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  <title>Weblogue de Michel DESMOULIN</title>
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  <title>La médaille d’or du ridicule est attribuée à…</title>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
  <dc:subject>Coup de gueule</dc:subject>
  <summary>Le journal L’Equipe titra « La déchéance de la France ». Les commentaires furent catégoriques. Certains membres du gouvernement n’eurent pas de mots assez durs quand ils parlaient des dirigeants de la Fédération. Des parlementaires qualifièrent les performances de l’équipe de...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Le journal L’Equipe titra «&amp;nbsp;La déchéance de la France ». Les commentaires furent catégoriques. Certains membres du gouvernement n’eurent pas de mots assez durs quand ils parlaient des dirigeants de la Fédération. Des parlementaires qualifièrent les performances de l’équipe de France «&amp;nbsp;d’indignes de notre pays ». Les jeunes étaient déçus. Le moral des Français, paraît-il, s’en ressentait. Un député de Paris dénonça «&amp;nbsp;le coup porté au prestige de la France ». L’affaire, purement sportive, devint politique. Bref, la patrie était en danger&amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
Heureusement, Jacques Faizant résuma la situation dans un dessin resté célèbre qui représentait le général de Gaulle en survêtement, en baskets, avec son sac de sport, disant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Dans ce pays, si je ne fais pas tout moi-même&amp;nbsp;! » &lt;br /&gt;
Nous étions au mois d’août 1960, au lendemain des Jeux Olympiques de Rome où la France n’avait obtenu que cinq médailles et ne se classait qu’à la 25ème place dans la liste des nations participantes. &lt;br /&gt;
Malheureusement, notre pays n’a pas de mémoire, ne sait pas perdre «&amp;nbsp;sans jeter le bébé avec l’eau du bain » et ne craint jamais le ridicule dans ce type de situation. &lt;br /&gt;
Au mois de juin 2010, cinquante ans après les Jeux de Rome, la Fédération Française de Football, ses dirigeants, sa structure archaïque, ses formateurs, tout doit impérativement être remis à plat après un pareil échec en Afrique du Sud. Commission parlementaire, états généraux, limogeage, licenciement pour faute grave, radiation à vie&amp;nbsp;; bref, il ne manquait qu’un projet de loi…pour que cela ne se reproduise plus, comme d’habitude… Sans parler de l’escorte présidentielle dont bénéficia le joueur qui n’avait pas joué, qui n’avait rien vu, mais que le Président de la République devait recevoir en urgence eu égard à ses références jugées sans doute plus légitimes que celles du président de la FFF, du sélectionneur ou du directeur technique national nommé par l’Etat. &lt;br /&gt;
Déjà, en 1960, la Fédération avait été rendue responsable du désastre. Le mode d’élection des dirigeants avait été jugé peu démocratique. Qualifiées d’Etat dans l’Etat, les fédérations, en général, étaient accusées d’être loin de la vie quotidienne des sportifs, de les infantiliser et de maintenir des pratiques paternalistes. Les plus sévères dénonçaient «&amp;nbsp;un système gérontocratique et amateur auquel il fallait remédier en propulsant aux principaux postes de responsabilité, des dirigeants jeunes, enthousiastes et compétents, en phase avec leur époque. » &lt;br /&gt;
Par un arrêté en date du 17 février 1961, le ministre des sports, Maurice Herzog, nomma le lieutenant-colonel Marceau Crespin, délégué général à la préparation olympique. C’est sans doute en souvenir de cet épisode que la FIFA, la Fédération Internationale de Football Association, a mis en garde le gouvernement français, au début du mois de juillet, contre toute ingérence de l’Etat. En effet, parmi les premières mesures préconisées par le colonel Crespin, il y avait l’institution de directions techniques nationales, les DTN. &lt;br /&gt;
Le regretté Nelson Paillou, qui fut un dirigeant exemplaire, milita efficacement pour que la France adopte une voie moyenne entre le modèle anglo-saxon, qui prônait le libéralisme absolu, et le système adopté par les pays socialistes dans lesquels l’Etat contrôle tout. &lt;br /&gt;
Ce modèle a cinquante ans. Il a fait ses preuves. Si la France tient son rang, bon an, mal an, dans la plupart des disciplines, c’est en très grande partie en raison de la «&amp;nbsp;voie moyenne » prônée par Nelson Paillou, le colonel Crespin et quelques autres. Il n’en reste pas moins que, périodiquement, des voix s’élèvent pour réclamer, parfois à juste titre, une démocratisation de la gouvernance des fédérations et une réforme du «&amp;nbsp;haut niveau ». Toutes les institutions s’usent avec le temps. &lt;br /&gt;
Les dirigeants politiques et les journalistes sportifs, notamment, ont besoin de vacances. Les récentes victoires de l’équipe de France de football des moins de 19 ans et de l’équipe de France d’athlétisme sont arrivées au bon moment. Espérons que défaites et victoires constitueront une aide à la réflexion et qu’avant de parler ou d’écrire, ils auront en mémoire le passage du célèbre poème de Rudyard Kipling «&amp;nbsp;Tu seras un homme mon fils » écrit en 1910 pour son fils John âgé de 12 ans. &lt;br /&gt;
A Wimbledon, les joueurs qui sortent des vestiaires pour entrer sur le court central,  peuvent lire, en gros caractères&amp;nbsp;: “ If you can meet with triumph and disaster and treat those two impostors just the same”- . La meilleure traduction a été donnée en 1918 par André Maurois&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front... ».&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Résister</title>
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  <issued>2010-07-28T17:36:11+02:00</issued>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
  <dc:subject>EDITORIAL</dc:subject>
  <summary>La France célèbre cette année les 70 ans de l’appel du 18 juin 1940. Par delà les querelles, difficultés et divergences de vues actuelles, que de chemin parcouru dans les relations entre Allemands et Français. 
Je relisais récemment les « Mémoires d’un agent secret de la France...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;La France célèbre cette année les 70 ans de l’appel du 18 juin 1940. Par delà les querelles, difficultés et divergences de vues actuelles, que de chemin parcouru dans les relations entre Allemands et Français. &lt;br /&gt;
Je relisais récemment les «&amp;nbsp;Mémoires d’un agent secret de la France libre » que le colonel Rémy publia en 1959 aux Editions France Empire. L’auteur raconte qu’en septembre 40, alors qu’il se trouvait en Espagne pour une de ses premières missions, un inconnu qui avait bien voulu lui servir d’interprète auprès d’un douanier de l’aérodrome de Madrid-Barajas, tint des propos bien pessimistes sur le sort de l’Angleterre. Il doutait de la capacité de ce pays à résister longtemps à la puissance de l’Allemagne nazi. &lt;br /&gt;
Le colonel Rémy, de son vrai nom Gilbert Renault, pour tenter de lui faire changer d’avis, lui dit ceci&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
– Savez-vous que, voilà quinze jours, le chancelier Hitler a fait parvenir par une voie neutre un télégramme à M.Churchill, lui proposant de le rencontrer secrètement à Fontainebleau avec Mussolini afin d’en finir avec cette guerre&amp;nbsp;? M.Churchill arrive à Fontainebleau où l’attendent le Führer et le Duce. Le Führer lui fait les honneurs du Château. Après quoi il le conduit à une table magnifiquement dressée au bord du célèbre étang aux carpes&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voilà ce que j’ai à vous dire, Churchill. Cette guerre ne peut durer. J’ai préparé un document, il vous suffit de le signer et l’Europe retrouvera immédiatement la paix. – Que dit ce document&amp;nbsp;? demande Churchill. – Simplement ceci&amp;nbsp;: Vous reconnaissez que l’Angleterre a perdu la guerre. – Je suis désolé de ne pouvoir signer cela, dit Churchill, mais je ne suis pas d’accord avec cette déclaration. – C’est ridicule&amp;nbsp;! s’exclame le Führer en donnant un coup de poing sur la table. Rendez-vous donc à l’évidence&amp;nbsp;! M. Churchill secoue doucement la tête, avale une gorgée de son thé et propose&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;En Angleterre, nous aimons régler les affaires par un pari. Voulez-vous que nous en fassions un&amp;nbsp;? Celui qui l’aura perdu reconnaîtra qu’il a aussi perdu la guerre. – Quel pari&amp;nbsp;? demande Hitler, méfiant. – Vous voyez ces grosses carpes qui nagent à fleur d’eau&amp;nbsp;? Parions que le premier qui s’emparera de l’une d’elles sans employer aucun des moyens habituellement utilisés pour la pêche aura gagné la guerre. – C’est tout&amp;nbsp;? Entendu&amp;nbsp;! Je commence&amp;nbsp;! » Hitler sort immédiatement son pistolet de l’étui de cuir qu’il porte à la ceinture et tire les six balles du chargeur sur la carpe la plus proche. Celle-ci continue à nager comme si de rien n’était. – A toi, Musso&amp;nbsp;! ordonne-t-il, dépité. On m’a dit que tu es un excellent nageur…A l’eau, tout de suite&amp;nbsp;! Mussolini obtempère immédiatement et, se débarrasse de son uniforme sous lequel, dit-on, il porte constamment un caleçon de bain, se jette dans l’étang. Il passe près d’une carpe, referme les bras sur elle, mais le poisson lui glisse entre les mains. Il essaie d’une autre sans plus de succès. Au bout d’un quart d’heure, épuisé, hors d’haleine, il revient sur la berge. «&amp;nbsp;A vous, Churchill&amp;nbsp;! dit Hitler. Voyons ce que vous savez faire, puisque vous êtes si malin&amp;nbsp;! » Churchill prend sa cuiller à thé, la plonge dans l’étang, jette l’eau qu’elle contient par dessus son épaule. Puis il recommence, inlassablement. Bouche bée, le Führer le regarde faire. Après une bonne minute, impatienté, il demande ce que signifie ce manège. «&amp;nbsp;Ce sera long, répond Churchill sans s’émouvoir. Mais je crois que nous allons gagner la guerre. » &lt;br /&gt;
Je reconnais que cette histoire est un peu «&amp;nbsp;téléphonée ». Elle est du même tonneau que les aventures de la «&amp;nbsp;7ème compagnie », la célèbre série de Robert Lamoureux que la «&amp;nbsp;Une » avait programmé ces jours-ci pour la énième fois. Il faut cependant tenir compte du fait que le colonel Rémy la raconte à cet inconnu en septembre 1940 pour exprimer sa confiance, le sens de son engagement. Oui, dit-il, l’Angleterre va gagner la guerre avec des petites cuillers à thé&amp;nbsp;! C’est ça la résistance. C’est vrai pour tous les combats, toutes les actions de résistance et, en cela, cette histoire a un sens.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Brésil-Pays-Bas, sur un air connu!</title>
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  <issued>2010-07-01T16:55:23+02:00</issued>
  <modified>2010-07-01T16:55:23+02:00</modified>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
  <dc:subject>Coup de coeur</dc:subject>
  <summary>Il y a des matches que les amateurs de football ne peuvent oublier. Le 9 juillet 1994, déjà, l’équipe du Brésil trouvait sur son chemin l’équipe des Pays-Bas en quart de finale de la coupe du monde qui se déroulait cette année là, aux Etats-Unis. 
Ce soir là, pendant que les joueurs...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Il y a des matches que les amateurs de football ne peuvent oublier. Le 9 juillet 1994, déjà, l’équipe du Brésil trouvait sur son chemin l’équipe des Pays-Bas en quart de finale de la coupe du monde qui se déroulait cette année là, aux Etats-Unis. &lt;br /&gt;
Ce soir là, pendant que les joueurs pénétraient dans le Cotton Bowl de Dallas, j’entrais dans le magnifique théâtre antique d’Orange pour assister à la représentation de «&amp;nbsp;Nabucco ». Discrètement, enfin, c’est ce que je croyais, j’écoutai le début du match sur un petit poste camouflé dans ma poche et raccordé à une oreillette. &lt;br /&gt;
Entraînés par Carlos Alberto Parreira, les Brésiliens étaient bien décidés à gagner. Ils retrouvaient une formation néerlandaise qu'ils n'avaient plus croisée depuis un match du deuxième tour de la Coupe du Monde 1974. Cette année là, Cruyff et ses coéquipiers l'avaient emporté et gagné leur billet pour la finale. Les Pays-Bas comptaient sur Dennis Bergkamp et Marc Overmars pour battre les Brésiliens.  &lt;br /&gt;
Tout se passa bien pendant de longues minutes. Romario et Bebeto, les deux attaquants brésiliens donnèrent l’avantage à leur équipe. Je suivais attentivement les deux spectacles, quand un imbécile, il n’y a pas d’autre mot, situé à une dizaine de mètres de moi se mit à crier, dans le silence du théâtre antique&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Y’a combien&amp;nbsp;? ». Je baissai la tête, comme je savais si bien le faire à l’école, j’arrachai l’oreillette, je rougissais dans l’obscurité et je fis le choix obligé de me consacrer à «&amp;nbsp;Nabucco » qui était un spectacle grandiose. &lt;br /&gt;
Que le lecteur n’imagine pas que je n’aime pas la musique. Je ne suis pas comme Jacques Chirac qui, dit-on, n’aime pas la musique mais aime bien le bruit que ça fait&amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
Vendredi, c’est dans mon salon que je regarderai la confrontation tant attendue entre ces deux excellentes équipes. En 1994, le Brésil s’était très difficilement débarrassé des Hollandais ( 3 à 2 ) à l’issue d’un match de très haut niveau disputé dans une ambiance inimaginable. En finale, le Brésil, opposé à l’Italie,  s’imposa aux tirs au but. &lt;br /&gt;
Rentrée prématurément «&amp;nbsp;à la maison », l'Italie, comme la France, ne participera pas à la fête le 11 juillet prochain.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Léon Bouzerand, le Doisneau de Cahors, est en librairie.</title>
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  <issued>2010-06-28T00:25:32+02:00</issued>
  <modified>2010-06-28T00:25:32+02:00</modified>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
  <dc:subject>EDITORIAL</dc:subject>
  <summary>Comme Doisneau, - ils avaient le même âge-, Léon Bouzerand avait un style photographique qui alliait une compétence  acquise à l'Ecole nationale de la Photographie de la rue de Vaugirard, avec un sens inné de l’observation des situations, des lumières et des rencontres qu’il faisait. 
Les...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Comme Doisneau, - ils avaient le même âge-, Léon Bouzerand avait un style photographique qui alliait une compétence  acquise à l'Ecole nationale de la Photographie de la rue de Vaugirard, avec un sens inné de l’observation des situations, des lumières et des rencontres qu’il faisait. &lt;br /&gt;
Les quelques photos ci-dessous, qui datent des années cinquante et soixante témoignent de la sensibilité avec laquelle Léon Bouzerand a immortalisé ces petites scènes de la vie quotidienne qui faisaient le bonheur de vivre à Cahors, la charmante petite préfecture du Lot. &lt;br /&gt;
C’est dans la rue, au marché, à la terrasse des cafés que Léon Bouzerand saisissait des instants, des attitudes, qui, si on les observe attentivement, racontent des histoires. Ces photos expriment un art de vivre aujourd’hui disparu. La vie avait alors un rythme que le Rolleiflex de Léon Bouzerand restitue admirablement et fidèlement. Il y avait chez ce grand photographe, une tendresse, un humour et souvent une taquinerie qui faisaient de cet homme – mon beau-père – un des hommes les plus aimés de la capitale du Quercy. &lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;L’association  Vitesse limitée », 199 rue du Docteur Ségala à Cahors 46000, animée par Jean-Louis Marre et Jean-Louis Nespoulous, vient d’éditer un troisième ouvrage thématique dans lequel ils ont réuni et commenté un certain nombre de photos prises par Léon Bouzerand dans les années cinquante et soixante. L’ouvrage, intitulé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;En devanture 1950 - 1970 » est en librairie au prix de 27€.
&lt;img src=&quot;/images/Cahors marché aux truffes copie.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;/images/Cahors au marché copie.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;/images/Ladeveze copie.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;/images/Larive copie.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;/images/couv_endevanture.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Mondial 2010 – La trahison des stars</title>
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  <issued>2010-06-20T09:24:43+02:00</issued>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
  <dc:subject>Coup de gueule</dc:subject>
  <summary>« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent  devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;«&amp;nbsp;Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent  devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. » Ce texte de Platon a été écrit il y a 2 400 ans&amp;nbsp;! Il n’a pas pris une ride. &lt;br /&gt;
J’ai beaucoup milité pour les valeurs du sport. Dans ce blog, j’ai, à plusieurs reprises écrit sur les valeurs éducatives que sont&amp;nbsp;: l’esprit d’équipe, le dépassement de soi, l’éthique. Ce sont des valeurs universelles que les éducateurs, les élites, les maîtres, ont le devoir d’enseigner et de faire respecter. &lt;br /&gt;
Depuis le début de ce mondial de football, une fête colorée pour la première fois en Afrique, je n’avais pas le cœur à consacrer un billet à ce que je voyais et à ce que j’entendais. Les premiers matches étaient lents, bloqués, tristes. Les meilleurs joueurs de la planète, après plus de cinquante matches joués dans l’année, sont apparus épuisés, surentraînés, incapables d’être à la hauteur de leur réputation. Terrorisées à l’idée de perdre, les meilleurs équipes refusent de prendre le moindre risque, ne pensent qu’à défendre, au lieu d’offrir des actions de folie que le public et les téléspectateurs du monde entier attendent depuis quatre ans. Cet événement sportif ne peut être une fête qu’à cette condition. &lt;br /&gt;
La France n’a pas les moyens d’avoir, tous les quatre ans, une des meilleures équipes du monde comme en handball ou en rugby. Quelle importance&amp;nbsp;? Est-ce vraiment d’un intérêt vital pour notre pays&amp;nbsp;? A l’évidence, non, à condition d’offrir le visage d’une équipe volontaire, pugnace, bien organisée et unie par un état d’esprit exemplaire. &lt;br /&gt;
Pour cacher la faiblesse de l’équipe de France, en manque de motivation et sans doute de talent, dirigeants, sélectionneur et joueurs ont fait semblant, ont construit des illusions, ont travesti la vérité, triché et en définitive trahi. &lt;br /&gt;
Quand les dirigeants d’une grande – et riche – fédération font preuve de tant de faiblesse. &lt;br /&gt;
Quand le sélectionneur, pressé de s’expliquer sur son système de jeu, répond invariablement, avec un sourire ironique&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je m’en fous… ». Il ne faut pas être surpris qu’après un échec contre une équipe du Mexique, qui ne figure pas parmi les meilleures équipes du monde, des joueurs de l’équipe de France se laissent aller à des propos et des gestes inqualifiables. &lt;br /&gt;
Quand un journal spécialisé de grande diffusion trahit à ce point son éthique – et le secret du vestiaire – dans le but de faire de l’audience et de régler des comptes. &lt;br /&gt;
Quand des joueurs, boudeurs, arrogants, imbus de leur personne,  mâchent du chewing gum pendant la Marseillaise. &lt;br /&gt;
Quand les bornes sont franchies, disait le président Georges Pompidou il n’y a plus de limites. &lt;br /&gt;
Quand les hommes dont la fonction est de défendre les valeurs trahissent cette fonction au profit d’intérêts personnels. &lt;br /&gt;
Quand rien ne plus s’opposer à la montée aux extrêmes, à l’irréparable, alors il faut croire à ce qu’écrivait Platon&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »&lt;/p&gt;</content>
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  <title>La déflation, un risque réel</title>
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  <issued>2010-06-06T12:04:03+02:00</issued>
  <modified>2010-06-06T12:04:03+02:00</modified>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
  <dc:subject>Coup de gueule</dc:subject>
  <summary>Dans la mémoire collective, il n’y a guère que les historiens et les experts en sciences économiques qui connaissent les caractéristiques de la déflation de Pierre Laval et de l’Allemand Von Papen dans les années 30. La déflation est souvent confondue à tort avec la désinflation. La...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Dans la mémoire collective, il n’y a guère que les historiens et les experts en sciences économiques qui connaissent les caractéristiques de la déflation de Pierre Laval et de l’Allemand Von Papen dans les années 30. La déflation est souvent confondue à tort avec la désinflation. La déflation est une baisse générale et durable des prix, une baisse des salaires, qui se traduisent par un recul de l’activité et une récession économique. &lt;br /&gt;
Le 16 juillet 1935, le nouveau Président du Conseil Pierre Laval décréta une réduction générale de 10% de toutes les dépenses publiques et des principaux prix administrés. En baissant ainsi brutalement les salaires des fonctionnaires et les prix, Laval était convaincu qu’il allait relancer l’activité économique sans avoir à dévaluer la monnaie. En Allemagne, le chancelier Von Papen, succédant au chancelier Brüning, fit le même choix en décidant de pratiquer une déflation plutôt qu’une dévaluation. La suite et les conséquences de cette politique sont connues. Il est inutile de s’y attarder. &lt;br /&gt;
Y penser, avoir à l’esprit cette mécanique infernale qu’est la déflation, ne signifie évidemment pas que les mêmes politiques pourraient avoir les mêmes conséquences. Les temps ont changé, les circonstances ne sont pas comparables, tout rapprochement serait primaire, pour ne pas dire un peu pervers. Néanmoins, il y a dans le désordre économique qui caractérise le monde actuellement, des données préoccupantes. Les banques centrales ont injecté des liquidités en grande quantité à des taux tellement faibles que certains experts les qualifient de toxiques. &lt;br /&gt;
Fin 2007, pour remédier à un risque systémique avéré, tout le monde s’est félicité de la promptitude à mettre en œuvre des plans de relance. La riposte a été efficace, mais elle a eu pour effet d’ajouter de la dette à une dette déjà considérable dans certains pays, notamment aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. En ce qui concerne l’Europe, il apparaît évident aujourd’hui que le traité de Maastricht était incomplet et comportait en germe des risques qui se réalisent sous nos yeux. &lt;br /&gt;
Croire aujourd’hui qu’il sera possible de revenir au taux de 3% prévu par le Pacte de stabilité et de croissance sans déflation, s’est s’illusionner. Il aurait fallu remonter les taux et réduire les liquidités, ce qui n’a pas été possible. Au contraire, les difficultés d’un petit pays, la Grèce, ont suffi à annihiler le peu de confiance que les autorités monétaires avaient eu tant de mal à restaurer. Le marché interbancaire donne à nouveau des signes de blocage et les banques recommencent à garder leurs liquidités. &lt;br /&gt;
Dans cette nouvelle montée aux extrêmes, des craquements sont apparus au sein du Conseil des gouverneurs des banques centrales de la zone euro. La décision, inimaginable il y a peu de temps, de racheter des dettes a été prise à la majorité dans le plus grand secret. Seulement voilà, ce qui était également inimaginable vient de se produire. Le gouverneur de la banque centrale allemande, annoncé comme probable successeur de Jean-Claude Trichet, a critiqué ouvertement et publiquement le consensus difficile qui avait permis que la décision soit prise. En rompant ainsi volontairement la confidentialité des délibérations du Conseil, il a pris le risque de contribuer à éroder un peu plus la confiance. Que cherchent les Allemands&amp;nbsp;? A sortir de la zone euro&amp;nbsp;? C’est difficilement imaginable. A contraindre ses partenaires à suivre une politique de déflation discutable&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
Les Américains, les Chinois, les Japonais, principaux pays exportateurs, sont inquiets. Les turbulences dans la zone euro sont susceptibles de nuire à leurs intérêts. Si l’euro tombait à un niveau trop bas, les conséquences pourraient être importantes sur leurs économies. Faut-il en déduire que cette crise pourrait être une chance pour les pays de la zone euro&amp;nbsp;? C’est aller un peu vite, mais il est certain qu’un euro à 1,10 modifierait significativement les termes de l’échange. En 1999, l’euro était entré sur le marché monétaire à 1,17, il était monté, au plus haut, à plus de 1,50 pour un dollar et il est aujourd’hui à 1,20. Si, dans le même temps, les membres de la zone euro parviennent à se mettre d’accord pour remédier aux insuffisances du traité de Maastricht en créant notamment un Fonds monétaire européen capable d’émettre des emprunts, la crise aura peut être été salutaire. La condition nécessaire, sinon suffisante, pour qu’il en soit ainsi, c’est que le couple Franco-allemand retrouve une dynamique et décide de sortir de la crise par le haut. &lt;br /&gt;
Les deux chefs d’Etat ont, une nouvelle fois, rendez-vous avec l’Histoire.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>L’Europe n’avance plus à petits pas, elle recule à grands pas !</title>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
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  <summary>L’attitude de la Chancelière allemande, dans la crise que traverse la Grèce, a fait l’effet d’une bombe. Les Européens, dans l’ensemble, n’ont pas compris que depuis la réunification, l’Allemagne était devenue un pays comme les autres. Après des décennies de souveraineté...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;L’attitude de la Chancelière allemande, dans la crise que traverse la Grèce, a fait l’effet d’une bombe. Les Européens, dans l’ensemble, n’ont pas compris que depuis la réunification, l’Allemagne était devenue un pays comme les autres. Après des décennies de souveraineté limitée, l’amitié n’est plus obligatoire. L’euro est sa monnaie, à son image et la Banque Centrale Européenne, qui, normalement, aurait dû prêter à la Grèce, a été priée de s’abstenir, au grand dam de Jean-Claude Trichet qui a eu bien du mal à retenir son mécontentement. &lt;br /&gt;
Si certains pays ne le comprennent pas, continuent à tricher, à faire la fête avec les fonds structurels, sans faire les réformes nécessaires, le réveil sera brutal. Ils n’auront pas d’autres solutions que de sortir de la zone euro et recommencer à faire des dévaluations compétitives pour s’en sortir. Vaste programme&amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
Que l’attitude allemande soit discutable sur le plan de l’orthodoxie économique, n’est pas le problème. Les options allemandes sur la compétitivité, le niveau de la demande, les salaires, la valeur de la monnaie, sont ce qu’elles sont. Il va falloir s’y faire&amp;nbsp;! Dans le même temps, la haute représentante pour les affaires extérieures et la politique de sécurité, Catherine Ashton, que personne ne connait, se prépare à emménager dans son immeuble de Bruxelles avec les 4 000 personnes sous sa responsabilité. Elle a, sur les principaux sujets qui relèvent de sa compétence, une attitude qui peut surprendre. Ce n’est pas ce qui avait été promis aux populations culpabilisées et vivement encouragées à adopter le traité de Lisbonne. Pour l’instant, il y a mal donne. Une défense européenne, la baronne Ashton n’en voit pas la nécessité&amp;nbsp;! Peser sur le règlement de la question israélo-palestinienne, alors que l’Europe finance en grande partie les reconstructions successives et l’Autorité palestinienne, n’est visiblement pas dans son ordre de mission. Participer à la mise au point de sanctions efficaces contre l’Iran, semble ne concerner que certains chefs d’Etat, mais pas l’ensemble de l’Union. Œuvrer pour empêcher le Pakistan de tomber entre les mains des talibans, est au dessus de ses moyens. Prendre des initiatives en Afrique et dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, n’est plus à l’ordre du jour. Bref, dispenser de bonnes paroles, évoquer les droits de l’homme, développer l’action humanitaire, «&amp;nbsp;faire la vaisselle » pour l’OTAN, sont les seules actions qui font l’unanimité dans les 27 pays membres&amp;nbsp;; c’est donc ce que fera la haute représentante et c’est sans doute ce qu’on lui demande de faire…avec 4 000 personnes et un immeuble flambant neuf&amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
L’Europe de Jean Monnet n’avance plus à petits pas, elle recule à grands pas. Sans politique étrangère, sans gouvernance économique, sans défense européenne et avec une monnaie virtuelle, l’Europe, après la crise, ne sera plus une puissance, elle ne sera plus grand-chose, seulement une grande Suisse. &lt;br /&gt;
Pour le reste du monde, elle restera un marché, mais l’Europe ne sera plus ni un problème, ni une solution. Quand le Président de la République française déclare qu’il défendra les intérêts agricoles de son pays…jusqu’à la crise, il résume assez bien, dans une de ces formules dont il a le secret, l’état dans lequel est l’Union européenne au mois d’avril 2010 dans la deuxième phase de la crise qui crispe les postures. &lt;br /&gt;
Dans la prospérité, avant le crash financier et l’entrée en récession, les comportements nationalistes n’étaient pas visibles, cachés qu’ils étaient derrière les embrassades et les tapes dans le dos …à l’intention des photographes. Aujourd’hui, les masques tombent. &lt;br /&gt;
Il faut se rendre à l’évidence, l’Europe est dans la tourmente.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>La crise-phase 2</title>
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  <summary>La crise, la plus grave – dit-on - depuis celle de 1929, est déconcertante. Elle ne ressemble à aucune autre. Sur la vie quotidienne de nombreux de nos concitoyens, elle est virtuelle. Elle ne les concerne pas directement. Ils en entendent parler, en observent l’évolution dans les médias,...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;La crise, la plus grave – dit-on - depuis celle de 1929, est déconcertante. Elle ne ressemble à aucune autre. Sur la vie quotidienne de nombreux de nos concitoyens, elle est virtuelle. Elle ne les concerne pas directement. Ils en entendent parler, en observent l’évolution dans les médias, mais ne la ressentent qu’au contact de ceux qui perdent leur emploi. Pourtant, l’opinion des ménages français sur la situation économique s’est à nouveau dégradé en avril, pour le troisième mois consécutif. Pourquoi&amp;nbsp;? Que cache cette crise&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
Essentiellement, et c’est en cela qu’elle entre dans une deuxième phase, un désordre du monde préoccupant. Les nouvelles règles du jeu du capitalisme, promises au plus fort de la première phase, tardent à voir le jour, c’est le moins qu’on puisse dire&amp;nbsp;! Les marchés, mais il fallait s’y attendre, se révèlent incapables de s’autoréguler. Le capitalisme arrive pourtant aux limites de l’explosion. La pression sur les salaires, avec les conséquences sur la consommation et donc la croissance, détruit lentement des pans entiers de l’économie et creuse les inégalités. Jusqu’où&amp;nbsp;? Face à cette situation, les Etats ne peuvent endiguer le chômage, sont confrontés à des problèmes économiques, sociaux et monétaires qui les dépassent et sont contraints de s’endetter au-delà du raisonnable. Jusqu’à quand&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
Dans la phase III, le monde pourrait être différent de celui que nous connaissons. La crise aurait modifié les équilibres de puissance, changer la valeur des monnaies et ébranler l’ordre du monde existant. La crise, alors, ne serait plus virtuelle, mais bien réelle. C’est peut-être ce qu’inconsciemment les Français ressentent quand ils sont interrogés. &lt;br /&gt;
En peu de temps, les Etats-Unis ne semblent plus aussi puissants, l’islamisme radical défie les démocraties, la Chine écrase tout sur son passage, de nouveaux pays émergent avec des taux de croissance impressionnants et l’Europe se délite. Il y a de quoi perturber les esprits les moins conservateurs&amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
La crise n’en est encore qu’à sa deuxième phase.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Le général Hasard était à OMAHA le 6 juin 1944.</title>
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  <summary>A neuf heures du matin, le 6 juin 1944, à bord du navire amiral « Augusta », le général Omar Bradley, commandant la 1er Armée américaine, prend connaissance du rapport du 5ème corps américain qui vient de lui parvenir et ne comprend pas. Sur la foi des renseignements collectés, le...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;A neuf heures du matin, le 6 juin 1944, à bord du navire amiral «&amp;nbsp;Augusta », le général Omar Bradley, commandant la 1er Armée américaine, prend connaissance du rapport du 5ème corps américain qui vient de lui parvenir et ne comprend pas. Sur la foi des renseignements collectés, le plan d’opérations prévoyait de débarquer aux lieux dits «&amp;nbsp;Easy Red » et «&amp;nbsp;Fox green », entrés dans l’histoire sous le nom d’OMAHA. L’opération consistait à ouvrir aux fantassins et aux chars l’accès du banc de galets de six kilomètres au pied d’une haute falaise qui devait être très faiblement protégée. &lt;br /&gt;
Le triste rapport, que le général a sous les yeux, résume ce qui s’est passé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nos unités d’assaut sont en train de fondre à vue d’œil. Nos pertes sont très élevées. Le tir de l’ennemi nous empêche de nous emparer du rivage. Les unités amenées à terre sont agglomérées sur une étroite bande de terrain. Les pionniers ne peuvent arriver à frayer des passages à travers des champs de mine et les défenses accessoires. Les chars et les véhicules blindés sont immobilisés. Nous avons identifié chez l’ennemi des éléments de la 716è DI, mais aussi de la 352è. &lt;br /&gt;
Le général Bradley s’interroge. Ces unités allemandes ne devraient pas être là. Comment a-t-on pu se tromper pareillement. Le secteur entre les embouchures de l’Orne et de la Vire ne devait être tenu que par la seule 716è division allemande. Comment les services de renseignement, si bien informés, ont-t-ils pu se tromper ?&lt;br /&gt;
Au mois de mai, le maréchal Rommel avait décidé de placer la 352è division motorisée à la gauche de la 716è et de déplacer un certain nombre de bataillons de grenadiers pour renforcer la 352è. L’agent de renseignement alliés, chargé du secteur Colleville-Vierville, ne comprit ces mouvements compliqués, et le renforcement décidé, que dans les derniers jours du mois de mai. Il décida alors, dans l’urgence, d’envoyer par pigeon le renseignement qui modifiait significativement les défenses allemandes. Pour être sûr que son message parvienne bien, en temps voulu à son destinataire, il en envoya un second. &lt;br /&gt;
Malheureusement, un soldat allemand de la 716è division abattit les deux pigeons et le renseignement ne parvint jamais aux forces alliées. &lt;br /&gt;
Le hasard et l’erreur sont dans toutes les guerres les généraux les plus connus. Tolstoï a admirablement traité du sujet dans «&amp;nbsp;Guerre et Paix ». Avant lui, les récits de batailles du temps des Grecs, des Perses et des Romains comportaient de nombreux exemples de situations dans lesquelles le hasard a été déterminant. &lt;br /&gt;
Les pigeons d’OMAHA sont moins connus&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Le langage, témoin de son temps.</title>
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  <issued>2010-03-30T11:37:08+02:00</issued>
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  <author><name>michel desmoulin</name></author>
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  <summary>Au début des années 90, les « affaires » avaient plongé de nombreuses entreprises dans de graves crises qu’il convenait de gérer délicatement et dans l’urgence. La clientèle, le personnel, les actionnaires, inquiets, avaient besoin d’explications rassurantes et cohérentes. Sont...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Au début des années 90, les «&amp;nbsp;affaires » avaient plongé de nombreuses entreprises dans de graves crises qu’il convenait de gérer délicatement et dans l’urgence. La clientèle, le personnel, les actionnaires, inquiets, avaient besoin d’explications rassurantes et cohérentes. Sont apparus alors, venant du monde de la publicité, des spécialistes en communication de crise. Le journal Le Monde a récemment consacré une double page aux deux principaux «&amp;nbsp;experts », chargés de fabriquer ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler les «&amp;nbsp;éléments de langage ». Le mot argumentaire étant devenu vulgaire, désuet, il fallait trouver un euphémisme plus élégant, adapté à notre époque. &lt;br /&gt;
On se paye de mots, car, au temps des idéologies et des totalitarismes, le langage politique faisait déjà le bonheur des chansonniers. On se souvient des irrésistibles prestations de Georges Marchais que Thierry Le Luron a contribué à rendre célèbres. «&amp;nbsp;Le bilan était globalement positif »&amp;nbsp;! On aurait pu croire cette époque révolue. Il n’en est rien. La langue de bois a des variantes, mais c’est une constante. &lt;br /&gt;
Aujourd’hui, la crise et son cortège de conséquences, rendent nécessaire de serrer le langage, de &quot;formater la pensée&quot;. Le résultat pourrait être drôle s’il ne concernait pas notre vie quotidienne dans une période difficile. Pour éviter les bourdes, les mots malheureux et les interprétations hasardeuses, les hommes – et femmes – politiques, mais aussi les dirigeants d’entreprises (on se souvient des dirigeants de la Société Générale au moment de l’affaire Kerviel), reçoivent, sous forme de notes, une valise de mots clés et d’arguments à apprendre par cœur. La consigne des communicants est de ne pas en sortir, d’utiliser les mêmes mots pour réduire les incertitudes et ne pas tomber dans les pièges tendus par les journalistes qui, à ce petit jeu, s’amusent beaucoup. Le résultat, dans les périodes électorales, comme celle que nous venons de vivre, ou à l’occasion de situations délicates, est consternant. Pourquoi&amp;nbsp;? Tout simplement parce qu’il y a de bons et de mauvais acteurs. Quant, au surplus, ils se succèdent sur les plateaux de télévision en utilisant les mêmes mots, les mêmes intonations, les mêmes réponses, le téléspectateur moyen s’en rend compte et rit aux larmes. Non seulement le but poursuivi n’est pas atteint, mais la martingale se révèle «&amp;nbsp;cousue aux câbles d’abordage ». &lt;br /&gt;
Certains politiques, particulièrement doués pour le comique de répétition, sont en train de devenir aussi célèbres que l’était Roger Nicolas, le célèbre baratineur des années cinquante. Je veux croire que les experts en communication de crise font le même constat et trouveront la parade. Ce n’est pas facile dès lors que ceux qui portent la parole dans un laps de temps très court sont nombreux, sans doute trop nombreux. &lt;br /&gt;
Dans le même ordre d’idées, l’emploi abusif de certains mots est intéressant à observer. Le verbe «&amp;nbsp;impacter », synonyme de conséquences d’une décision, qui était utilisé par les directeurs financiers et commissaires aux comptes, est maintenant employé à tout bout de champ comme celui de «&amp;nbsp;portage ». Quand on est bien informé et partie prenante dans une opération, il faut être «&amp;nbsp;dans la boucle ». Ces mots sont devenus «&amp;nbsp;incontournables », autre mot trop souvent contourné par les faits&amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
Que dire des discours interminables, qualifiés de «&amp;nbsp;tunnels » par les censeurs et de l’abus des mots «&amp;nbsp;fondamentaux », «&amp;nbsp;historique », «&amp;nbsp;charismatique » et autres situations  «&amp;nbsp;emblématiques », qui fleurissent sans cesse. Les schémas compliqués sont aujourd'hui des «&amp;nbsp;usines à gaz » aux «&amp;nbsp;tuyauteries nombreuses. C’est d’ailleurs assez bien vu dans un monde qui devient de plus en plus complexe. &lt;br /&gt;
Chaque époque a son langage et ses tics de langage. Nous avons sans doute ceux que nous méritons&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</content>
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