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L’Union européenne, garante de la paix, îlot de prospérité, craque de partout. J’ai consacré plusieurs articles aux occasions manquées, aux erreurs commises, à la grave crise politique que l’Europe connaît actuellement. Les compromis signés, après des nuits de négociations, ne trompent plus personne. L’Europe est menacée de toutes parts. En interne, par une montée lente, mais régulière, des partis d’extrême droite qui veulent une autre Europe. Au-delà de ses frontières extérieures, par une poussée migratoire qui déstabilise l’Europe politique et par l’attitude équivoque et chargée d’arrière-pensées de ses anciens alliés historiques, la Russie et les États-Unis, à la tête desquels, deux hommes forts et imprévisibles, pourraient bien conclure une alliance objective pour affaiblir le projet européen.

Les Européens devraient réagir, résister. Il n’en est rien. L’Allemagne a peur. Elle donne l’impression d’être prête à tous les accords bilatéraux qui protégeraient son économie florissante. Encore cinq minutes, Monsieur le bourreau ! Angela Merkel est aujourd’hui trop faible pour présenter une détermination et une volonté politique certaine aux côtés du président français. Nous avons pourtant besoin que ces deux-là se montrent déterminés à défendre les intérêts de l’Europe. Emmanuel Macron, l’Européen, est bien seul.

Devant le Parlement réuni en Congrès, lundi 9 juillet, le président français a prononcé des mots forts. Les ennemis de l’intérieur se sont reconnus. Mais, ce ne sont que des mots, des discours.

« Pour faire face à la peur de l’effacement, nous avons aussi besoin de porter le projet français pour l’Europe. Cet engagement a d’ores et déjà pesé dans des avancées réelles que d’aucuns pensaient impossibles jusqu’alors. Une meilleure Europe de la défense, qui n’avait pas été améliorée depuis soixante-dix ans […]L’Europe est encore trop lente, trop bureaucratique, trop divisée pour faire face aux grands défis. Nous ne pourrons être à la hauteur des défis européens qu’en faisant face avec les nations que l’histoire a fait nos alliées naturelles. En ces matières, la solution véritable ne peut être que dans la coopération européenne […] La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle qui aujourd’hui sépare les progressistes des nationalistes. Et nous en avons au moins pour une décennie : ce sera difficile, et au cœur des enjeux des élections européennes de 2019. »

Le courant unilatéraliste, nationaliste est à la mode. La rencontre, à Helsinki, le 16 juillet, de Donald Trump et de Vladimir Poutine, suscite de grandes inquiétudes. C’est leur première véritable rencontre politique. Ils sont capables de tout, aiment le rapport de force et ont un sens particulier de la gestion de leurs intérêts. Ils ont en commun un profond mépris pour l’ordre international actuel qui est pour eux, le Monde d’hier.

Les critiques du président des États-Unis d’Amérique sont de plus en plus violentes à l’égard du multilatéralisme en général et de l’Union européenne en particulier. L’Union européenne est en effet l’exemple parfait du multilatéralisme. Donald Trump se comporte, dans un monde instable, en producteur de conflits. Les critiques qu’il formule sur l’OTAN ne sont que partiellement fondées. Elles cachent surtout les intérêts américains, principal but de l’OTAN, chargé d’assurer la sécurité de l’Europe. Les États-Unis, par la voix de leur président actuel veulent-ils vraiment mettre par terre un dispositif qui a assuré la paix dans le monde pendant 70 ans ? C’est inimaginable ! L’Europe, d’une même voix, est-elle capable d’apporter une réponse à ces critiques et à ce travail de destruction ?

Au moment où Donald Trump décolle de Washington pour l’Europe, le Washington Post écrit que M. Trump semble s’être affranchi ces dernières semaines de la stratégie diplomatique traditionnelle de son entourage et avoir opté pour une rhétorique qu’il affectionne particulièrement, la provocation. Les Européens redoutent un désengagement américain en Europe pour ne pas « provoquer » la Russie. Le journal se demande « si l’OTAN survivra à Trump » ! Le sommet de l’OTAN est en effet l’autre grand risque de la fin de la semaine.

Le multilatéralisme et les grandes organisations internationales inquiètent plus qu’ils ne rassurent en raison de l’opacité qui entoure les négociations et la lenteur de la mise en œuvre des décisions, mais cette méthode a fait ses preuves. Elle garantit la paix et assure l’ordre du monde.

Le désordre mondial est-il en train de succéder à l’ordre mondial ? C’est possible ! Nul ne peut affirmer aujourd’hui que la résistance d’une majorité de pays dans le monde, sera en mesure de rendre impossible la destruction de l’organisation actuelle du monde. Nous ne connaîtrons que dans plusieurs années le résultat de la guerre – car c’est une forme de guerre – entre le multilatéralisme et l’unilatéralisme. Le spectacle qu’a offert la dernière réunion du G7 au Canada, donne une idée de ce que va être dans le proche avenir, la confrontation entre ces deux conceptions de l’organisation du monde.

Le goût du spectacle, l’importance de la communication, les réseaux sociaux, la téléréalité, ne peuvent durablement constituer une nouvelle forme d’expression de la politique internationale. Pascal Lamy, qui sait de quoi il parle, pense que « Donald Trump va se heurter à la résilience du capitalisme globalisé ». Il considère que « l’interpénétration des technologies et des systèmes de production est devenue telle que le coût de la déglobalisation est désormais trop élevé. » Je pense qu’il a raison. Il faut l’espérer.

Une récente enquête Ipsos publiée par le journal Le Monde révèle une évolution inquiétante, un an avant les prochaines élections européennes. L’enthousiasme proeuropéen du chef de l’État ne parvient pas à endiguer le courant eurosceptique, ou pour le moins réservé, de l’opinion publique française. Certes, 53 % des Français considèrent que l’appartenance à l’UE est une « bonne chose », ou une « très bonne chose », mais si « l’UE est plébiscitée par les catégories moyennes et supérieures, elle est rejetée par un certain nombre de catégories populaires ».

Angela Merkel et Emmanuel Macron le 9 juin 2018 près de Berlin

Si Donald Trump parvient à remettre en cause la mondialisation lancée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, au début des années 1980, le mandat du président des États-Unis précipiterait effectivement la fin du Monde d’hier. Une mondialisation contestée, si l’on considère l’accroissement indécent des inégalités et des fortunes, mais qui a divisé par quatre le nombre de pauvres dans le monde. Le tsunami de produits en provenance de l’Asie a déstabilisé des économies nationales, détruit des millions d’emplois et, par voie de conséquence, donné naissance aux mouvements populistes, comme la révolution industrielle avait accouché du communisme.

Certains économistes, comme Daniel Cohen, pensent que la mondialisation est terminée, mais que nous ne le savons pas encore ! Ce sont les flux migratoires qui vont maintenant dessiner les nouvelles frontières. Si nous entrons effectivement dans une période post-mondialisation, les guerres commerciales, les confrontations nationales, risquent de se généraliser.

Le jeu de go, jeu de stratégie combinatoire abstrait, remplacera alors le jeu de domino, plus simple, dans lequel les entreprises ont excellé ! Deux jeux de société d’origine chinoise !

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