Il est admis que cette crise sanitaire qui ébranle le monde a débuté le 31 décembre 2019, le jour où l’OMS a officiellement été informée par les autorités chinoises, de cas de pneumonies d’une origine inconnue dans la ville de Wuhan. Voilà quatre vingt dix jours que le monde tremble.

Plus de 740 000 cas, parmi lesquels 35 905 décès, ont été recensés dans 183 pays. En France, le Covid-19 a causé 418 nouveaux décès enregistrés à l’hôpital en 24 heures en France, portant le bilan à 3 024 morts depuis le début de l’épidémie. 20 946 cas personnes sont hospitalisées pour une infection au coronavirus. Tel était le bilan, hier soir.

Deux semaines après le premier tour des municipales, les autorités sanitaires constatent que les bénévoles, les élus qui ont participé au déroulement du vote et à la campagne ont été atteints par la propagation du coronavirus, alors que de nombreuses mesures de protections avaient été prises, mais n’ont pas été suffisantes.

Le climat entre les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’Union européenne se détériore et révèle un manque de solidarité qui pourrait compromettre l’existence même de l’Europe.

Tous les gouvernements ont sous-estimé la gravité de l’épidémie et tardé à prendre des mesures efficaces. Les régimes autoritaires bloquent les critiques. Dans les démocraties, qui ont un devoir de transparence, ce n’est pas possible. La concurrence entre les pays face à la pénurie de masques, de tests, de respirateurs, provoque des tensions à l’intérieur même des Unions et fédérations, comme les Etats-Unis et l’Europe. La livraison et le transport de masques sous escorte militaire en dit long sur les intentions et les égoïsmes. Il est normal que les peuples espèrent un remède miracle, mais lamentable de voir la montée aux extrêmes à laquelle se livrent tant d’experts du dimanche autoproclamés. L’inflation de commentaires sur les réseaux sociaux, mais aussi sur les plateaux de télévision, donne la nausée.

La présidente du Rassemblement national estime qu’il est légitime de se demander si le coronavirus ne s’est pas « échappé » d’un laboratoire. « On vous a menti, c’est un complot, ce sont les laboratoires pharmaceutiques, c’est le gouvernement… »

Assez, assez, je n’en peux plus !

La pandémie frappe aujourd’hui les États-Unis avec plus de 100 000 cas.  Pourquoi, la première puissance mondiale, informée en temps réel, n’a pas anticipé la menace et fait en sorte, en temps voulu, d’endiguer la progression du virus ? Le premier cas avait été détecté dans l’État de Washington dès la fin janvier ; pourquoi les premières mesures de confinement ne sont apparues que ces derniers jours. La revue Forbes raconte que les plus riches américains, eux, anticipent. La demande de construction de bunkers luxueux aménagés pour mettre leurs familles à l’abri explose.

Le 21 mars, j’ai entrepris de raconter, avec l’aide des archives du journal Le Monde, ce qui s’est passé depuis le premier de ces « Cent jours qui ébranlèrent le monde ». Je poursuis ce récit avec pour seul but de mieux comprendre la montée du péril, l’environnement dans lequel les événements se sont déroulés et les difficultés que tous les gouvernements, sans exceptions, ont rencontrées.

Voilà ce que le lecteur du Monde pouvait lire au jour le jour.

11 février   Donald Trump ou l’art de la surchauffe économique

« Le projet de budget présenté, lundi 10 février, par Donald Trump  est fondé sur des hypothèses de croissance jugées irréalistes de 3 % (la croissance fut de 2,3 % en 2019). tout pour les militaires, des coupes dans les programmes sociaux, et voguent les déficits publics, qui sont désormais de 1 000 milliards de dollars par an (916 milliards d’euros environ, près de 5 % du PIB) », écrit Arnaud Leparmentier dans le papier qui porte ce titre. « La cote de popularité du président des Etats-Unis a atteint 49 %, selon le baromètre Gallup de fin janvier, son niveau le plus élevé depuis le début de son mandat.

 Le projet de budget est cependant un peu plus subtil. Donald Trump ne touche pas aux personnes âgées, protégeant leur système de santé et de retraite. M. Trump prévoit aussi de réduire le coût des médicaments et les dépenses gouvernementales de santé. Fidèle à sa politique anti-environnementale, il veut tailler dans le budget de l’agence de protection de l’environnement et réduire les aides financières aux étudiants, à rebours des démocrates.

Trump est un adepte de la surchauffe. Surchauffe de Wall Street, dopée par la réforme fiscale de 2017 qui a profité aux entreprises et aux plus riches, que le président américain entend prolonger. Surchauffe monétaire, de la part de la Fed (Réserve fédérale, banque centrale), qui a baissé ses taux d’intérêt à trois reprises en 2019 et sera sous pression pour agir de nouveau en cas de ralentissement chinois accentué par l’épidémie de coronavirus. Surchauffe dans le domaine de l’emploi, qui force les entreprises à aller chercher de la main-d’œuvre qui s’était retirée du marché de l’emploi sans que l’inflation salariale s’envole. Enfin, surchauffe budgétaire, avec un président qui a enterré le credo orthodoxe des républicains et des Tea Party invoqué sous le règne d’Obama. « Le budget, mais qui s’en soucie ? », a demandé M. Trump, en janvier, lors d’un dîner de donateurs en Floride.

Avec un chômage au plus bas depuis un demi-siècle, 63 % des Américains approuvent la manière dont Trump gère l’économie, en hausse de 6 points depuis novembre. Un plus haut depuis le score de George W. Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Les Américains peuvent se financer indéfiniment avec le dollar qui remonte, leur dette n’est pas pire que celle de la France, ils attirent les investisseurs, pratiquent une politique monétaire plus orthodoxe que le Japon et l’Europe tandis que les guerres commerciales sont, pour l’instant, sous contrôle. »

11 février     « A quoi ressemble un coronavirus financier ? »

Le Monde publie une tribune signée Karl Eychenne, analyste financier dans une société de gestion d’actifs, dans laquelle on pouvait lire que « depuis le 21 janvier, l’onde de choc du coronavirus s’est diffusée sur les marchés financiers, mais les investisseurs ont adopté des stratégies de repli, avant d’acquérir la conviction que le pire ne surviendrait pas.

La seule vue des réactions des marchés ne permet pas d’interpréter le risque en question, on peut seulement en conclure que quelque chose de grave se passe (…) Près de trois semaines après le début de l’épidémie, le message délivré par les marchés est que « la crise est derrière nous ». Les indices actions américains et européens sont revenus sur leurs niveaux initiaux, voire les ont dépassés. »

12 février    Le coronavirus est une « menace pour le monde »

Dans l’article de Paul Benkimoun et Brice Pedroletti, on pouvait lire ceci :

« L’OMS met en garde au moment où le bilan dépasse les 1 100 morts. L’épidémie due au coronavirus, désormais officiellement appelée « Covid-19 », montre des signes timides de stabilisation en Chine. Un décès suspect a toutefois été signalé en Iran.

(…) Dans un entretien à l’agence Reuters mardi, le professeur Zhong Nanshan, l’expert de la commission nationale de la santé chargé d’annoncer le 20 janvier la transmission du virus d’homme à homme, a dit espérer voir l’épidémie plafonner d’ici à la fin février puis baisser, pour, anticipe-t-il, se terminer en avril. Mais « nous ne savons pas pourquoi ce virus est si contagieux, et c’est un gros problème », a expliqué depuis Canton le professeur de 83 ans, connu pour son rôle lors de l’épidémie du SRAS en 2003.

(…) Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a estimé mardi qu’il y avait une « chance réaliste de stopper » la propagation dans le monde du coronavirus apparu à Wuhan en décembre 2019. La maladie que celui-ci provoque est dorénavant baptisée Covid-19 (pour « Coronavirus disease » suivie de son année d’apparition) par l’OMS. Malgré la circonscription de la majeure partie de l’épidémie à la Chine, et à la province du Hubei, quelques foyers épidémiques sont bel et bien apparus hors de Chine. Un Britannique qui a contracté le coronavirus à Singapour l’a ainsi transmis à plusieurs de ses compatriotes et à des vacanciers français lors d’un séjour en Haute-Savoie, avant d’être diagnostiqué au Royaume-Uni. Onze personnes ont été infectées : cinq hospitalisées en France, cinq au Royaume-Uni et une sur l’île espagnole de Majorque. En Allemagne, ce sont à présent 14 personnes qui ont été successivement infectées à partir d’une même personne, une ressortissante chinoise qui présentait peu de symptômes lors de son bref séjour en Bavière. Par ailleurs, 39 nouveaux cas de contamination par le coronavirus Covid-19 ont été détectés à bord du paquebot Diamond-Princess mis en quarantaine près de Yokohama (sud-ouest de Tokyo), portant le total à 174, a annoncé mercredi le ministre japonais de la santé. »

13 février    « Le point sur le coronavirus : le nombre d’infections explose en une journée en Chine, des dirigeants locaux sont limogés »

Le bilan des décès et des contaminations au coronavirus a connu, jeudi 13 février, une forte hausse en Chine après l’adoption par les autorités d’une nouvelle méthode de détection des cas. Ces nouveaux chiffres pourraient alimenter les spéculations selon lesquelles la gravité de l’épidémie de pneumonie due au nouveau coronavirus, appelée officiellement Covid-19 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pourrait avoir été sous-estimée. Les ministres européens de la santé doivent se réunir jeudi à Bruxelles pour discuter du sujet.

  • Dans le Hubei, 14 840 nouveaux cas, 242 nouvelles morts
  • Les dirigeants de Wuhan et du Hubei limogés
  • Premier mort au Japon, 44 nouveaux cas sur le « Diamond-Princess »
  • Une commune en quarantaine au Vietnam, une première
  • Après dix jours d’errance, un paquebot accoste au Cambodge
  • Une troisième guérison en France
  • Des conséquences « significatives » sur la demande de pétrole

15 février   «  Un touriste chinois de 80 ans, infecté par le coronavirus et hospitalisé en France, est mort »

« Hospitalisé en France depuis fin janvier après avoir contracté le coronavirus SARS-CoV-2, un touriste chinois de 80 ans est mort, a annoncé samedi 15 février la ministre française de la santé, Agnès Buzyn. « Il s’agit là du premier décès par le coronavirus en dehors de l’Asie, donc le premier décès en Europe », a-t-elle souligné lors d’un point presse.

Ce premier décès en Europe « n’est pas une surprise », pour Andrew Freedman, enseignant en infectiologie à l’université de Cardiff. Il rappelle que si le taux de mortalité global de ce virus est « faible, probablement en dessous de 2 % », les personnes âgées ou déjà atteintes d’une autre maladie sont plus à risque. « Toute infection respiratoire grave chez une personne vulnérable est préoccupante, qu’il s’agisse de la grippe, d’une pneumonie bactérienne ou, comme ici, d’un coronavirus », observe aussi Michael Head, chercheur à l’université de Southampton.

L’épidémie de pneumonie virale baptisée Covid-19, détectée en Chine en décembre 2019 dans la province du Hubei, a contaminé plus de 66 000 personnes et fait plus de 1 500 morts dans le pays. Hors de Chine continentale, près de 600 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires, dont un premier annoncé vendredi sur le continent africain. »

Agnès Buzyn déclarait ce jour-là :  « Il nous faut préparer notre système de santé à faire face à une éventuelle diffusion pandémique et donc à une circulation du virus sur le territoire national ».

17 février   Philippe Mesmer raconte, sous le titre : « Coronavirus : en Corée du Sud, le nombre de cas bondit à cause d’une secte », les circonstances dans lesquelles des membres de l’Eglise de Jésus du Nouveau Monde ont été infectés par le coronavirus. « Le nombre de cas dans le pays a bondi de 125 en seulement trois jours, pour atteindre 156 cas vendredi. Une secte sud-coréenne est devenue l’un des premiers foyers de coronavirus SARS-CoV-2 hors de Chine, derrière le paquebot Diamond-Princess. Quelque 82 membres d’un mouvement puissant et controversé, l’Eglise de Jésus Shincheonji (« nouveau monde »), ont été contaminés dans la ville de Daegu et dans la province du Gyeongsang du Nord. La situation inquiète d’autant plus le gouvernement qu’il s’agit des premiers cas de transmissions locales, non liées à des déplacements à l’étranger.

Le Centre coréen des maladies contagieuses a pour l’heure exclu de déclarer à Daegu des mesures de confinement semblables à celles en place à Wuhan, foyer de la maladie en Chine. Mais toutes les personnes suspectes seront désormais testées, même si elles n’ont aucun lien avec des cas existants ou si elles n’ont pas voyagé à l’étranger. La capacité quotidienne de tests sera portée de 5 000 à 10 000 avant la fin du mois.

Le maire de la ville, Kwon Young-jin, a demandé à la population de limiter les sorties, évoquant « une crise sans précédent ». Un appel très suivi, les rues restant désertes, les crèches fermées et la rentrée scolaire prévue début mars repoussée. Deux soldats ayant séjourné dans la ville ayant été contaminés, le ministère de la défense a ordonné le maintien de l’ensemble des militaires de la région dans leur cantonnement. A Séoul, les rassemblements de masse ont été interdits. Le virus aurait été transmis pendant des offices par une femme de 61 ans. Elle pourrait représenter un cas de « super-propagateur », une personne infectée pouvant transmettre le virus à un grand nombre de personnes, alors que l’indice de contagiosité du SARS-CoV-2 se situerait entre 1,5 et 3,5.

Hospitalisée après un accident début février, la femme aurait refusé à trois reprises d’être testée au nouveau virus, malgré l’insistance des médecins. Comme elle n’avait eu aucun antécédent de contact avec une personne malade ou venue de Chine, ces derniers ne pouvaient la forcer. Elle a également dissimulé ses activités religieuses, conformément aux exigences de la secte, et assisté par la suite à au moins deux offices.

L’historique de ses déplacements récents montre son passage par plusieurs grands magasins, dont un à Séoul, qui ont choisi de ne pas ouvrir jeudi. La patiente se serait également rendue dans un hôpital du Gyeongsang du Nord, où plusieurs cas ont été découverts et où la première mort, un homme de 65 ans, a été déplorée. La secte Shincheonji assure un service de coiffure pour les patients de cet établissement. Le mouvement a suspendu ses services religieux et tous les rassemblements prévus, les remplaçant par des offices en ligne. Le Centre coréen des maladies contagieuses a demandé à 1 001 fidèles ayant été potentiellement en contact avec cette patiente de rester isolés chez eux. »

25 février   « Coronavirus : un troisième décès en Italie, Wuhan, foyer de l’épidémie en Chine, assouplit son confinement »

« L’épidémie due au coronavirus poursuit sa progression, où elle s’est répandue dans une trentaine de pays et territoires. Quelque 78 000 personnes ont été contaminées à travers le monde.

De nouveaux cas de contamination au coronavirus sont « très probables » dans le pays, a déclaré dimanche le nouveau ministre de la santé, Olivier Véran. « Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un seul malade en France, hospitalisé à Lyon. Son état de santé n’est pas préoccupant. Tous les autres, mis à part un homme de 80 ans qui est décédé, sont sortis guéris et ne sont pas contagieux ». Le ministre a précisé que le nombre de laboratoires équipés en tests de diagnostic allait être augmenté « pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d’analyses par jour et sur tout le territoire, contre 400 aujourd’hui ».

L’expansion du virus en dehors de la Chine avive les inquiétudes. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) redoute « le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a averti son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus. C’est le cas de nombreux pays africains dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical sont mal préparés pour affronter l’épidémie. Pour l’instant, sur le continent, seule l’Egypte a enregistré un cas confirmé de contamination. »

24 février    C’est sous le titre : « Coronavirus : en Italie, en Corée du Sud, en Iran… la propagation s’accélère », que le journal rapporte que « Pour l’OMS, « l’augmentation soudaine » de cas est jugée « très préoccupante ». En Europe, la Commission ne veut pas encore rétablir le contrôle aux frontières, malgré la situation en Italie. La France, elle, se prépare à une possible « épidémie ». L’épidémie de pneumonie s’accélère à travers le globe. 78 000 personnes ont été contaminées à travers le monde, dans une trentaine de pays et territoires. La Corée du Sud et l’Iran se retrouvent en première ligne, lundi 24 février, avec respectivement le plus grand nombre de cas de contamination et de morts en dehors de la Chine. En Europe, l’Italie déplore désormais sept décès. Quatre nouveaux pays – l’Irak, l’Afghanistan, le Koweït et Bahreïn – sont touchés.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé lundi le monde à se préparer à une « éventuelle pandémie » du nouveau coronavirus, en jugeant « très préoccupante (…) l’augmentation soudaine » de nouveaux cas en Italie, en Corée du Sud et en Iran.

La Corée du Sud a annoncé que 70 nouveaux cas avaient été enregistrés lundi après-midi, portant le total des personnes contaminées à 833, ce qui constitue le plus grand foyer de l’épidémie en dehors de la Chine. Face au rythme de contagion, le président sud-coréen Moon Jae-in a proclamé dimanche l’état d’alerte maximale.

Plus de la moitié des cas annoncés en Corée du Sud concernent des membres d’une secte d’inspiration chrétienne dans la ville de Daegu (sud du pays). Dix-huit d’entre eux rentraient d’un pèlerinage en Israël où deux cas ont été déclarés et où de nouvelles mesures d’interdiction d’entrée ont été prises.

L’irruption du coronavirus en Iran a été rapide et meurtrière. Selon un bilan officiel rapporté lundi par l’agence de presse Iranian Students News Agency (ISNA – « Agence de presse des étudiants iraniens »), 12 personnes sont mortes sur 64 personnes infectées. Mais ce bilan est contesté. Ahmad Amirabadi Farahani, un député de Qom (centre), l’une des villes saintes de l’islam chiite, où ont été annoncés les premiers cas de coronavirus en Iran, a accusé lundi le gouvernement de « ne pas dire la vérité » sur l’ampleur de l’épidémie.

L’Italie compte désormais sept personnes mortes du virus (six en Lombardie et une et Vénétie), le septième décès annoncé lundi soir étant un homme de 62 ans, originaire de Castiglione d’Adda, au sud de Milan, où se trouve l’un des foyers de l’épidémie. En moins de quarante-huit heures, l’Italie est devenue le pays le plus touché en Europe. Depuis le premier décès d’un Italien, vendredi en Vénétie, le pays a pris de nombreuses mesures de précaution, dont la mise à l’isolement d’une dizaine de villes du Nord. Le carnaval de Venise, qui devait se terminer mardi, a été annulé dès dimanche.

Face à la flambée de cas en Italie, la Commission européenne ne souhaite pas dans l’immédiat le rétablissement de contrôles aux frontières intérieures de l’Union européenne, une décision qui reste à l’initiative des Etats membres, estime l’institution. Toute décision en ce sens devra par ailleurs répondre à des conditions strictes, a expliqué l’exécutif européen.

La France ne comptait, lundi 24 février au soir, plus aucun malade infecté par le coronavirus, mais la vigilance reste de mise a averti le ministre de la santé, Olivier Véran. Des recommandations pour les personnes revenant de Lombardie et de Vénitie, en Italie, pays frontalier qui est le plus touché d’Europe, ont notamment été mise en œuvre.

Un bus en provenance de Milan a été bloqué lundi à Lyon en raison d’une suspicion de coronavirus à bord. Passé par Turin et Grenoble, le véhicule de la compagnie FlixBus a été mis à l’écart dans la gare routière de Perrache et ses passagers confinés à l’intérieur pendant plusieurs heures. Le bus a été entièrement évacué peu après 13 heures, par petits groupes de passagers, tous porteurs d’un masque, encadrés par des secouristes. »

25 février    « Les Bourses mondiales saisies par la fièvre du coronavirus »

Julien Bouissou et Béatrice Madeline rapporte que « la propagation de l’épidémie de coronavirus hors de Chine, particulièrement en Iran et en Italie, ainsi que les révisions à la baisse, dimanche 22 février, des prévisions de croissance mondiale par le Fonds monétaire international (FMI), ont semé lundi un véritable vent de panique sur les marchés financiers. A New York, le Dow Jones a chuté de 3,6 %, sa pire séance en plus de deux ans, et le Nasdaq a dégringolé de 3,7 %. En Europe, la Bourse de Milan avait perdu 5,4 % à l’issue de la séance de lundi, le DAX allemand 4 %. A la Bourse de Paris, le CAC 40 a abandonné 3,94 %. Réunis durant le week-end en Arabie saoudite, les ministres des finances du G20 ont pourtant promis des mesures pour faire face à une éventuelle de la détérioration de la situation. Ils n’ont pas été entendus.

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évoque le risque de pandémie, c’est toute l’économie mondiale qui menace désormais d’être déstabilisée par le Covid-19. « Cette réaction reflète la déception des marchés boursiers et financiers qui pensaient que le choc du coronavirus allait être temporaire », analyse William De Vijlder, chef économiste de BNP Paribas. La propagation de l’épidémie, selon un mécanisme qui semble aujourd’hui difficile à décrypter, plonge les marchés dans l’incertitude (…) « Ce qui est frappant dans cette crise, c’est de voir le choc de l’offre se superposer à un choc de la demande », explique William De Vijlder. La baisse de la production en Chine perturbe les chaînes d’approvisionnement du monde entier. Et l’épidémie freine la consommation, comme l’illustre la baisse de 30 % des ventes chinoises de voitures depuis le début de la crise, ou encore le tarissement des flux touristiques. « La crise de confiance paralyse les agents économiques », souligne Julien Marcilly, chef économiste chez Coface. Symbole de ces dérèglements, le fabricant Apple a prévenu mi-février que la pneumonie virale allait affecter ses résultats, entraînant une chute de son cours boursier.

La baisse par le FMI de 0,1 % de ses prévisions de croissance mondiales pour 2020 est sous-estimée, selon Patrick Artus. Le chef économiste à la banque Natixis n’exclut pas une récession en Europe au premier semestre 2020, et une perte d’au moins un demi-point de croissance en France sur la même période. « Un demi-point que nous ne sommes pas certains de récupérer ensuite », prévient Patrick Artus. De telle sorte que d’ici la fin de l’année, l’épidémie pourrait faire perdre 0,2 à 0,3 point à la croissance française, laquelle était estimée à 1,1 % par Bercy et la Banque de France.

Difficile aujourd’hui de voir ce qui pourrait à court ou moyen terme rassurer les marchés. La reprise progressive de la production en Chine, qui desserre l’étau sur les chaînes d’approvisionnement, n’écarte plus la crainte de voir d’autres pans de l’économie mondiale paralysés par des mesures de confinement, voire même des mesures de protection aux frontières. « Le vrai sujet est de savoir ce qu’il adviendra des nouveaux cas de personnes infectées », avance Julien Marcilly. « On n’a pas d’exemples par le passé d’une crise similaire dans un pays aussi important que la Chine, d’une telle ampleur et on est assez mal outillés pour dire jusqu’ou cela peut aller », reconnaît William De Vijlder. »

25 février   « La pandémie de coronavirus paraît inéluctable » selon Paul Benkimoun.

Sommes-nous à la veille d’une pandémie, voire déjà dans cette situation ? Le développement de foyers actifs de Covid-19 hors de Chine – en Corée du Sud, en Iran et en Italie – a peut-être sonné le glas des espoirs de contenir l’épidémie à l’intérieur des frontières du pays où elle a pris naissance. Pour autant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se refuse encore à employer le terme de pandémie. Dans un cas comme dans l’autre, la question essentielle est de savoir apporter une réponse adaptée à la réalité de la situation.

Le bilan mondial de l’épidémie, au mardi 25 février, a dépassé les 80 000 cas, dont un peu plus de 77 000 en Chine et frôle les 2 700 morts. Hors de Chine, il est marqué par l’apparition de cas dans cinq nouveaux pays en 24 heures – Afghanistan, Bahreïn, Koweït, Irak et Oman –, et un nombre d’infections confirmées qui continue de croître en Iran, en Italie et en Corée du Sud. Avec 893 personnes contaminées, dont huit sont décédées, ce dernier pays est le deuxième le plus touché après la Chine. Après le pic de 231 nouvelles contaminations annoncées lundi, la Corée du Sud a recensé 60 nouveaux cas mardi. Une mission de l’OMS est partie pour l’Iran, qui recense officiellement 15 morts. L’Italie, qui a comptabilisé 229 cas, dont 7 mortels, est de loin le pays le plus touché en Europe, devant l’Allemagne (16 cas). Le dernier des 12 cas dénombrés en France est à présent guéri et a quitté l’hôpital. Ce qui n’empêche pas la population d’être inquiète : la plate-forme du ministère de la santé a reçu 5 000 appels lundi, contre 250 samedi.

Le directeur général de l’OMS explique le refus de qualifier la situation de pandémique. « Notre décision d’utiliser ou non le mot pandémie pour qualifier une épidémie est fondée sur une évaluation continue de la propagation géographique du virus, de la sévérité de la maladie qu’il provoque et de l’impact qu’il a sur l’ensemble de la société. Pour le moment, nous n’assistons pas à une propagation mondiale débridée du virus et nous ne voyons pas une maladie grave ou des décès à grande échelle. Est-ce que ce virus possède un potentiel pandémique ? Absolument, il l’a. En sommes-nous là ? D’après notre évaluation, pas encore. »

« Le match de football OL-Juventus maintenu malgré les inquiétudes liées au coronavirus »

« Les autorités se refusent pour l’heure à remettre en cause la tenue de la rencontre, mais l’inquiétude est bien présente dans les esprits. La progression de l’épidémie de coronavirus en Italie suscite des inquiétudes avant le huitième de finale aller de Ligue des champions prévu mercredi 26 février à Lyon entre l’Olympique lyonnais et la Juventus Turin.

Les maires de Meyzieu et Décines-Charpieu, où se situe le stade de l’Olympique lyonnais qui doit accueillir la rencontre, ont demandé mardi aux autorités d’interdire la venue de près de 3 000 supporteurs de la Juve « au nom du principe de précaution mais aussi de la prévention à tout trouble à l’ordre public ».

Les édiles LR Christophe Quiniou et Laurence Fautra, qui ont déjà exprimé leurs réserves « les plus fermes » à la préfecture et à l’Agence régionale de santé, estiment que ce match « fait naître des craintes, légitimes » chez leurs administrés, « immédiatement concernés par l’accueil et les flux de supporteurs ».

Le président de l’OL, Jean-Michel Aulas, s’est aussi voulu rassurant, appelant à « ne pas créer d’angoisses supplémentaires ». Pour l’instant « il n’y a pas de mesure de restriction, (…) les supporteurs italiens seront dans un espace qui n’est pas en contact avec les autres spectateurs », a-t-il souligné.

« Tous les supporteurs de Lyon et de la Juve peuvent venir sans difficulté (…). La crainte pour nous n’est pas liée au virus mais plutôt à la qualité de cette équipe turinoise. »

L’OL, club coté en Bourse, s’attend à dégager des revenus records mercredi soir dans son stade, grâce à une affluence estimée par à plus de 57 000 spectateurs. Comparable, voire supérieure à celle du match contre le FC Barcelone la saison dernière, qui avait engendré plus de cinq millions d’euros de recettes.

« Les gens viennent de partout en Italie car Turin est le club le plus populaire du pays », précise-t-on à l’Olympique lyonnais. Plus de 2 700 fans doivent faire le déplacement, sans les ultras cependant, en conflit actuellement avec la direction de la Juventus.

Après une réunion avec ses collègues européens à Rome, le ministre de la santé, Olivier Véran, a de nouveau estimé qu’« il n’y a pas lieu d’annuler a priori des grands évènements publics qu’ils soient de nature sportive ou culturelle », tout en s’accordant sur le fait « de regarder chaque situation au cas par cas ».

26 février    « Coronavirus : la Commission européenne estime que les contrôles aux frontières ne se justifient pas ».

Sophie Petitjean écrivait : « Limitée dans ses compétences en matière de santé publique, la Commission européenne tente d’assurer la coordination entre les Etats membres de l’Union européenne et le partage d’information, face à la crise du Covid-19, qui a tué 10 personnes en Italie. Les experts de l’Agence européenne de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ont indiqué lundi 24 février que le risque d’une concentration de cas similaire à ce qui a été découvert en Italie était désormais « modéré à élevé ». « Nous devons aborder cette situation très sérieusement mais nous ne devons pas céder à la panique et plus important encore, à la désinformation », a toutefois affirmé la commissaire à la santé, Stella Kyriakides. Elle était venue annoncer à la presse la mobilisation de 232 millions d’euros pour soutenir l’action de l’OMS et faciliter la recherche dans le contexte du Covid-19.

Pour la Commission, toute nouvelle mesure doit être analysée à l’épreuve de trois critères : l’existence d’une évaluation des risques crédibles alimentée par des preuves scientifiques, le respect de la proportionnalité et la nécessité de coordination avec les autres Etats membres. Or, à ce stade, ni l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni l’ECDC ne recommandent la suspension de la libre circulation à l’intérieur de l’espace Schengen, souligne l’institution européenne.

La réintroduction de contrôles aux frontières, autorisée pour une période limitée en cas de menace sérieuse pour la sécurité intérieure ou l’ordre public, relève de la compétence des Etats membres. La Commission européenne, qui ne peut s’y opposer, peut toutefois émettre un avis relatif à la proportionnalité et la nécessité d’une telle décision. »

27 février     « Coronavirus : l’inquiétude grandit dans l’Oise, plusieurs cas dans la base militaire de Creil »

Patricia Jolly, Nathalie Guibert et Sylvia Zappi, racontent : « Sur la base aérienne de Creil — un site ultrasécurisé qui abrite la direction du renseignement militaire —, le service de santé des armées a testé tous les personnels ce jour et trouvé huit cas potentiels, selon les informations du Monde, qui s’ajoutent à un autre cas déjà détecté. Tous ces nouveaux diagnostics ne sont pas des cas déclarés. Pour l’heure, les malades avérés de la base seraient au nombre de quatre, dont deux dans un état grave. Si tous se confirment, l’emprise militaire abriterait déjà neuf des douze cas repérés dans le département. Les trajets entre Creil et le siège des armées de Balard, à Paris, ont été interdits jeudi.

Les recherches permettront-elles d’identifier dans ce département le patient zéro français ? « Les procédures standards de traçabilité » en cas d’épidémie ont été suivies dans l’Oise comme ailleurs, sans panique aucune mais avec précaution, précisaient les sources gouvernementales jeudi. Selon la mairie de Compiègne et la CGT, environ 200 agents hospitaliers travaillant dans les hôpitaux de Creil et de Compiègne sont confinés chez eux par mesure de précaution.

L’armée souhaite rester discrète : les sources du Monde font savoir qu’en ayant investigué très vite, et donc identifié des malades, les militaires craignent que la population stigmatise l’institution comme le point d’origine de l’épidémie. Une rumeur a beaucoup circulé ces dernières heures, selon laquelle le civil de la défense atteint sur la base de Creil avait fréquenté un équipage parti chercher des Français de Wuhan. Selon les informations du Monde, cette piste peut être écartée : les militaires membres de cet équipage ont été placés en quarantaine et personne n’était atteint.

Selon des sources militaires, le sujet ne serait pas tant l’armée que la proximité de l’aéroport de Roissy, et la résidence, dans l’Oise, d’un grand nombre de personnels de Groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris) et de compagnies aériennes. Ni Groupe ADP ni Air France n’ont confirmé officiellement cette hypothèse.

Les personnels de la base aérienne de Creil n’ont pas été confinés sur le site. Et le coronavirus n’apparaissait pas comme une préoccupation majeure à l’entrée des installations à la mi-journée. Une journaliste posant son pied de caméra face à l’enceinte constellée de panneaux « Enceinte militaire, défense de photographier, article R645-2 du code pénal » a bien été courtoisement priée de remballer son matériel et escortée par un planton jusqu’à sa voiture, mais aucune inquiétude particulière ne transparaissait. « On travaille comme d’habitude ; pour la communication, il faut voir avec le ministère de la santé, nous a indiqué, bonnet vissé sur la tête et veste gonflée par de violentes bourrasques, un militaire occupé à résorber le mini-embouteillage provoqué par une panne du portail due à la tempête. Tandis que d’autres véhicules sortaient, un soldat en treillis, et un autre, en civil, patientaient à l’intérieur de leurs véhicules respectifs pour aller prendre leur service. »

28 février     « Coronavirus : Trump veut rassurer les Américains, et les investisseurs, sur leur portefeuille ».

Dans leur article, Arnaud Leparmentier et Gilles Paris évoquait « l’optimisme forcé » dont fait preuve le président américain, alors que Wall Street s’affole et « que les coupes budgétaires dans le domaine de la santé se révèlent embarrassantes ».

« Tout était sur des rails : le chômage au plus bas depuis un demi-siècle, les taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale) rabaissés à trois reprises et un armistice commercial signé avec la Chine. Donald Trump pouvait aborder l’année présidentielle avec une économie au beau fixe. Jusqu’à ce que survienne l’épidémie de Covid-19.

Les journalistes se demandaient « ce qu’il adviendra en cas d’épidémie sur le sol américain. La comparaison avec les crises précédentes est délicate : le stimulus budgétaire ou monétaire n’est pas immédiatement opérant, comme lors d’une récession traditionnelle, même si la Fed fait de nouveau l’objet de pressions pour réduire ses taux. Ces actions ne servent à rien si les ouvriers ne peuvent plus faire tourner les usines, si la population est confinée chez elle, avec écoles et commerces fermés. La comparaison la plus proche, évoquée par le Wall Street Journal, est celle avec les attentats du 11 septembre 2001, à la suite desquels l’activité aérienne avait été stoppée, Wall Street physiquement détruite, et les rassemblements publics annulés, alors que le pays était en récession. La Fed avait injecté des liquidités massives, tandis que l’économie avait finalement rebondi.

Arnaud Leparmentier et Gilles Paris, dans cet article, rapportaient les « boulettes » de Trump, très agacé par la réaction, à ses yeux, très exagérée des marchés. « Au cours d’une conférence de presse, il avait voulu rassurer à distance ses concitoyens par une formule maladroite : « Il y a une bonne chance que vous ne mouriez pas. » De retour de New Delhi, M. Trump s’en est pris aux médias. « Les “fake news” [MSNBC] et CNN font tout leur possible pour avoir une description du caronavirus [bien :  « caronavirus »] aussi noire que possible, y compris faire paniquer les marchés financiers. Comme leurs camarades incompétents du Parti démocrate qui ne font rien, ils ne font que du bla-bla et n’agissent pas. L’Amérique est en pleine forme ! », tweetait le président, mercredi.

Donald Trump a brandi un classement établi par l’université Johns-Hopkins (Maryland) expliquant que les Etats-Unis étaient le pays au monde le mieux préparé à lutter contre une pandémie. Il s’est vanté d’avoir interdit l’accès au territoire américain aux étrangers ayant séjourné depuis quatorze jours en Chine et il n’a pas exclu de le faire pour les voyageurs en provenance d’Italie ou de Corée du Sud.

Cependant, les Américains découvrent les affres d’un système de santé payant. Ainsi, un ressortissant de Floride revenant de Chine s’est rendu, fiévreux, à l’hôpital de Miami, craignant avoir été infecté. Ce n’était pas le cas, mais son assurance lui réclame désormais 3 184 dollars. L’affaire n’incite pas à aller se déclarer aux autorités sanitaires. Le faible nombre de cas détectés sur le sol américain laisse perplexes les observateurs, vu l’intensité des échanges avec la Chine. »

29 février    « Les effets du coronavirus font craindre une déroute de l’économie mondiale »

Isabelle Chaperon consacre son article aux très vives inquiétudes que suscite cette épidémie sur l’économie mondiale. En cinq séances, l’indice-phare de la Bourse de Paris a cédé environ 12 %, comme l’Euro Stoxx 50. Avec des baisses entre 10,5 % et 12,4 %, les trois grands indices des valeurs américaines ont connu leur pire semaine depuis octobre 2008. Autrement dit le mois suivant la faillite de Lehman Brothers. Du côté des marchés obligataires, les primes de risque se sont tendues sur les titres des entreprises les moins bien notées (…) « Quand la mer se retire, on voit ceux qui nagent sans maillot de bain », aime à dire le célèbre investisseur américain Warren Buffett : après des années d’argent facile qui ont conduit entreprises, investisseurs et Etats à empiler des dettes, les marchés financiers ont de quoi prendre des allures de camps de naturistes du Cap d’Agde. « Certaines entreprises n’investissent pas, n’embauchent pas mais ne survivent que parce que les taux d’intérêt sont bas (…) A ce stade, les investisseurs retiennent leur souffle, convaincus que les banques centrales vont intervenir

Le même jour, Chloé Hecketsweiler restituait en ces termes le point presse quotidien du ministre de la santé sous le titre : « Olivier Véran : « le coronavirus circule sur notre territoire et nous devons freiner sa diffusion »

Quelques jours seulement après avoir déclaré qu’il n’y avait « pas d’épidémie » dans le pays, le ministre de la santé, Olivier Véran, a confirmé, vendredi 28 février, dix-neuf nouveaux cas d’infection par le SARS-CoV-2. Plusieurs « clusters » (regroupements) ont été identifiés sur le territoire avec dix-huit cas dans l’Oise, six cas à Annecy, six cas concernant des voyageurs rentrant d’un voyage organisé en Egypte et deux cas à Montpellier. Douze cas « isolés » ont aussi été comptabilisés (…)« En France, une nouvelle étape de l’épidémie est franchie, et nous passons désormais au stade 2 [sur un total de 3] : le virus circule sur notre territoire et nous devons freiner sa diffusion », a déclaré le ministre, en visite à Crépy-en-Valois, commune de l’Oise où enseignait le premier Français décédé des suites de l’infection. Ce « stade 2 » fait référence aux seuils définis par les autorités françaises dans le plan pandémie grippale élaboré après l’épisode de grippe H1N1 en 2009. « C’est une phase de mise en œuvre des mesures-barrières et de montée en puissance du système sanitaire, dès lors que se développent des cas isolés autochtones ou de petits foyers sur le territoire », explique le document de 78 pages préparé par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

Les enseignements des précédentes pandémies y sont rappelés : « Une faible sévérité peut cacher bilan final très pénalisant ». Le document cite l’exemple d’une pandémie de grippe A qui, en 1957-1958, avait un taux de létalité de 1 décès pour 300 malades (0,3 %), donc inférieur à celui du nouveau coronavirus (compris entre 1 % et 3 %). « Mais, pour 10 millions de malades, bilan fréquent en pandémie, cela s’est traduit par 30 000 décès au minimum en France », est-il noté. Le « stade 3 » correspond au début de la vague épidémique, avec une augmentation rapide du nombre de cas.

Depuis la fin du mois de janvier, le ministère a dénombré 57 cas : deux patients sont morts, douze sont guéris, et 43 sont toujours hospitalisés. Mais le bilan pourrait s’alourdir rapidement : de nouveaux cas confirmés devaient ainsi arriver dans la nuit de vendredi à samedi au centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, où un seul malade était jusqu’à présent hospitalisé.

Dans ce contexte où de nombreux cas émergent sans explication évidente, le ministre a rappelé l’importance de la prévention. « Ce sont les petits gestes qui font une grande protection », a souligné Olivier Véran, qui « recommande désormais (…), d’éviter la poignée de mains ». « Le masque est inutile si vous n’êtes pas malade, si vous n’avez pas été [en] contact proche de personnes malades et que le port du masque ne vous a pas été recommandé », a-t-il souligné, en précisant que « l’essentiel des contaminations se fait par les mains ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a de son côté relevé, vendredi, à son degré maximum le niveau de la menace liée au nouveau coronavirus dans le monde, en le portant à « très élevé » (…) 50 pays sont touchés par le virus, qui a contaminé 85 000 personnes et fait près de 3 000 morts.

A suivre…

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