Né à Montrouge, le 10 mai 1908, Gilbert Desmoulin était un homme cultivé, modeste, tolérant et fidèle. Ingénieur de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, il avait commencé sa carrière aux Ponts et Chaussées de la ville de Blois. Pendant la guerre 39-45, dans des conditions difficiles, il avait fait preuve de courage et de ténacité dans les fonctions de directeur des services techniques de la ville de Dinan (Côte d’Armor). Passionné d’urbanisme, et diplômé de l’Institut d’Urbanisme de Paris, il était entré, en 1945, au tout jeune Ministère de la Reconstruction et affecté à Rennes. Un an plus tard, il avait été nommé Inspecteur départemental de l’Urbanisme pour la Charente.
En 1953, la direction du Ministère lui avait confié la Direction départementale de la Construction du Lot, où le poste venait d’être vacant. Fonctionnaire qualifié par sa hiérarchie « de grande valeur, faisant preuve de qualités éminentes de jugement, d’initiative et d’autorité souple », il avait exercé cette fonction qui le passionnait jusqu’en 1961, dans une région à laquelle il était resté très attaché.
La santé de sa femme s’étant dégradée, il avait quitté Cahors avec beaucoup de regrets pour prendre la direction des Services techniques de la ville de Chartres qu’il assumera jusqu’en 1966, date à laquelle il fit valoir ses droits à la retraite. Retiré à Elbeuf, il avait consacré la dernière partie de sa vie à des travaux d’expert auprès des tribunaux, à des actions éducatives et à la réflexion philosophique.
Curieux de tout, je l’ai toujours connu en état de veille permanente. Il savait se montrer critique et vigilant à l’égard de tout conditionnement de la pensée. Rationaliste, il ne croyait, et ne cherchait, que la vérité scientifique. En quête permanente de la connaissance, pour l’aider à conduire ses réflexions et ses actions avec sagesse, il avait un esprit critique qui excluait tout dénigrement. Pour atteindre ce qui était le but de sa vie, il était attentif à tout pour cueillir ce qui pouvait l’enrichir et détecter, pour l’éliminer, tout ce qui pouvait nuire, directement ou indirectement, à la vérité.
Modeste, il ne cherchait aucun honneur et pouvait donner l’impression d’être passif. Il n’en était rien, son rôle de « veilleur » nécessitait beaucoup de travail, de patience et de courage. Du plus loin que je me souvienne, je l’ai toujours vu penché sur sa table de travail, vouté, dégustant le fruit de ses recherches, traquant les fausses vérités, les fausses certitudes, les inexactitudes avec un petit sourire qui passait par dessus ses lunettes.
Fatigué par une longue vie trop souvent jalonnée d’épreuves, il s’est éteint le 8 novembre 1998, laissant à tous ceux qui l’ont connu et aimé, le souvenir d’un être exceptionnellement attachant, fraternel, aussi bien par les ressources de l’esprit que par celles du cœur. Avec tous les « petits papiers » qu’il a laissés et ses nombreux écrits, j’ai reconstitué et rédigé sa biographie. Pour célébrer le centième anniversaire de sa naissance et rendre hommage à ce père qui me manque, je consacrerai quelques billets de ce blog à quelques épisodes de son existence.

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