Le mois des vœux se termine. Vendredi, c’est au Palais Royal, précisément au Conseil d’Etat, que j’ai eu l’honneur d’être invité. Comme tous les Parisiens, je ne connaissais de ce magnifique ensemble palatial que la façade qui donne sur la place, la Comédie –Française et les jardins qui furent témoins de la plupart des grands événements historiques qui ont secoué la capitale. C’est le cardinal de Richelieu qui eut l’idée, en 1629, de construire ce magnifique ensemble. A sa mort, il laissa son palais au roi, Anne d’Autriche, qui en fit sa résidence. Le jeune Louis XIV, qui gardait depuis la Fronde, un mauvais souvenir de ce palais, le céda à son frère Gaston d’Orléans dont la famille conserva la propriété jusqu’en 1841. C’est surtout Philippe d’Orléans, le Régent, qui fit décorer les appartements du premier étage que le Conseil d’Etat occupe aujourd’hui. Derrière la façade, sur la place, j’ai découvert avec surprise, parce que j’en ignorais l’existence, l’escalier que l’architecte Constant avait réalisé. Avec sa rampe en ferronnerie de Corbin et les bronzes de Caffieri qui s’inscrivent dans une coupole de 26 mètres, l’escalier doit impressionner tous ceux qui doivent le gravir pour recueillir un avis ou une décision du Conseil d’Etat. Les sections se réunissent dans les diverses pièces de réception du Régent qui, pour être plutôt mal adaptées, n’en conservent pas moins une solennité et une sérénité de bonne augure pour la qualité des décisions. Il règne dans ces lieux, entre les jeunes auditeurs (et auditrices) de 24 ans, sortis récemment de l’Ecole nationale d’administration et les conseillers, qui terminent leur carrière à 68 ans, une ambiance qualifiée d’harmonieuse et de chaleureuse par ceux qui y travaillent. La vie du conseiller d’Etat n’est pas celle qu’on imagine. En dehors des chefs de section, en fin de carrière, et de quelques fonctionnels, les auditeurs, maîtres des requêtes et conseillers n’ont ni bureaux ni secrétaires. Ils travaillent chez eux ou à la bibliothèque avec une feuille de papier blanc. La vie au Conseil d’Etat est modeste, laborieuse, presque monacale. Le dîner, auquel j’avais l’honneur d’être invité, avait lieu dans la salle des pas perdus que traversaient discrètement des conseillers aussi surpris qu’attardés, un vendredi soir. Je n’ai pas parlé de la vue sur les jardins et des abeilles au plafond, dans la bibliothèque, qui témoignent du passage dans le palais d’un frère de Napoléon.
Le lendemain, c’est dans les salons du gouverneur militaire de Paris, aux Invalides, que j’ai eu le plaisir d’être invité à déjeuner. L’Hôtel des Invalides, fondé par Louis XIV, en 1670, « pour que ceux qui ont librement exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie…passent le reste leurs jours dans la tranquillité », héberge aujourd’hui de très nombreuses institutions. Le gouverneur, qui commande la région militaire, occupe l’aile est de l’Hôtel, à l’angle de l’esplanade et du boulevard des Invalides. Il est inutile que je parle de ce monument qui reçoit chaque année un nombre considérable de visiteurs français et étrangers. Au moment où certains s’interrogent sur l’avenir des notions de patrie, de nation, de république, dans notre pays, je conseille la visite en famille de ce lieu de mémoire. Aimer la France, c’est d’abord aimer son histoire….et la connaître !

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