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Un « papier », publié dans le journal  « Le Monde » du 24 décembre dernier, signé « Les Gracques », un think tank fondé en 2007, est passé un peu inaperçu. Rédigé par des hauts fonctionnaires, proches de François Hollande, pour ne pas dire inspiré par ce dernier, cet article était annonciateur de ce qu’il est convenu d’appeler, en ce début d’année, le tournant du quinquennat.

Sous le titre « La réforme fiscale est morte. Vive la réforme de l’Etat ! », ces hauts fonctionnaires, pour la plupart « aux affaires » et particulièrement bien placés pour connaitre les dysfonctionnements dont souffre l’Etat depuis trop longtemps, balayaient, d’un revers de main, le projet de réforme fiscale du Premier ministre.

 «une ambition pour la France En annonçant une  » remise à plat  » de notre système fiscal, Jean-Marc Ayrault a gagné du temps. Mais combien de mois ce débat sans issue fera-t-il perdre à la France ? (…) Il faut passer maintenant à l’étape suivante et viser à recréer la confiance. (…)  Plutôt que nous enivrer de faux débats, tournons cette page et passons au plus vite à la vraie réforme. Celle qui changera vraiment la vie des Français, en la confortant plutôt qu’en la compliquant. Celle qui protégera nos services publics, facteurs-clés de notre développement et de notre attractivité, aujourd’hui gravement menacés par l’ampleur des déficits. Réduire les dépenses pour sauver notre contrat social, reconstruire la confiance et relancer la croissance. La voilà la vraie, la seule urgence. (…) La vraie remise à plat à entreprendre, ce n’est donc pas celle de la fiscalité, c’est celle de notre Etat. Comment ? Un gouvernement de redressement, de reconquête et de simplification s’impose. Il sera composé d’une quinzaine de ministres d’expérience, des politiques, qui s’appuieront sur une véritable équipe de management au sein des ministères. Il fixera des objectifs de réduction des dépenses d’ici à 2017, en se donnant trois ans pour mener à bien les projets de transformation et d’économies. Son pilotage par l’évaluation permanente au sommet de l’exécutif associera fonctionnaires et parlementaires. Il engagera la convergence des statuts publics et privés pour les nouveaux entrants, en commençant par les hauts fonctionnaires ; il inclura dans son champ l’ensemble des collectivités publiques, notamment une réforme pragmatique des structures territoriales axée autour des grandes métropoles.

Pour mener à bien un tel programme, la main ne doit pas trembler. Du professionnalisme et de l’autorité ! Trois ans devant nous pour permettre aux Français de reprendre confiance en leurs dirigeants, en leurs pays, en eux-mêmes. C’est possible. C’est nécessaire. C’est maintenant. » Bigre, quel programme, quelle audace !

Une semaine plus tard, dans ses vœux aux Français, le Président de la République en a surpris beaucoup en exprimant clairement sa conviction qu’une politique de compétitivité digne de ce nom, s’impose. Un « pacte de responsabilité » qui suppose  » moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités « , la nécessité de baisser les impôts et de mettre fin aux  » excès et  abus «  de la Sécurité sociale, avaient en effet de quoi surprendre dans la bouche du chef de l’Etat à quelques mois des élections municipales de mars et européennes du mois de mai, que sa majorité a de bonnes raisons de redouter.

Pourquoi ce changement de ton et de politique qui ne dit pas son nom ? Pourquoi avoir perdu tant de temps ? Pourquoi être contraint de faire à nouveau ce qu’avait dû faire François Mitterrand il y a trente et un ans ?

Tout simplement parce que le Président de la République se rend à l’évidence. Les  » emplois d’avenir  » et le  » pacte de compétitivité « , ne produisent pas les effets escomptés et ne suffisent pas. Ils n’ont ni enrayé le niveau trop élevé du chômage, ni relancé la production. Seules les entreprises ont la capacité de relancer l’économie, de créer des emplois et de restaurer la confiance.

Si la conférence de presse du Président, qui devait se tenir au mois de décembre, a été retardée et fixée au 14 janvier, c’est, en grande partie, pour se laisser le temps de préparer avec soin ce qui ressemble fort à un aggiornamento qui occupera probablement une grande part de sa prestation.

Le « Je », plusieurs fois employé le 31 décembre, en dit long sur ses intentions, son implication personnelle, incontournable sous la Ve République, et peut-être sur le prochain remaniement.  » J’assumerai moi-même la responsabilité et le suivi de ce programme d’économies durant tout le quinquennat « . Le programme de visites de terrain et de déplacements en province de deux jours, enfin, illustre le changement qui s’amorce.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancienne majorité est embarrassée par ce changement de politique accompagné de l’approbation du MEDEF. « Baisser drastiquement les impôts, les charges sociales et la dépense publique, supprimer sans trembler toutes les réglementations absurdes « , Jean-François Copé en a rêvé, François Hollande le fait ! Enfin, annonce qu’il faut le faire !

Sociale-démocrate ou sociale-libérale, la nouvelle politique économique est une politique de l’offre qui n’a plus grande ressemblance avec le socialisme. Le Président n’avait pas la majorité de ses convictions, il l’aura encore moins et n’hésitera pas à réformer par ordonnances et autres dispositions règlementaires qui ne nécessitent pas de provoquer des crises de boutons aux parlementaires de la majorité dite présidentielle. Il a encore trois années devant lui.

Attention, cependant, la stratégie dite de la triangulation trouvera ses limites dans les actes. « Si François Hollande passe aux actes, évidemment que je le soutiendrai « , a immédiatement déclaré Jean-Pierre Raffarin, comme pour embarrasser un peu plus la droite de son camp.

En attendant, parmi les vœux que nous pouvons formuler, souhaitons que la France monte enfin dans le train de la reprise mondiale qui s’amorce. Il n’est que temps. Tout le monde, ou à peu près, est maintenant conscient qu’on ne peut continuer encore longtemps à remettre à plus tard les réformes nécessaires pour entrer dans le monde nouveau. Alors, au travail !

Je souhaite une très bonne et heureuse année à tous ceux – et toutes celles – nombreux, de plus en plus nombreux, qui me font l’honneur de visiter ce bien modeste blog.

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