoutée. Les politiques publiques devraient donc tenir compte de cette évolution et du fait que « la croissance de la demande extérieure demeurera supérieure à celle de la demande intérieure dans les années à venir ». Les importations ne doivent pas être redoutées dès lors qu’elles constituent une opportunité qui accroit la productivité.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/04/porte-conteneurs.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-490" title="porte conteneurs" src="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/04/porte-conteneurs-300x207.jpg" alt="" width="300" height="207" /></a>Dans cet article, très intéressant, Pascal Lamy affirme qu’il est inexact de dire que l’Europe fait moins bien que les autres économies développées dans la division internationale du travail. C’est particulièrement vrai dans certains secteurs tels que la « machinerie industrielle, l’automobile, l’aviation, la chimie, l’industrie du luxe, l’aéronautique, le nucléaire, la pharmacie et le ferroviaire. Il est également faux d’affirmer que l’Europe est naïve et ouverte à tous les vents. Les mesures de protection aux frontières sont d’un niveau équivalent à ce qui est pratiqué aux Etats-Unis ou au Japon. Parmi les autres mythes dénoncés par le directeur général de l’OMC : les délocalisations n’expliqueraient la baisse des emplois industriels que pour un tiers seulement et ne seraient donc pas la cause principale ; le nombre annuel d’heures travaillées par un travailleur est plus élevé en France (1560) qu’en Allemagne (1420) et les salaires horaires dans ces deux pays sont très proches.En revanche, la France a un problème de « compétitivité hors prix », c’est-à-dire de qualité des produits, de niveau de gamme, d’innovation, de services après-vente, de délais, de savoir-faire commercial, de relations clients et d’image de marque. L’appareil productif est souvent insuffisamment réactif quand il faut s’adapter aux fluctuations de la demande.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une période électorale, pendant laquelle les candidats se préoccupent de l’avenir de la France et des Français, il est de la plus grande importance que les candidats prennent en compte les vrais problèmes et non les idées reçues. Une chose est de dire aux Français ce qu’ils ont envie d’entendre, une autre est de concevoir des politiques publiques adaptées aux véritables problématiques. L’Europe et particulièrement la France, pour éviter de se laisser distancer, doivent faire un effort significatif de recherche et d’innovation. Ce qui signifie une formation scientifique de très haut niveau. La maîtrise des coûts, la coopération entre les entreprises, le partage d’expérience, le développement des PME, nécessiteront une collaboration intelligente entre les entreprises et les pouvoirs publics qui devront faire en sorte que les Français aiment leurs entreprises et les supportent comme on supporte une équipe de football ou de rugby.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la conclusion de son article, le directeur général de l’OMC fait le pronostic que, dans l’avenir, la valeur des produits sera de moins en moins matérielle. Il est bien placé, au poste qu’il occupe, pour formuler un avis qu’il serait bon d’entendre.</p>
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		<title>Une bien étrange campagne</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Apr 2012 14:02:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Français «  s’intéressent à une campagne qui ne les intéresse pas ». Tel est l’état de l’opinion publique, résumé par les instituts de sondages, quinze jours avant le premier tour de la présidentielle. Il y a à cela plusieurs raisons. Tout d’abord, nos concitoyens se rendent compte que sur les principaux problèmes qui les préoccupent, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les Français «  s’intéressent à une campagne qui ne les intéresse pas ». Tel est l’état de l’opinion publique, résumé par les instituts de sondages, quinze jours avant le premier tour de la présidentielle. Il y a à cela plusieurs raisons. Tout d’abord, nos concitoyens se rendent compte que sur les principaux problèmes qui les préoccupent, les candidats n’ont pas de solutions et les idées, quand il y en a, ont bien peu de cohérence. Elles vont dans tous les sens et paraissent beaucoup plus destinées à embarrasser l’adversaire qu’à constituer des éléments de programme. En dresser la liste serait cruel tant certaines d’entre-elles n’ont pas duré plus de quarante huit heures.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis le mois de janvier, les tactiques adoptées par les uns et les autres sont « cousues au câble d’abordage ». Les excès de langage, les  petites phrases ironiques &#8211; quand ce ne sont pas des  injures &#8211; et les polémiques inutiles agacent les Français sans changer leurs intentions de vote. Il n’est donc pas étonnant qu’un sentiment d’ennui, de désappointement, se soit installé au fil des jours. En réponse, ils épargnent, comme ils ne l’avaient pas fait depuis longtemps, conscients que les décisions qui seront prises dès le mois de juin seront, en tout état de cause, douloureuses. Ce sentiment, s’il se confirmait, pourrait bien se traduire par un niveau d’abstention  très supérieur à celui de 2007. Les vacances scolaires de la région parisienne pourraient d’ailleurs contribuer à amplifier cette tendance.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/04/dejeuner-sur-lherbe.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-485" title="dejeuner sur l'herbe" src="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/04/dejeuner-sur-lherbe-235x300.jpg" alt="" width="235" height="300" /></a>Vu de l’étranger, la campagne parait également étrange. « The Economist » a fait le buzz avec « Le Déjeuner sur l’herbe » de Manet, censé illustrer le déni dans lequel seraient nos deux principaux candidats. L’opinion des financiers anglo-saxons est sévère et très discutable, mais il n’en reste pas moins que les problèmes de fond demeurent : le chômage, le manque de compétitivité des entreprises françaises, le déficit du commerce extérieur, le niveau des dépenses publiques, appellent  des mesures énergiques. Or, ces problèmes ne sont pas abordés sérieusement.</p>
<p style="text-align: justify;">La France, ce n’est pas rien. C’est la 5e puissance mondiale ; la recherche en médecine, la haute technologie, le nucléaire, le spatial, le ferroviaire, sans parler du bâtiment, de l&#8217;aéronautique, de la banque, de l’industrie du luxe, du tourisme, de l&#8217;assurance, de l&#8217;automobile, des services informatiques, de la distribution&#8230;sont des atouts considérables.La France ne peut pas se comporter comme si elle était  une île, à l’abri de ce qui se passe dans le reste du monde.  La crise n’est pas finie. Comment réduire la dépense publique ? Comment financer un Etat-providence avec une croissance faible ? Depuis plus de dix ans,la France perd des parts de marché au bénéfice d&#8217;autres pays européens. Cela ne peut pas durer. Que faire ? Se protéger ? Dans un monde globalisé, tout le monde sait que ce n’est pas possible. Les agences de notation, discrètes actuellement ne manqueront pas d’évaluer la situation dela Francedès le 7 mai prochain.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur l’Europe en crise, il y aurait beaucoup à dire. Il n’y a plus de projet européen ; le problème de la gouvernance économique dans la zone euro n’est toujours pas résolu ; la méthode intergouvernementale qui, ces dernières années, l&#8217;a emporté sur la méthode communautaire pose un problème de démocratie dans l’espace européen qui ne pourra perdurer. Comment concilier rigueur et croissance ? Le problème n&#8217;est pas simple. Les candidats évitent donc d’en parler et laissent aux thinks tanks spécialisés le soin de réfléchir et de leur fournir des pistes. Il n’est pas dans les habitudes de parler d&#8217;Europe pendant une campagne présidentielle. Le souvenir des référendums de 1992 et de 2005 n’incite pas à déroger à cette tradition. Pourtant, cette année, la question européenne est déterminante sur le plan économique et politique. La monnaie européenne est fragile. Il va falloir choisir rapidement entre une Union plus intégrée ou le statut quo, avec le risque de voir la zone euro exploser.  Les Français  doivent donner mandat au prochain président de la République en toute connaissance de cause. Ce n’est pas possible aujourd’hui, faute d’engagements précis. Ce qui se passe en Espagne doit pourtant faire réfléchir. Mariano Rajoy n’avait pris aucun engagement. Au pouvoir depuis cent jours, il est déjà confronté à la défiance des marchés financiers et de ses concitoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan international, le prochain président de la République n’aura pas le temps de souffler. Le G8, les 18 et 19 mai, à Camp David, et le sommet de l&#8217;OTAN, les 20 et 21 mai à Chicago, arriveront très vite. Que faire pour la Syrie ? La marge de manœuvre est très limitée. Que faire en Afghanistan, dès lors que les spécialistes affirment qu’un retrait fin 2012 est impossible pour des raisons logistiques ? Que faire en Iran si ce pays poursuit la fabrication d’une bombe atomique et/ou si Israël décide d’attaquer des sites nucléaires iraniens ? </p>
<p style="text-align: justify;">Si une campagne présidentielle est « un marqueur de l&#8217;esprit du temps », alors il y a de quoi être inquiet. Pour l’instant, elle n’est pas considérée comme suffisamment sérieuse ; elle est purement tactique, populiste, démagogique, anesthésiante. L’émotion l’emporte trop souvent sur la raison. La sincérité fait défaut. Les excès de langage tiennent lieu d’argumentaire. Si cette campagne devait se résumer à un match qui se limite au style personnel des deux principaux candidats, ce pourrait être grave de conséquences et une occasion manquée au regard de l’histoire.</p>
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		<title>Assez !</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Mar 2012 13:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de Gueule]]></category>

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		<description><![CDATA[Agacé, choqué par l&#8217;hypermédiatisation de l&#8217;affaire  Mohamed Merah, j’ai attendu quelques jours avant d’écrire sur les drames de Toulouse et Montauban, offerts quotidiennement en spectacle sur les plateaux de télévision et dans la presse écrite. Les deux derniers articles que j’avais mis en ligne avaient quelque chose de prémonitoire.  Du centre de détention, où il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Agacé, choqué par l&#8217;hypermédiatisation de l&#8217;affaire  Mohamed Merah, j’ai attendu quelques jours avant d’écrire sur les drames de Toulouse et Montauban, offerts quotidiennement en spectacle sur les plateaux de télévision et dans la presse écrite.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux derniers articles que j’avais mis en ligne avaient quelque chose de prémonitoire.  Du centre de détention, où il est retenu, Youssouf Fofana, le chef du « gang des barbares, est soupçonné d’avoir mis en ligne des vidéos dans lesquels il prend « des positions pénalement répréhensibles » ; en clair, il appelait à des actions terroristes. Quelques jours plus tard, j’évoquais l’événement ou le personnage qui pourrait apparaitre dans la campagne présidentielle « tel le Deus ex machina ».</p>
<p style="text-align: justify;">En écrivant cet article, je dois à la vérité de reconnaitre que je pensais plus à un incident dans le détroit d’Ormuz, à la défaillance de l’Espagne dans la zone euro ou à l’incapacité physique dans laquelle se trouverait un candidat de poursuivre sa campagne, qu’à un fait divers, même de nature terroriste.</p>
<p style="text-align: justify;">La tuerie de Toulouse, venant après celle de Montauban, replace brusquement au centre de la campagne, le débat sur la sécurité qui ne figurait pas dans les priorités des candidats. Avant Mohamed Merah, Khaled Kelkal, en 1995, et Youssouf Fofana, en 2006, avaient tristement fait parler d’eux. Ils étaient, comme lui, de jeunes délinquants, qui, après un séjour en prison, avaient découvert la violence et l’islamisme radical. Tout, tout de suite…</p>
<p style="text-align: justify;">Comme ses deux prédécesseurs, Mohamed Merah a plongé la France dans l’horreur, dans l’inimaginable. Les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets. Plus que le terrorisme, c’est le lourd problème des banlieues qui s’invite dans la campagne, avec le règne des caïds, le chômage, la drogue,  les mères abandonnées, l’échec scolaire et les discriminations qui poussent quelques uns, un très petit nombre, à des actions de désespoir. Si la gestion des événements a très vite été contestée, il ne faut pas s’en étonner. Tout a été fait, en temps réel, pour que la tragédie de Toulouse provoque des polémiques. Il est normal de s’interroger sur les raisons pour lesquelles il n’a pas été possible d’attraper vivant Mohamed Merah. Il est normal de se demander pourquoi Mohamed Merah n’était pas suivi avec plus de soin alors que sa participation éventuelle au réseau Al Qaïda était soupçonnée. Pourquoi, celui qui est qualifié aujourd’hui de <em>&nbsp;&raquo; </em>loup solitaire<em> &laquo;&nbsp;</em>, de <em>« </em>tueur de masse », de « fou de Dieu », n’a pas fait l’objet d’un traitement particulier ? Il est normal de se poser toutes ces questions et bien d’autres, mais c’est l’affaire de ceux qui sont en charge de ces questions avec les contre-pouvoirs institutionnels évidemment : les autorités judiciaires, le contrôle parlementaire, des enquêtes administratives. Certainement pas avec des bavardages sur les plateaux de télévision, cette forme moderne du café du commerce. Il est loin le temps où un ministre de l’Intérieur disait : « J’ai souvent regretté d’avoir parlé, je n’ai jamais regretté de m’être tu » !</p>
<p style="text-align: justify;">Le livre blanc de 2008 sur la défense et la sécurité avait particulièrement insisté sur l’importance du renseignement dans le domaine du terrorisme. Le rapport « Déceler, Etudier, Former : une voie nouvelle pour la recherche stratégique », de mars 2008, indiquait, en substance, que le décèlement précoce est un concept qui permet de repérer, d’écarter les apparences, de poser rapidement et efficacement des diagnostics, d’agir tôt et de prévenir avec précision et autorité. Le décèlement précoce permet d’intervenir sur les premiers symptômes d’un désordre à venir. « Aucune menace, violente ou insidieuse, pesant aujourd’hui sur notre pays et ses intérêts n’est vraiment aléatoire &#8211; hormis l’acte imparable d’un dément ». Le rapport avait tout prévu ! Le décèlement précoce permet d’identifier une menace, lorsqu’il est encore temps, avant tout passage à l’acte. « Et si un acte hostile est malgré tout commis, avoir posé à son sujet un diagnostic correct permettra d’éviter qu’il ne se reproduise. ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si, malgré cette sensibilisation et ces instructions, des « failles » ont existé, il faut les identifier et y remédier, dans la discrétion la plus totale pour être plus efficace. Le ministre des Affaires étrangères est dans son rôle quand il déclare qu’il faudra &nbsp;&raquo; faire la clarté sur une éventuelle faille du renseignement ». Pourquoi Mohamed Merah n’a-t-il pas été davantage surveillé ? Le chercheur, François Heisbourg, n’est pas le seul à se demander pourquoi &laquo;&nbsp;un profil qui présente un tel niveau de dangerosité n’a pas été placé de façon permanente sur écoute, suivi physiquement et pourquoi on ne s&#8217;est pas assuré de l’endroit où il habitait, où il travaillait&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">L’enquête répondra peut être à ces questions légitimes. La DCRI est en effet chargée de &laquo;&nbsp;la lutte contre toutes les activités susceptibles de constituer une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Le contre-espionnage ; la lutte contre le terrorisme et la protection du patrimoine économique ; le contrôle des communications pouvant porter atteinte à &laquo;&nbsp;la sûreté de l&#8217;Etat&nbsp;&raquo; et la cybercriminalité ; la surveillance des individus et des groupes radicaux, constituent ses principales missions. Le regroupement des services découlait des conclusions du livre blanc.</p>
<p style="text-align: justify;">La population a le droit de savoir, mais la pagaille et la cacophonie contribuent rarement à faire émerger la vérité. Les Français attendent des décisions, des mesures d’anticipation, rien de plus. Ils en ont assez de voir, chaque jour, le visage hilare de Mohamed Merah sur leur écran de télévision. D’autant plus qu’un sondage d&#8217;Ipsos &#8211; Logica Business Consulting pour France télévisions, Radio France et Le Monde réalisé les 23 et 24 mars, révèle que les tueries de Toulouse et Montauban, ne correspondent pas aux principales  préoccupations des Français. L&#8217;insécurité reste en effet au huitième rang, très loin derrière le pouvoir d&#8217;achat, le chômage, la croissance et le logement. Selon le sondage d&#8217;Ipsos, les Français sont même plus nombreux qu&#8217;au début du mois à juger que l&#8217;on parle trop de l&#8217;insécurité et de l&#8217;immigration. Les meurtres de Toulouse et de Montauban seraient, à ce jour, sans effet sur la campagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, assez ! Les Français sont suffisamment informés et éduqués pour ne pas se laisser déstabiliser par les tentatives assez grossières d’instrumentalisation.</p>
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		<title>Les Français attendraient-ils le Deus ex machina ?</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Mar 2012 10:23:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de Gueule]]></category>

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		<description><![CDATA[Les principales préoccupations des Français : l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’avenir des jeunes, sont absentes de la campagne présidentielle, un mois avant le premier tour. Nos compatriotes, dans les sondages, disent très nettement que les valeurs, les symboles, l’imposition des grandes fortunes, sans parler de la viande hallal, sont sans doute des sujets qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les principales préoccupations des Français : l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’avenir des jeunes, sont absentes de la campagne présidentielle, un mois avant le premier tour. Nos compatriotes, dans les sondages, disent très nettement que les valeurs, les symboles, l’imposition des grandes fortunes, sans parler de la viande hallal, sont sans doute des sujets qui méritent réflexion, mais ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. Les insultes, les caricatures, la mauvaise foi, la déformation systématique des propos tenus, les boucs émissaires, ne cacheraient-ils pas une incapacité à élever le niveau de la campagne, une absence de vision et une carence totale de solutions aux problèmes à résoudre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Que penser de cet irrésistible besoin de satisfaire un vent de populisme antieuropéen qui laissera des traces et endommagera durablement l’image de la France? En arriver, en 2012, à « rendre le pouvoir au peuple », prétendre représenter le peuple, « séduire la France du non », rassembler ou diviser les Français, ne révélerait-il le triste état dans lequel serait la démocratie dans notre pays ?</p>
<p style="text-align: justify;">Deux Français sur trois jugent que la campagne n&#8217;est &nbsp;&raquo; pas intéressante &laquo;&nbsp;. Un sondage<strong> </strong>Ipsos-Logica Business Consulting pour le journal Le Monde, France Télévisions et Radio France révélait dernièrement que les deux principaux candidats seraient tenus pour responsables d&#8217;une campagne jugée décevante. Ils ne tiennent pourtant pas les mêmes discours et n’ont pas le même style, mais leur affrontement quotidien est jugé sévèrement par les personnes interrogées qui considèrent que l&#8217;on &nbsp;&raquo; ne parle pas assez &nbsp;&raquo; du logement (73 %), des retraites (73 %), de la justice (68 %), du pouvoir d&#8217;achat (63 %), de l&#8217;environnement (62 %), de l&#8217;école (62 %), du chômage et de l&#8217;emploi (59 %), et de l&#8217;insécurité (53 %).</p>
<p style="text-align: justify;">La nécessité d&#8217;une remise en ordre des finances publiques est approuvée majoritairement, mais les personnes interrogées souhaitent que cette exigence n&#8217;occulte pas les difficultés de la vie quotidienne. Si ces frustrations venaient à perdurer, les intentions de vote et l’abstention pourraient réserver de très mauvaises surprises, notamment chez les jeunes. Ils sont  désorientés par les batailles de chiffres, les concepts avancés, les <em>&laquo;&nbsp;exit tax&nbsp;&raquo;</em><em>, </em>le<em> </em><em>Buy European Act</em><em>,  </em>le<em> </em><em>Small Business Act</em><em> </em>et autres expressions anglo-saxonnes issues des instituts de recherches et think tanks qui monopolisent souvent le débat sans le faire véritablement avancer.</p>
<p style="text-align: justify;">On se jette à la figure les notes, rapports et statistiques de l&#8217;OCDE, de la BCE,<em> </em><em>de la Cour des comptes </em>ou d&#8217;Eurostat, dont les conclusions se contredisent parfois et se retournent souvent comme des chaussettes, mais aucun candidat n’est en mesure de proposer avec un minimum de précision un plan de réduction des dépenses publiques sur cinq et dix ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/03/deus-ex-machina.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-451" title="deus ex machina" src="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/03/deus-ex-machina-300x287.jpg" alt="" width="300" height="287" /></a>Les Français attendraient-ils le Deus ex machina ? J’en connais qui le pensent et qui le disent ! Dans le langage courant, l&#8217;expression est généralement employée quand un élément extérieur, inattendu,  survient et dénoue une situation qui était jusque là bloquée. Historiquement et littéralement, cette locution latine signifie «un dieu [apparu] au moyen d&#8217;une machine ». Elle était employée dans le théâtre classique, quand un  personnage apparaissait sur la scène, au bout d&#8217;une corde, commandée par une « machine ». Ce personnage dénouait l&#8217;action qui semblait sans issue. Molière   l’emploie dans la dernière réplique de Tartuffe et dans « Les Femmes savantes » avec l&#8217;arrivée inopinée d&#8217;un sauveur. L&#8217;utilisation d&#8217;un deus ex machina, permet de sortir d’un imbroglio. Par un abus de langage, cette expression est fréquemment utilisée dans le domaine politique et économique ou social pour sortir d’une situation bloquée. </p>
<p style="text-align: justify;">« Vous verrez, disent certains, avant la fin de la campagne présidentielle, il y aura le Deus ex machina. Utiliser cette expression, dans cette circonstance, peut paraitre un  peu osé. Certes, mais elle a le mérite d’exprimer une attente et une insatisfaction. Quel événement intérieur, extérieur ou européen, quel personnage, pourrait apparaître tel le Deus ex machina ?</p>
<p style="text-align: justify;">Allons, il est temps de passer aux choses sérieuses et de réconcilier les Français avec la politique qui organise la vie des Français et celle de leurs enfants.</p>
<h1 style="text-align: justify;"> </h1>
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		<title>« Tout, tout de suite »</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Mar 2012 07:43:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de Coeur]]></category>

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		<description><![CDATA[Il se trouve que je venais de terminer la lecture du livre de Morgan Sportès : « Tout, tout de suite », quand la dépêche est tombée : « En prison, Youssouf Fofana aurait posté des vidéos sur le net » ; des vidéos dans lesquelles le chef du « gang des barbares » exprimerait « des prises de position pénalement répréhensibles ». Comment était-ce possible ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il se trouve que je venais de terminer la lecture du livre de Morgan Sportès : « Tout, tout de suite », quand la dépêche est tombée : « En prison, Youssouf Fofana aurait posté des vidéos sur le net » ; des vidéos dans lesquelles le chef du « gang des barbares » exprimerait « des prises de position pénalement répréhensibles ». Comment était-ce possible ?</p>
<p style="text-align: justify;">Au mois de novembre dernier, le prix Interallié 2011 avait été attribué au roman-enquête de Morgan Sportès qui raconte cette triste affaire que l’auteur qualifie de « phénomène social plus que de fait divers ». « Tout, tout de suite » est un livre politique qui s’inspire de l’épouvantable crime que tout le monde a encore en mémoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour écrire ce roman, Morgan Sportès a soigneusement enquêté, interrogé les inspecteurs de police, des magistrats, des psychologues, écouté un certain nombre de membres de la bande, avant de reconstituer le déroulement de cette épouvantable affaire. Pendant 24 jours, une bande de jeunes paumés, plus ou moins conscients de la gravité de ce qu’ils faisaient, on séquestré un jeune juif, supposé riche, pour finalement le laisser agonisant sur le bord d’une ligne du RER.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces jeunes, issus de banlieues défavorisées, à la fois fascinés et terrorisés par le chef de la bande, cherchent avant tout le moyen de se procurer de l’argent pour faire comme tout le monde : le dépenser. Ils veulent tout et tout de suite.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/03/tout-tout-de-suite2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-444" title="tout tout de suite2" src="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/03/tout-tout-de-suite2.jpg" alt="" width="204" height="289" /></a>Quand le lecteur, pourtant horrifié par ce qu’il découvre au fil des pages, commence la lecture de ce livre, il ne peut plus s’en extraire. Morgan Sportès a  imaginé les lieux, les dialogues, les itinéraires compliqués, les menaces, le chantage, qui servent de fond à ce drame. La stratégie de la police, le désespoir de la famille du jeune séquestré, les demandes de rançon, l’amoralité du chef de la bande, le mode de vie de ces jeunes, rien n’est laissé au hasard. L’état d’esprit des filles qui participent, de gré ou de force, aux opérations est également très bien décrit. Les dialogues rappellent les échanges inoubliables entre les membres de la bande à  Claquesous dans les Misérables. Près de cent cinquante ans, après que Victor Hugo ait écrit les Misérables, la misère sociale produirait encore des Bigrenaille, Gueulemer, Deux-Milliards, Babet, Thénardier, mais aussi Eponine et Azelma, cherchant à rançonner M.Leblanc, alias Jean Valjean, dans la masure Gorbeau, derrièrela Barrière-des-Gobelins.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut lire ce livre (édité par Fayard- 19,86€). Ce n’est pas un moment de plaisir, mais on ne peut imaginer l’état d’esprit de certains jeunes, de leurs parents et de la population dans les quartiers abandonnés à ces nouveaux misérables, qu’en les suivant dans leur vie quotidienne. Ne cherchez pas, le problème de l’intégration, dont il est si souvent question au cours de la campagne présidentielle, est en grande, en très grande partie, le résultat d’une politique du logement qui a rendu inévitable la concentration de populations immigrées dans quelques quartiers devenus des ghettos. La Républiqueet ses valeurs y sont absents. Faute d’avoir eu les moyens de mettre en œuvre « un plan Marshall pour les banlieues », des morceaux de France sont abandonnés aux barbares qui y règnent en maîtres et se font une certaine idée de la façon la plus rapide de se procurer de l’argent.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc, le chef du « gang des barbares », qualifié ainsi par la police et les médias, aurait réussi à se filmer dans la cellule qu’il occupe à Claiveaux. Condamné à la perpétuité en 2009, il aurait été en mesure de diffuser une quinzaine de vidéos par l’intermédiaire de You tube. L’enquête diligentée n’a pas encore permis de savoir si ces vidéos ont effectivement été tournées à Clairveaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Yacef, le chef de la bande, dans le roman de Morgan Sportès, aurait parfaitement été capable de cet exploit pour faire parler de lui et crédibiliser la fascination qu’il exerçait sur des adolescents qui ne pouvaient rien lui refuser. Se prendrait-il pour Jacques Colin, alias Vautrin, alias Carlos Herrera dans « Splendeurs et misères des courtisanes » d’Honoré de Balzac ? Il n’en a pas les moyens, mais sa vie est déjà un roman, bientôt un film !</p>
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		<title>«  Le peuple n’a pas toujours raison »</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Feb 2012 12:26:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de Gueule]]></category>

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		<description><![CDATA[Les élites médiatiques, politiques, mais aussi culturelles, seraient-elles en décalage, voire en rupture, avec l’opinion publique, pour que la plupart des candidats à l’élection présidentielle éprouve le besoin de « rendre la parole au peuple » ? Le mode de scrutin, sous la Vème République, explique en partie cet état de fait. Ne dit-on pas que cette élection [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les élites médiatiques, politiques, mais aussi culturelles, seraient-elles en décalage, voire en rupture, avec l’opinion publique, pour que la plupart des candidats à l’élection présidentielle éprouve le besoin de « rendre la parole au peuple » ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le mode de scrutin, sous la Vème République, explique en partie cet état de fait. Ne dit-on pas que cette élection est la rencontre d’un homme (ou une femme) et du peuple. Dans une période de crises graves, où les solutions proposées apparaissent peu crédibles, donner la parole au peuple répond à une demande, à un besoin.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, laisser entendre que les « corps intermédiaires » seraient un obstacle à la démocratie et auraient tendance à dicter leurs convictions, n’est pas sans danger. Le journaliste-écrivain Alexandre Adler, dans un article très intéressant, publié dans le Figaro du 25 février, rappelait fort justement que «  le peuple n’a pas toujours raison ». Le monde est devenu si complexe que personne n’en détient toutes les clés. Mal informé, manipulé, le peuple peut ouvrir la voie à des aventures aux tristes conséquences. La victoire dans les urnes du parti nazi en 1931 vient immédiatement à l’esprit, mais la liste est longue des décisions populaires malheureuses. Ce qui compte avant tout, c’est le respect des droits de l’homme.</p>
<p style="text-align: justify;">Alexandre Adler rappelle que « la Résistance fut aussi une affaire d’élite ». Des jeunes, courageux, souvent « premiers de la classe », indignés par le défaitisme et le conservatisme de Vichy, furent capables de se sacrifier, au nom de la liberté, pour montrer l’exemple. Que les élites, qui concentrent puissance, autorité et influence, puissent agacer, c’est compréhensible. Souvent fondée sur la naissance, l’argent ou le savoir, cette puissance est un bouc émissaire facile et classique. C’est oublier un peu vite que ces élites sont le miroir de la France, de son peuple. S’insurger périodiquement contre les élites, le pouvoir de la rue, et agiter régulièrement &#8211; comme une menace &#8211; la nécessité d’une rupture, est une exception française que l’histoire de notre pays explique en grande partie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’homme de la rue, aurait du bon sens ; un bon sens dont les élites seraient trop souvent dépourvues. Mais qu’est-ce donc que le bon sens ? En son nom, les affirmations les plus contestables sont bien souvent professées. Le problème, c’est que  les mots employés n’ont pas un seul sens, mais plusieurs. Le bon sens est souvent perçu comme « aller de soi ». Son usage est facile, il cultive la simplicité et permet de clore la discussion. En 1940, certains disaient : « La France devait être vaincue parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand ». C’est le bon sens ! N’est-ce pas plutôt « l’intermédiaire entre l’ignorance et la connaissance » ? Une connaissance simple, de base, qu’une société détient de façon quasi génétique. Une évidence pour une majorité de la population. « Toutes les civilisations ne se valent pas&#8230; c’est du bon sens ». Les propos du ministre n’étaient qu’un leurre, destiné à détourner l’attention. Opération réussie, les élites se sont jetées dessus et se sont déchirées pendant près d’un mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sage, celui qui montre la lune, quand le sot regarde le doigt, aurait pu se contenter de citer Antoine de Saint Exupéry : « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. » Prendre conscience de l’autre, de ce qu’il est à la fois semblable et différent et de ce qu’il peut vous apporter, c’est aussi le bon sens.</p>
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		<title>En Iran, la tension est encore montée d&#8217;un cran ce matin.</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 09:42:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desmoulin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Iran a besoin de temps pour mettre en œuvre ses ambitions nucléaires. Depuis 2005, les dirigeants iraniens excellent dans l’art de gagner du temps. Tantôt ils proposent de reprendre les négociations avec le groupe 5 + 1 (Etats-Unis, France, Chine, Russie, Grande-Bretagne et Allemagne) et acceptent que l’Agence internationale pour l’énergie atomique visite ses installations ; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’Iran a besoin de temps pour mettre en œuvre ses ambitions nucléaires. Depuis 2005, les dirigeants iraniens excellent dans l’art de gagner du temps. Tantôt ils proposent de reprendre les négociations avec le groupe 5 + 1 (Etats-Unis, France, Chine, Russie, Grande-Bretagne et Allemagne) et acceptent que l’Agence internationale pour l’énergie atomique visite ses installations ; tantôt, Téhéran  annonce une accélération de l’enrichissement de l’uranium et la mise en alerte de la marine iranienne ; sans parler des manœuvres terrestres destinées à prévenir Israël que l’Iran n’hésitera pas à prendre des initiatives si ses intérêts vitaux venaient à être menacés. C’est-à-dire, en clair, intervenir préventivement contre Israël.</p>
<p style="text-align: justify;">Nul ne sait si les forces militaires iraniennes, essentiellement défensives, seraient capables d’une action significative. Les experts occidentaux ont des doutes sérieux sur les capacités iraniennes face aux forces israéliennes et, le cas échéant, américaines, si, d’aventure, les Iraniens décidaient de fermer le détroit d’Ormuz.  De leur coté, les Israéliens ne font rien pour calmer les rumeurs. Ils entretiennent le mystère sur leurs intentions. Une chose est sûre, ils considèrent que le nucléaire militaire iranien constituerait une menace intolérable pour leur pays et n’exclut pas de faire en sorte que l’Iran ne possède pas la bombe.</p>
<div id="attachment_429" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/02/detroit-dormuz-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-429" title="detroit d'ormuz 2" src="http://www.desmoulin.net/wp-content/uploads/2012/02/detroit-dormuz-2-300x173.jpg" alt="" width="300" height="173" /></a><p class="wp-caption-text">Le détroit d&#39;Ormuz</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les émissaires américains, de haut rang, se succèdent à Tel Aviv pour raisonner les dirigeants israéliens. Deux jours après leur arrivée en Iran, les experts de l’AIEA, en mission qualifiée de « la dernière chance », sont repartis sans pouvoir accéder au site militaire de Parchin. De trop nombreuses zones d’ombre perdurent. Quand, dans le passé, les Israéliens ont considéré que leurs intérêts étaient menacés, ils sont toujours intervenus par surprise, dans le plus grand secret. Ce n’est pas la conjoncture actuelle, caractérisée seulement, si l’on peut dire, par une gesticulation politique et militaire. Il n’en reste pas moins que la tension est montée d’un cran ce matin.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Israéliens savent que le temps joue contre eux et que la gestion du risque sera de plus en plus délicate. Américains et Européens craignent les graves conséquences que pourraient avoir un conflit de haute intensité dans cette région. Ils recommandent donc la patience ; d’autant plus que les sanctions prises commencent à produire leurs effets. Malheureusement des considérations électorales aux Etats-Unis viennent compliquer l’analyse politique. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, très proche des républicains, pourrait être tenté de forcer la main au président Obama qui ne voudrait pas apparaître comme un président faible. Le printemps, voire l’été, pourrait dans ce cas constituer une période à haut risque. En période de crise économique mondiale, une action israélienne, même courte, rapide, pourrait avoir des conséquences d’une extrême gravité que redoute le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé. La détérioration de la situation en Syrie, pays allié de l’Iran, complique également la situation, sans parler de la population iranienne qui n’en peut plus en raison de la détérioration à vive allure de l’économie iranienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, le souvenir des armes de destruction massive irakienne, qui n’existaient pas, est dans les mémoires. La gestion de telles situations réclame plus de réflexion que de précipitation et un minimum de rationalité. Il faut avoir à l&#8217;esprit que la Chine et l’Inde vont, à brève échéance, importer plus du quart de la production pétrolière de l’Iran, faisant de cette matière première un « intérêt vital » pour ces deux grands pays qui ne resteront pas les bras croisés. La question iranienne concerne aujourd’hui toutes les grandes puissances. Une guerre, déclenchée imprudemment, pourrait devenir une guerre mondiale.</p>
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