En Méditerranée, la montée aux extrêmes est le plus souvent verbale. Quand le leader chiite Hassan Nasrallah, qui a son propre réseau de communication, prévient que « la main qui veut me désarmer, même si c’est celle de mon père, je la couperai. », l’avertissement devient un encouragement à la violence, un message que les hommes de sa milice interprètent comme un ordre.
Le Hezbollah a l’apparence d’un parti qui se réclame de Dieu, mais, sous le prétexte de protéger le Liban contre Israël et les Etats-Unis, justifie la dimension militaire de son mouvement et fait croire à la population que sa seule vocation est d’assurer la sécurité de son pays. Un pouvoir faible, incapable de dénouer une crise politique et de désarmer l’armée parallèle qu’est le Hezbollah, est toujours à la merci d’un coup de force soutenu par des voisins intéressés. La Syrie et l’Iran profitent de toutes les occasions pour affirmer leur incontournable influence sur ce malheureux pays.
La longue et incertaine campagne présidentielle aux Etats-Unis et l’extrême faiblesse de la présidence Bush, offriront, jusqu’à la fin de l’année, de nombreuses opportunités à Hassan Nasrallah qui bénéficie toujours de la popularité que lui a offerte son succès relatif contre l’armée israélienne, en juillet 2006.
La majorité parlementaire peut faire toutes les propositions de négociation qu’elle voudra, elle est aux abois, terrée dans des sanctuaires, et incapable seule de désarmer le Hezbollah qui veut, au fil des mois, apparaître comme la seule Institution stable dans le pays. Chaque camp accuse l’autre d’avoir déclencher la guerre, comme dans tout déclenchement de conflit.
Que peuvent faire le Conseil de Sécurité, la Maison-Blanche, l’Union européenne ? Demander au Hezbollah de « cesser de semer le trouble », apparaît complètement décalé par rapport au langage guerrier de Hassan Nasrallah qui considère que l’Etat libanais n’est « qu’une association de malfaiteurs et de vendus » et que c’est sa milice qui constitue l’Etat. Dès la fin de son discours, retransmis par sa chaîne Al-Manar, les armes ont crépité, les miliciens cagoulés des deux camps ont commencé à se tirer dessus.
Si l’armée régulière, remarquable de cohésion jusqu’ici, devait perdre son unité, alors, la ligne rouge serait franchie et le Liban plongerait gravement dans une nouvelle guerre civile.

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