Les sondages, nombreux, à l’approche de l’élection présidentielle, confirment, que parmi les attentes de nos compatriotes, c’est l’augmentation du pouvoir d’achat qui vient nettement en tête, loin devant l’environnement, la lutte contre les inégalités ou l’immigration. Dans une économie libérale et à la veille des fêtes de fin d’année, cela n’a rien d’étonnant. L’inflation publicitaire, la déflation des prix dans certains secteurs comme l’informatique, les offres alléchantes alimentent une augmentation constante des besoins. Comment pourrait-il en être autrement ? Chacun veut sa part du gâteau et de préférence une part un peu plus grande que celle du voisin. Seulement voilà, en France le gâteau n’augmente pas de volume. La croissance est molle ; les riches sont de plus en plus riches et les pauvres, qui appartiennent de plus en plus souvent aux classes moyennes, sont de plus en plus pauvres, ce qui ne les empêchent pas d’avoir envie d’un écran plasma, d’un téléphone mobile de dernière génération ou d’un ordinateur pour les études du « petit.
Dans ce contexte, je trouve que Benoit Duquesne, l’animateur de l’émission « Complément d’enquête », consacrée aux riches, y est allé un peu fort lundi soir. Exhiber ainsi l’arrogance de certains riches qui se dorent au soleil de Saint Barth, leur mépris à l’égard de ceux qui travaillent durement et payent des impôts, avait quelque chose d’indécent sauf si l’on cherche à provoquer la révolution. Bernard Arnaud a bien tenté d’expliquer l’économie aux Français, mais son discours ne pouvait pas passer, les Français n’ont aucune culture économique. La plupart d’entre eux ne comprennent pas, et donc n’admettent pas, que l’économie de marché est la seule solution pour améliorer le niveau de vie moyen des peuples et leur richesse. Il serait quand même triste que la France, cinquième puissance mondiale, soit un des derniers pays, depuis la chute du communisme, à comprendre ce que Chinois, Indiens, Russes, sans parler des Anglais ou des Australiens ont compris depuis longtemps. Pour augmenter le « gâteau » national et mieux pouvoir le partager, il faut des entreprises compétitives qui produisent de la richesse. Ce ne sont pas les fonctionnaires, au demeurant nécessaires, qui contribuent à agrandir le « gâteau » même s’ils sont souvent les premiers à réclamer, en toute sécurité, une augmentation de leur part. Il est donc urgent que les enseignants comprennent que dans le socle de connaissances que les élèves doivent posséder, des notions fondamentales de macroéconomie doivent être incluses. Les dirigeants politiques aussi, au lieu de faire des promesses souvent contradictoires et sans cohérence, au gré des attentes des Français, doivent expliquer, avec un peu de sens pédagogique, le lien qui existe entre l’environnement économique mondial et leur vie quotidienne. Il n’y a pas de démocratie sans pédagogie et sans explication des objectifs. Il faut que les énarques qui nous gouvernent comprennent que tous les Français ne sont pas sortis de l’E.N.A et qu’ils ont le devoir de mettre leur grande intelligence à contribution pour que les Français aiment leurs entreprises autant qu’ils aiment Zidane et que les outils permettant de corriger les graves défauts et inégalités de l’économie de marché soient imaginés et compris par la population.
Les entreprises semblent prêtes, pour leur part, à participer à cet effort de pédagogie, les autres acteurs ne doivent pas être en retard.

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