En Occident, ne pas respecter les droits de la propriété intellectuelle est considéré comme un vol. Ce n’est pas le cas en Chine et c’est un des litiges permanents entre ces deux cultures. Pourquoi est-ce mal de copier en Occident et pas en Chine. La question vaut la peine d’être posée à l’heure de la mondialisation. En chinois, le même mot (xue) signifie à la fois copier et apprendre. C’est une des raisons pour lesquelles le mot employé par les occidentaux en Chine est « fang zao », c’est-à-dire « contrefaire ». Copier n’est pas un délit, une faute, puisque apprendre ne l’est pas. Les Chinois ont compris que pour prendre toute leur place, et quelle place, dans la mondialisation, il fallait respecter les règles internationales. Ils ont donc adhéré à l’Organisation mondiale du commerce ( OMC), mais pour des raisons juridiques et non morales. Quand ils sont capables de copier avec un niveau de qualité proche de l’original, les Chinois considèrent qu’il ne peut y avoir tromperie puisqu’ils ont bien « appris ». Dans la lutte contre le sida, les exceptions faites à la propriété intellectuelle des laboratoires pour la fabrication de médicaments génériques, les ont renforcés dans l’idée que la règle pouvait avoir des exceptions. Les Chinois ont donc légiféré dans ce domaine, mais les lois ne sont pas appliquées parce que la population n’est pas encore prête à accepter cette évolution. Quand les Chinois auront leurs propres marques à protéger, ils comprendront sans doute mieux la différence qu’il y a entre « copier » et « apprendre ». Il faudra du temps.
Pour mettre un peu d’humour dans ce sujet sérieux, il est intéressant d’observer que les principaux candidats à l’élection présidentielle ont bien retenu la leçon à leur retour de Chine. Ils « copient » systématiquement les bonnes idées de leurs adversaires pour élargir leur base électorale et avoir une chance d’obtenir plus de 50% des voix au second tour. Il ne faut pas s’en étonner, car ils ont également retenu de leur voyage en Chine que la vérité, fille de la Raison, n’existe pas dans ce pays. Les chinois ignorent le caractère absolu de la vérité. Le chinois « laisse entendre », « évite de dire », « sous-entend ». L’expression « de deux choses, l’une », n’a aucun sens en Chine. Dans ce pays, tout ce qu’on dit est vrai, mais le contraire l’est aussi !
Avant de voter, il faudra aller faire un tour en Chine et, par ailleurs, conserver en mémoire ce que Tancrède dit au Prince Salina dans « Le Guépard » de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : « Si nous voulons que tout continue, il faut que d’abord tout change »

2 réponses à Copier, c’est apprendre.

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